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LA BONNE NOUVELLE EST MEILLEURE QUE VOUS NE LA PENSEZ |
Chapitres: 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10
Chapitre 1
Vous devez apprendre comment croire
à la Bonne Nouvelle
(catalogue)
En 1984, une maison d'édition de New-York publia un best-seller de Ben J. Wattenberg, intitulé "La bonne nouvelle est que la mauvaise nouvelle est fausse." Ce livre assurait à des millions de citoyens que leur pessimisme concernant la situation économique, politique et morale allant en empirant n'était pas fondé. La "bonne nouvelle" concernant la situation de l'Amérique était meilleure qu'ils ne le pensaient, disait ce livre.
Sachez qu'il existe une nouvelle concernant Dieu et votre avenir qui est beaucoup plus importante que la fortune politique ou économique.. Tout l'argent ou toute la puissance politique du monde ne peuvent procurer un instant de vrai bonheur et ce dernier est primordial dans la vie. La "bonne nouvelle" dont je parle concerne votre bonheur personnel présent et éternel. Il surpasse le matérialisme et les niveaux de vie confortables. Un réel bonheur peut remplir le coeur, même si l'on vit dans la pauvreté, la maladie ou la solitude. Cest ce que désirent les gens très riches mais qu'ils ne possèdent presque jamais. Devant la réalité, il faut reconnaître que la plupart d'entre nous ont presque abandonné l'espoir de connaître un tel bonheur ici-bas. Nous vivons notre vie dans un courant continuel de frustration et de déception, même si les saveurs fugitives du plaisir font parfois paraître la vie comme digne d'être vécue.. Mais plus souvent que nous ne le voudrions, le courant de fond fait surface et des sentiments indéfinissables d'abattement surgissent comme une vague qui nous emporte dans le désespoir.
Le taux des suicides a augmenté de 22% entre 1981 et 1991. Et depuis 1955, les suicides des jeunes de 10 à 20 ans ont augmenté de 300%. On a besoin d'une meilleure bonne nouvelle que jadis.
Le mot "Évangile" veut dire "bonne nouvelle". Jésus vint proclamer la "bonne nouvelle de Dieu" (Marc 1:15) (version Barclay). Son message se spécialisa dans les voies du bonheur. Son fameux sermon sur la montagne débute par neuf préceptes de guérison infaillibles. Chacun d'eux commence ainsi : "Heureux ceux qui... (voir Mat. 5:3-12). On notera avec surprise qu'aucune des neuf béatitudes ne dit ce qu'il faut faire pour être heureux comme si Jésus était un gourou proposant un programme d'oeuvres. Le message de la bonne nouvelle de Jésus n'insiste pas sur le fait qu'il faut faire quelque chose pour être heureux, mais sur le fait de "croire" à une bonne nouvelle. Si mon bonheur doit dépendre des actions justes que j'accomplirai, alors celui-ci ne viendra jamais car je ne puis réaliser cela. Je ne puis accomplir des choses justes, quel que soit l'effort que je fournis. Il restera toujours un élément d'échec et d'insuccès. Si Dieu promet quelque chose de bon à condition que je satisfasse d'abord à un certain préalable, tel que "fais-le toi-même", alors Ses promesses s'écroulent obligatoirement car je ne peux y parvenir. Dieu peut même promettre le ciel mais ce n'est finalement qu'une supercherie cruelle, sa promesse étant automatiquement annulée par mes incapacités. La bonne nouvelle de Dieu contient-elle une ruse? Si c'est le cas, Dieu est finalement un trompeur qui profite de nos besoins pour satisfaire ses ambitions. Ainsi, j'ai même moins de chances de trouver le bonheur qu'Il promet que je n'en ai de gagner des millions à la loterie ou au loto. Je ne pense pas que les suicides des moins de vingt ans aient pu augmenter de 300% si les jeunes n'imaginaient pas que Dieu agit comme les fripons d'ici-bas. Le découragement devient impossible quand on croit à la bonne nouvelle authentique.
La soi-disant "bonne nouvelle" qui est fausse, de toute évidence, n'apporte pas l'espérance à une personne sensée. Ce que nous voulons, c'est la bonne nouvelle qui a une réelle signification, qui répond à nos convictions innées de bien et de mal, qui tient compte de la réalité de nos faiblesses et vient à nous là où nous vivons, résolvant le problème qui nous inquiète.
Est-il difficile de croire à la bonne nouvelle?
Franchement, il semble que oui. Selon la Bible, le problème de base de l'humanité est qu'elle a pris la détestable habitude de croire aux mauvaises nouvelles, de sorte que l'incrédulité devient naturelle. Puisque Dieu n'a pour nous que de bonnes nouvelles, il est évident que notre penchant à croire les mauvaises nouvelles résulte de notre détachement de Dieu.. Nous sommes ses ennemis et notre esprit pécheur lui est hostile par nature (Col. 1:21; Rom. 8:7), (Version N.I.V.). Et personne n'est naturellement exempté car nous sommes comme les autres hommes. Dans notre condition naturelle (Ephés. 2:3), tant que nous n'avons pas rencontré jésus et fait alliance avec Lui, cet éloignement même rend notre compréhension obscure... par l'ignorance... en raison de l'aveuglement (Ephés. 4:18).
Le grand problème est que cet éloignement de l'homme résulte en général d'une conception fausse du caractère de Dieu. L'histoire du paganisme démontre combien les foules ont entretenu l'idée que Dieu est un ennemi à craindre et à apaiser pour obtenir Sa miséricorde. Même certains groupes de chrétiens partagent cette idée. Une médiatrice ou un médiateur est nécessaire pour protéger du courroux d'une Divinité offensée. Assurément le fait d'avoir au-dessus de vous un tel Dieu qui lance les flots de sa colère sur vos têtes est la plus mauvaise nouvelle possible.
Aujourd'hui, on dit qu'on a certainement dépassé l'état global d'adolescence et il est même courant dans certains milieux d'écarter toute idée d'un Dieu personnel. Mais encore la peur de la bonne nouvelle continue à surnager au sein de notre confort et les inventions modernes semblent impuissantes à apaiser nos sombres pressentiments. Cette peur viscérale est bien connue; on peut en rire, mais le fait est qu'elle est bien là. La science moderne ne parvient pas à apaiser nos craintes en ce qui concerne le cancer, la mort, les accidents, nos échecs personnels.
Des études statistiques estiment que la plupart des jeunes de dix à vingt ans aux USA croient à la mauvaise nouvelle qu'un jour ils mourront dans une guerre nucléaire, tout comme beaucoup des jeunes de 1930 ont cru qu'ils mourraient dans une guerre avec les Nazis. (Et beaucoup sont morts effectivement!)
Satan est l'ultime source de mauvaises nouvelles. Quand il s'agit du salut, la mauvaise nouvelle est réellement un mensonge que Satan se plaît à répéter. Dans L'Évangile de Jean (8:44), il est dit que Satan est un menteur et le père du mensonge.. Il veut que nous croyions à de mauvaises nouvelles. Comme un cobra à l'affût, il paralyse sa victime hypnotisée, folle de peur, jusqu'à ce que le serpent frappe. La mauvaise nouvelle paralyse l'âme, de sorte qu'on ne peut rien faire de constructif pour résoudre le problème qui paraît ainsi insoluble. C'est un fait reconnu qu'un sorcier Africain peut paralyser de peur la personne victime de la superstition, de sorte qu'un simple message prédisant une condamnation peut occasionner la mort sans cause organique chez un croyant naïf.
La Vérité est toujours une bonne nouvelle parce qu'il n'y a pas de vérité si ce n'est dans l'amour.. Et l'amour est toujours une bonne nouvelle. La vérité vient de Dieu. Il ne nous donne jamais un message de désespoir irréversible.
Comment une mauvaise nouvelle poussa un jour un homme au suicide.
Le roi Saül est un exemple de la façon dont Satan paralyse un homme fort par une mauvaise nouvelle. D'accord, le pauvre roi s'était rebellé contre Dieu et avait pratiquement tout fait mal. Son royaume était en péril et son armée abattue en face des Philistins beaucoup plus nombreux. Saül avait perdu tous les moyens par lesquels Dieu voulait l'aider dans les difficultés; pourtant, Dieu ne lui envoya pas de message de condamnation. La possibilité de la repentance était encore ouverte devant lui. Il décida de ne pas s'en saisir et il alla voir un médium spirite, cherchant un peu de sagesse concernant ce qu'il pouvait faire dans sa totale extrémité. La sorcière, dominée par Satan, lui annonça une succession de terribles calamités que Dieu lui infligerait et qui lui apporterait, ainsi qu'à sa nation, la ruine totale.
Dieu ne lui envoya pas un tel message, mais Saül crut la sorcière, de sorte que le message de celle-ci anéantit dans son âme la dernière petite étincelle d'espoir.. Il acheva sa vie par le suicide (voir 1 Sam. 28-31).
Dieu ne mène jamais une personne au suicide, quel que soit le nombre de fautes qu'elle a commises. Saül aurait pu se repentir et connaître ses péchés et appeler la nation à la prière pour être délivré. Et Dieu, plein de grâce, aurait répondu comme Il l'a toujours fait dans le passé et comme il le ferait encore à l'avenir. Une telle humiliation de son âme aurait été infiniment meilleure pour Saül que le suicide. Peu importe combien vous pouvez vous sentir mauvais ou combien vos perspectives peuvent paraître désespérées, Dieu a une bonne nouvelle pour vous.
"Que votre coeur ne se trouble point. Croyez en Dieu, et croyez en moi .... Si vous demandez quelque chose en mon nom, je le ferai... Je vous laisse la paix; je vous donne ma paix. je ne vous donne pas comme le monde donne. Que votre coeur ne se trouble point et ne s'alarme point" (Jn 14:1,14, 27).
Jésus prouve ici qu'Il connaît un grand principe de psychiatrie; on ne peut être paralysé par une mauvaise nouvelle que si l'on a choisi de ne pas croire à la bonne nouvelle. La mauvaise nouvelle peut souvent venir frapper à votre porte, mais elle ne peut jamais pénétrer dans votre âme, sauf si vous lui dites d'entrer. Que votre coeur ne soit pas troublé ou effrayé. Jésus insiste "Que votre coeur ne se trouble point" signifie : "Ne croyez pas Satan et ses nouvelles mensongères. Celui-ci nous a mis dans une telle confusion que nous avons peur d'affronter la vérité. Mais la vérité est toujours pleine d'espérance. Par exemple, on a peur si le médecin nous annonce que nous avons un cancer inopérable et l'on veut éviter d'affronter ce fait. Mais on oublie aisément que "mourir en Christ" vaut bien mieux que de vivre éternellement sans Lui. Perdre son âme est pire que la mort. Si Dieu nous permet de dormir dans la mort, le fait reste qu'il demeure ce qu'il a toujours été : Dieu est amour (1 Jn 4:8). Pour quelqu'un sur son lit de mort, Dieu n'a rien d'autre qu'une "bonne nouvelle". Dieu veut qu'il comprenne la vérité de la rédemption au travers d'un Sauveur qui mourut pour nous racheter de la mort éternelle et dont la résurrection garantit que nous aussi nous ressusciterons pour une vie heureuse sans fin avec Lui. Il n'y a pas de situation dans laquelle un homme puisse se trouver et où Dieu n'aurait pas de bonne nouvelle pour lui, s'il veut entendre et écouter (Même le péché impardonnable contre le Saint Esprit est un choix final, irrévocable de ne pas croire à la bonne nouvelle de Dieu). (Voir Mat.12:24-35; Hébr. 6:4-10).
Etre averti, c'est être armé d'avance. Veillons à la ruse favorite de Satan de nous chasser hors de l'autoroute de la "Bonne nouvelle" pour nous faire tomber dans le fossé de l'incrédulité. Cela ne doit pas arriver nécessairement si nous faisons le choix conscient de croire chaque bonne nouvelle que Dieu nous envoie.
Le péché le plus commun de toute l'humanité.
Ne pas croire à ce que dit la Bible, cela s'appelle l'incrédulité et cela a été le péché numéro un au cours des âges, Israël ne put entrer dans la Terre promise, à cause de l'incrédulité (Héb. 4:6). Quand Jésus le grand guérisseur alla à Nazareth, sa patrie, "Il n'y fit pas beaucoup d'oeuvres puissantes à cause de leur incrédulité." (Mat. 13:58). Jésus dit à ses propres disciples qui étaient dans une impasse quant à leurs efforts pour guérir un enfant très malade que leur "incrédulité" en était la cause (Mat. 17:20). C'était étrange comme la foule pouvait être en la présence du Fils de Dieu Lui-même et pourtant choisir de préférer les mauvaises nouvelles. Marc 6:6 dit : "Il s'étonnait à cause de leur incrédulité." Même après sa résurrection, les disciples, pendant un temps, préférèrent la mauvaise nouvelle à la bonne, refusant de croire le témoignage des témoins visuels qui savaient qu'Il s'était relevé d'entre les morts. Quand Il les rencontra, "Il leur reprocha leur incrédulité et la dureté de leur coeur, parce qu'ils n'avaient pas cru ceux qui l'avaient vu ressuscité" (Marc 16:14). Je pense que ces onze disciples ont connu l'épreuve de foi la plus dure que l'homme ait jamais endurée. La bonne nouvelle était si fantastiquement impossible qu'elle semblait être plus que ce qu'ils pouvaient croire.
Mettez-vous à leur place. Vous êtes dans le plus profond désespoir que vous ayez jamais connu car notre Sauveur, mort, a été mis dans une tombe; nos espoirs ont été anéantis par le plus gigantesque séisme de tous les temps la crucifixion. Il n'y a pas la plus faible lueur d'un rayon de lumière au bout de votre tunnel. Alors, pouvez-vous croire le récit de quelques femmes excitées comme Marie, disant qu'elles l'ont vu relevé d'entre les morts? Pensez-y bien!
Peut-être éprouverez-vous le besoin de vous agenouiller avec ces disciples répréhensibles et de prendre votre part du reproche divin de n'avoir pas cru à la bonne nouvelle!
Israël fut finalement coupé et séparé du cep de la vigne à cause de l'incrédulité et il perdit sa prérogative de peuple choisi par Dieu (Rom. 11:20). Rien d'étonnant qu'Hébreux 3:12-13 nous parle ainsi : "Prenez garde, frères, que quelqu'un de vous n'ait un coeur mauvais et incrédule au point de se détourner du Dieu vivant. Mais exhortez-vous les uns les autres chaque jour, aussi longtemps qu'on peut dire "aujourd'hui", afin qu'aucun de vous ne s'endurcisse par la séduction du péché."
Parfois, vous pouvez penser en vous-même : "Cela est bien trop beau pour être vrai!" C'est pourquoi je dis : Soyons prudents, ne laissons pas Satan nous faire sortir du bon sentier. C'est la chose la plus aisée du monde pour lui de nous dire toutes sortes de choses que nous avons à faire pour être sauvés, il fait ce métier depuis des siècles et nous en voyons la preuve dans la pléthore des religions et sectes qui insistent sur le programme des "oeuvres".
Mais peu importe à quel point ces oeuvres sont bonnes; le problème est que nous ne pouvons pas les faire seuls. Son vilain artifice consiste à nous faire croire que notre incapacité à faire le bien tant désiré prouve qu'il n'y a pas de réelle bonne nouvelle pour nous.
La meilleure bonne nouvelle qu'un homme déconcerté ou désespéré puisse entendre est que cette paralysie morale et spirituelle est un mal qui a déjà été guéri pour nous en la personne du Fils de Dieu. Il vint comme l'un de nous, revêtit notre nature, s'identifia réellement à nous en ce qui concerne notre problème de base de séparation à l'égard de Dieu et l'abolit. Ainsi, ll a établi pour toute l'humanité une nouvelle identité en Lui, sans tenir compte de toute la méchanceté de nos péchés. Notre aliénation d'avec Dieu, notre péché deviennent aussi démodés que la vie des cavernes. L'obscurité de l'esprit est maintenant dépassée et rendue non nécessaire. A la lumière de ce que Christ a accompli, le désespoir est devenu un anachronisme. Dieu et tout Son Univers de lumière nous accueillent comme étant acceptés dans le Bien-Aimé "Fils de Dieu" (Eph. 1:6). L'esprit est stupéfait quand il sait ce qu'il a fait (Col. 1:21-22).
Mais, dites-vous, je ne suis pas sans défaut. Je ressens au fond de mon âme toutes sortes de raisons pour "mériter" une accusation! Oui, les défauts et le blâme sont toujours là, comme ils le sont pour des milliards d'hommes, un peu partout. Mais néanmoins le sacrifice du Christ en notre faveur Lui donne le droit stupéfiant de nous présenter devant le Père et Son Univers comme saints, à ses yeux sans défaut et délivrés de toute accusation. Le sujet grandiose de cette formidable bonne nouvelle est que tout le péché, l'obscurité et la pollution qui nous oppriment encore continuent en raison de notre incrédulité face à la bonne nouvelle. Quand nous commençons à exercer la foi authentique, la délivrance par Jésus vient immédiatement et agit dans notre coeur et dans notre vie; ce qui produit des changements que nous n'avions jamais crus possibles. Paul a écrit: "Si vous demeurez fondés et inébranlables dans la foi, sans vous détourner de l'espérance de l'Évangile..." (Col. 1:23). Thomas Howard décrit ainsi l'oeuvre que Christ annonce "Voici votre rédemption. Je fais toute chose nouvelle; je fais ce qui est impossible. Je restaure les années que les sauterelles et les vers ont mangées. Je restaure pour vous les symphonies et les opéras que vos oreilles sourdes n'ont jamais entendus et les massifs neigeux que vos yeux aveugles n'ont jamais vus et la liberté perdue pour vous dans le pillage et l'identité perdue pour vous à cause de l'échec de la justice. Je restaure pour vous le bien dont vos propres erreurs folles vous ont privés par la tricherie. Je vous apporte l'amour dont parlent tous les autres amours, l'Amour qui est joie et beauté et que vous avez cherché dans mille voies et pour lequel vous avez pleuré et déchiré votre oreiller" (Christ the Tiger, édit. Lippincott, Pub. Co.,1967 p.159).
C'est le son des cloches que vous avez désespéré de ne jamais entendre, l'accomplissement de
tout rêve heureux qui est déjà à vous en Christ, le second Adam. "Trop beau pour être vrai!"
s'écrira notre implacable ennemi. Voici le moment fatidique de décider si nous choisirons de
croire à la bonne nouvelle. Maintenant, le choix doit être de dire "Non" à notre habitude
naturelle de croire aux mauvaises nouvelles et de dire "oui" à l'assurance murmurée de la
Bonne Nouvelle que l'Esprit de Dieu nous recommande. Ce choix fera de la lecture de ce livre
une expérience heureuse et dynamique pour vous.
Chapitre 2
La Bonne Nouvelle a une puissance explosive
La raison pour laquelle le salut résulte du fait de croire à la Bonne Nouvelle plutôt que des bonnes oeuvres, réside dans le fait qu'il n'y a aucune puissance dans un programme de bonnes oeuvres pour changer le coeur. Après avoir fait tout le bien que l'on peut imaginer, on s'aperçoit que l'égoïsme originel est encore là. Il est peut-être déguisé, de sorte qu'on puisse à peine le reconnaître, mais l'histoire est pleine d'exemples de "gens religieux" s'épuisant à faire de bonnes oeuvres et qui le font pour des raisons centrées sur le moi, sans amour authentique. "Je pourrais distribuer tous mes biens et même livrer mon corps pour être brûlé, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien" (1 Cor. 13:3).
La fausse bonne nouvelle nous affirme qu'un tel égoïsme est normal, qu'un changement authentique du coeur est impossible, de sorte qu'il est même inutile de l'espérer. Pensons seulement à nous satisfaire d'être dans cet état, comme tout le monde. Cette contrefaçon de la bonne nouvelle déclare que Dieu se contentera du fait que nous restions "comme nous sommes" aussi longtemps que nous disons "accepter" Jésus. Dieu nous blanchira. La vraie bonne nouvelle est meilleure que cela. Or, il est clair que Jésus décrit la possibilité et la nécessité d'une nouvelle naissance. Nicodème, du Sanhédrin, savait qu'il lui fallait de l'aide. Une nuit, il dit à Jésus : "Maître, nous savons que Dieu t'a envoyé pour nous enseigner, car personne ne peut faire des miracles comme tu en fais si Dieu n'est pas avec lui." Jésus lui répondit: "Je te déclare, c'est la vérité. Personne ne peut voir le royaume de Dieu s'il ne naît pas de nouveau."
Nicodème lui demanda : -Comment un homme déjà âgé peut-il naître de nouveau? Il ne peut pourtant pas retourner dans le ventre de sa mère et naître une seconde fois? Jésus lui répondit: "Je te le déclare, c'est la vérité : personne ne peut entrer dans le royaume de Dieu s'il ne naît pas d'eau et de l'Esprit Saint. Ce qui naît d'un père humain est humain; ce qui naît de l'Esprit Saint est esprit" (Jn 3:2-6).
Certains principes de la vérité que Jésus énonça alors étaient comme des bombes mises en place et qui allaient lâcher leurs énergies grandioses dans l'avenir. Ces vérités étaient comme des semences dans un désert, mortes apparemment, qui s'éveilleraient à une vie exubérante dès que la pluie viendrait. Ces vérités possédaient une puissance qui leur était inhérente.
Jésus ne dit pas à Nicodème qu'il devrait produire sa nouvelle naissance. La bonne nouvelle est
que par un miracle étonnant, c'est Dieu qui le fait, et non l'homme. Aucun homme ne s'est fait
naître; ses parents l'ont simplement fait naître. Donc, dit Jésus, il doit simplement laisser le
Saint Esprit accomplir la nouvelle naissance. "Ne sois pas étonné parce que je t'ai dit vous
devez tous naître de nouveau; le vent souffle où il veut; tu entends le bruit qu'il fait, mais tu ne
sais pas d'où il vient ni où il va. Voilà ce qui se passe pour tout homme qui naît de l'Esprit
Saint" (Jn 3:7-8).
Le Divin Obstétricien
Etonnamment, la bonne nouvelle est que le Saint-Esprit accomplit cette oeuvre, que ce vent
souffle toujours des graines de vérité céleste dans les esprits et les coeurs. La grâce de Dieu
agit sur les coeurs de mille façons depuis le commencement du monde. Les parents, les amis,
les chants de louange, la Bible lue ou citée, les sermons, les messages d'amour véritable sont
tous des moyens que Dieu peut utiliser pour semer la bonne nouvelle dans les coeurs.
L'important est de reconnaître que leur source ultime est Dieu Lui-même.
Ces graines peuvent rester non perçues au fond du coeur mais elles germeront sûrement car chacune d'elles contient le principe mystérieux de la vie éternelle. Voici une image de la façon dont la parole divine de vérité accomplit ce plan:
"Comme la pluie et la neige descendent des cieux et n'y retournent pas sans avoir arrosé, fécondé la terre et fait germer les plantes, sans avoir donné de la semence au semeur et du pain à -celui qui mange; ainsi en est-il de ma parole qui sort de ma bouche; elle ne retourne pas à moi sans effet, sans avoir accompli ma volonté et accompli mes desseins" (Es. 55:10-11).
C'est réellement l'amour de Dieu en action. Le vent "soufflant où il lui plaît" est une image de l'intérêt et de la compassion de Dieu pour toute âme. Son amour ne se manifeste pas moins pour vous que le vent ne souffle sur vous. Dieu ne fait pas acception de personnes (Act. 10:34).
C'est émouvant car parfois on peut presque sentir ces graines de vérité germer dans l'âme comme la femme enceinte peut sentir le bébé croître en elle. Quelle joie de faire cette expérience "naître de nouveau".
Mais si la nouvelle naissance est si facile, pourquoi tout le monde ne naît-il pas de nouveau? C'est plutôt triste beaucoup de gens, peut-être la majorité, pratiquent une sorte d'avortement spirituel. Ils essaient sans fin d'étouffer la vie nouvelle que le Saint-Esprit voudrait communiquer. Etienne révèle cela aux chefs Juifs de son époque. II faisaient naturellement ce qui est habituel à l'homme non converti "Hommes au cou raide! Incirconcis de coeur et d'oreilles, vous vous opposez toujours au Saint-Esprit" (Act. 7:51). Voilà l'éloignement actif ou l'inimitié à l'égard de Dieu. Il est insensé pour nous de le faire, mais c'est la réalité, c'est ce que nous faisons. C'est bien affamer les gens si nous déracinons assidûment toute petite pousse de blé qui sort de terre. C'est folie! Jésus dit une parabole pour illustrer le sort de la plupart des graines de la vérité. La nouvelle vie de l'embryon est étouffée avant qu'elle ne puisse croître. "Il leur parla en paraboles sur beaucoup de choses et il dit:
"Un semeur sortit pour semer. Comme il semait, une partie de la semence tomba le long du chemin: les oiseaux vinrent et la mangèrent. Une autre partie tomba dans les endroits pierreux où elle n'avait pas beaucoup de terre; elle leva aussitôt parce qu'elle ne trouva pas un sol profond; mais quand le soleil parut, elle fut brûlée et sécha, faute de racines. Une autre partie tomba parmi les épines; les épines montèrent l'étouffèrent. Une autre partie tomba dans la bonne terre, elle donna du fruit, un grain cent, un autre soixante, un autre trente. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende" (Mat. 13:3-9).
Le semeur représente Christ semant des graines de la bonne nouvelle dans tous les coeurs, partout. Cela se produit grâce à l'oeuvre du Saint-Esprit, "le vent". Mais, dit-Il, il est triste que : "le coeur de ce peuple soit devenu insensible; ils ont endurci leur oreilles et ils ont fermé leurs yeux, de peur qu'ils ne voient de leurs yeux et qu'ils n'entendent de leurs oreilles, qu'ils ne comprennent de leur coeur, qu'ils ne se convertissent et que je ne les guérisse" (Mat. 13:15). Beaucoup de coeurs sont aussi durs que le sol tassé sous les pas de la foule, sur le chemin. Les graines tombent sur ces coeurs durs et ne peuvent s'enraciner.
"Lorsqu'un homme écoute la parole du royaume et ne la comprend pas, le malin vient et enlève ce qui a été semé dans son coeur; cet homme est celui qui a reçu la semence le long du chemin. Celui qui a reçu la semence dans les endroits pierreux, c'est celui qui a entendu la parole et la reçoit aussitôt avec joie; mais il n'a pas de racine en lui-même, il manque de persistance et dès que survient une tribulation ou une persécution à cause de la parole, il y trouve une occasion de chute. Celui qui a reçu la semence parmi les épines, c'est celui qui entend la parole, mais en qui les soucis du siècle et la séduction des richesses étouffent cette parole et la rendent infructueuse" (Mat. 13:19-22).
Heureusement, certaines graines "tombent dans la bonne terre et donnent du fruit" (vers. 8). "Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c'est celui qui entend la parole et la comprend; il porte du fruit et un grain en donne cent, un autre soixante, un autre trente" (vers. 23). C'est celui qui croit à la bonne nouvelle, qui l'accueille et la chérit. Elle entre facilement dans son coeur, car il ne laisse pas les oiseaux s'en saisir, ni les épines l'étouffer, ni les pierres cachées du péché chéri ronger ses racines et il ne réalise pas un avortement par incrédulité pour détruire la bonne nouvelle.
Personne encore n'a vu ce qui est l'élément dynamique qui produit la nouvelle naissance. Jésus raconte à Nicodème Sa crucifixion, par anticipation. Aucune nouvelle naissance ne pourrait jamais être possible si on ne voit et si on n'apprécie ce qui est arrivé à la croix. "Personne n'est monté au ciel, si ce n'est le Fils de Dieu qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme qui est dans le ciel. Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l'homme soit élevé afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle" (Jn 3:13-15).
Jésus fait ici allusion à un incident qui eut lieu pendant qu'Israël était dans le désert Ce fut dur, mais en croyant aux mauvaises nouvelles, Israël fit empirer les difficultés. "Ils partirent de la montagne de Hor par le chemin de la mer Rouge pour tourner le pays d'Édom. Le peuple s'impatienta en route et parla contre Dieu et contre Moïse : Pourquoi nous avez-vous fait monter hors d'Égypte pour que nous mourions dans le désert, car il n'y a point de pain et il n'y a point d'eau et notre âme est dégoûtée de cette misérable nourriture" (Nomb. 21:4-5). Il n'était pas sur le point de mourir. C'est un spectre de jugement qu'il évoquait sans raison (voir Ps. 105:37). Leur péché était pure incrédulité. s'accrochant à des malheurs qui n'étaient que des fictions de leur imagination sans foi.
Alors, les serpents venimeux les piquèrent. Le péché d'incrédulité du peuple et ses murmures l'avaient privé de la protection spéciale de Dieu qui aurait été la sienne de droit. Elever sur un poteau un serpent de bronze était une prophétie, un symbole de Christ devant être élevé sur Sa croix, lui qui "fut fait" péché pour nous, lui qui ne connut pas le péché, afin que nous puissions devenir (être faits) justice de Dieu en Lui" (2 Cor. 5:21). 'I'Eternel. dit à Moïse:
"Fais-toi un serpent brûlant et place-le sur une perche; quiconque aura été mordu et le regardera conservera la vie. Moïse fit un serpent d'airain et le plaça sur une perche; et quiconque avait été mordu par un serpent et regardait le serpent d'airain conservait la vie" (Nomb. 21:8-9).
Notons combien la guérison était facile. Tout ce qu'il y avait à faire était de regarder. Jésus dit à Nicodème qu'il y a quelque chose à voir sur cette croix, mais c'est plus que de la considérer comme un crucifix. Regarder c'est croire dans le sens d'une appréciation par le coeur de ce qui arriva là. Cette appréciation apporte la guérison à l'âme malade du péché. Et bien sûr, la guérison est la nouvelle naissance. Alors, Jésus a dit les mots bien connus qui sont devenus le verset le plus aimé de la Bible : "Car Dieu a tant aimé le monde qu'Il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en Lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle" (Jn 3:16).
Evidemment la puissance est en quelque sorte en Celui qui est sur la croix. Comment le fait de croire et d'apprécier l'acte de Dieu accompli par amour et don de soi, peut-il opérer un changement dans notre coeur pécheur?
Un des disciples du Christ expliqua comment cela se passa pour lui. ll le décrit comme un principe qui opère dans tout coeur qui regardera et éprouvera de la reconnaissance envers Dieu pour ce qu'Il fit. Paul se défend contre l'accusation que son dévouement total à Christ est une insanité virtuelle. Il passait par des épreuves incroyables et des persécutions pour l'amour de Christ chantant dans la joie en avançant. L'idée qu'il sacrifia quelque chose ne semble pas avoir traversé son esprit. Par la suite, il connut les flagellations, des prisons, des jeûnes, le froid, la nudité, des naufrages, la faim, la fatigue.. Son travail missionnaire dura des décennies, même dans la vieillesse. Pourquoi ne pas limiter son dévouement et son sacrifice du moi, s'arrêter et jouir d'une retraite bien gagnée? "En effet, si je suis hors de sens, c'est pour Dieu et si je suis de bon sens, c'est pour vous. Car l'amour de Christ nous presse, parce que nous estimons que si un seul est mort pour tous, tous donc sont morts et qu'il est mort pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux" (2 Cor. 5:13-15).
Paul ne fut pas une personne meilleure que nous ni plus héroïque, ll a simplement vu quelque chose qui rendit tous ses sacrifices faciles.
Il vit qu'il serait dans une tombe de désespoir si cet Unique (Jésus) n'était pas mort à sa place. Au point qu'il était redevable de chaque respiration au sacrifice de la croix. Il se reconnut comme un esclave de l'amour, racheté par le sang répandu à la crucifixion. Rien de ce qu'il possédait n'était à lui. Tout aussi facilement que les Israélites croyants furent guéris de leurs fatales morsures de serpent, ainsi la nouvelle naissance se produit de la même manière dans le coeur de celui qui voit la croix comme Paul la vit par la foi; et son expérience est donc un encouragement pour nous qui ne pouvons pas non plus la voir littéralement.. Ce qu'il vit par la foi semble avoir fait sur lui une impression plus profonde que l'événement réel sur les apôtres qui en furent témoins. Cela signifie que le même dévouement inspiré par la foi peut exister pour nous. Paul est pour nous une meilleure nouvelle que les autres apôtres.
Supposons que quelqu'un regarde mais n'apprécie pas le sacrifice du Christ. Ce serait le fameux péché d'ignorance.
Jésus dit après, à Nicodème, en effet, que personne ne sera perdu à cause de ses péchés passés mais seulement en raison du péché caressé d'incrédulité ou de la dureté de son coeur à l'égard de la croix. "Dieu en effet n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu'Il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. Celui qui croit en Lui n'est point jugé, mais celui qui ne croit pas en Lui est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom de Fils unique de Dieu. Et ce jugement, c'est que la lumière étant venue dans le monde les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière parce que leurs oeuvres étaient mauvaises" (Jn 3:17-19).
Ainsi, la destinée de chacun dépend de la réponse de son coeur devant cette croix. La nouvelle
naissance a lieu non parce que nous accomplissons cette mission impossible, mais simplement
parce que nous regardons avec une foi venant du coeur ce que signifie cette croix
merveilleuse. La puissance de guérison réside dans la Parole elle-même qui contient la bonne
nouvelle. Laissons-la pénétrer dans notre coeur, laissons-la prendre racine. Ne la faisons pas
avorter. Chérissons-la. Il ne peut y avoir une mauvaise nouvelle, sauf si nous la demandons ou
la choisissons, attirant ainsi sur nous volontairement un verdict définitif qui nous fait nous
accrocher aux ténèbres; après que nous ayons eu l'occasion de voir la lumière.
Chapitre 3
L'amour de Dieu est actif et non passif
Quand vous voyez arriver les bulldozers sur un terrain, vous comprenez immédiatement qu'ils ont la puissance nécessaire pour en modifier l'aspect.
Quand vous percevez ce que signifie la croix, vous comprenez aussi qu'elle a la puissance de changer le coeur et la vie. Paul dit : "Car je n'ai point honte de l'Évangile, c'est une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit, du Juif premièrement, puis du Grec parce qu'en Lui est révélée la justice de Dieu par la foi et pour la foi, selon qu'il est écrit: Le juste vivra par la foi" (Rom. 1:16-17). La puissance est dans la croix car le même apôtre dit aux Corinthiens : "Car je n'ai pas eu la pensée de savoir parmi vous autre chose que Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié. Moi-même, j'étais auprès de vous dans un état de faiblesse, de crainte et de grand tremblement; et ma parole et mes prédications ne reposaient pas sur les discours persuasifs de la sagesse, mais sur une démonstration d'esprit et de puissance" (1 Cor. 2:2-4).
Le monde fut un jour puissamment secoué par un petit groupe d'hommes de la Palestine qui apportèrent la bonne nouvelle dynamique contenue dans un mot plutôt obscur. Leurs ennemis terrifiés à Thessalonique ont confessé l'impact de sa proclamation. "Ces gens qui ont bouleversé le monde sont venus aussi ici" (Act. 17:6). Les messagers chargés de dynamite furent les apôtres du Christ, spécialement Paul et Jean.
Le mot qui a accompli ce puissant exploit était peu connu dans le monde grec. C'était le terme "agapé" : amour. Mais il était chargé d'un sens spirituel positif qui modifia l'esprit des gens. Il sépara les hommes en deux camps opposés, comme le fait l'hydrolyse de l'eau. Ceux qui étaient pour AGAPE devinrent les disciples dynamiques de Jésus, prêts à perdre leurs biens, à aller en prison, ou même à mourir torturés. Ceux qui réagirent contre AGAPE devinrent vite de cruels et sanguinaires persécuteurs de ceux qui avaient ce nouveau concept d'amour, fondé sur la vérité. Ces persécuteurs avaient perdu l'étincelle spirituelle par leur incrédulité. Personne ne pouvait entendre la bonne nouvelle sur l'AGAPE et rester neutre.
Pour changer d'illustration : L'explosif mystérieux contenu dans cette bombe spirituelle était une idée radicalement différente de celle de l'amour qui avait été rêvée par les philosophes et les maîtres de l'éthique. C'était une bienveillante invention qui prit par surprise les amis comme les ennemis. Ce n'était pas que les anciens n'avaient aucune idée concernant l'amour; ils y avaient pensé. En fait, les Grecs avaient trois ou quatre mots pour parler de l'amour (alors que nos langues modernes n'en ont souvent qu'un seul). Mais la sorte d'amour qui en vint à s'exprimer avec le mot AGAPE dénonça sans pitié toutes les autres formes d'amour comme étant en réalité "non-amour" ou "anti-amour". Soudain, on en vint à réaliser que ce qui avait été appelé "amour" était de l'égoïsme recouvert d'un vernis. L'âme humaine était mise à nu par cette nouvelle révélation. Si on faisait bon accueil à cette révolution spirituelle, on était revêtu d'AGAPE. Si, au contraire, cela mettait en colère, les robes de supposée piété étant arrachées, on était alors transformé en ennemi déclaré de la nouvelle foi. Et on ne pouvait pas revenir en arrière, car AGAPE était une notion qui venait à son heure dans le déroulement du temps.
Quand Jean prit sa plume pour écrire la fameuse équation: "Dieu est amour" (1 Jn 4:8), il devait choisir entre plusieurs mots grecs exprimant l'amour. Le mot le plus commun EROS possédait une force puissante en lui-même. Comme quelque chose de mystérieux et de puissant, EROS était la source de la vie. Il balayait tous les obstacles de la volonté et de la sagesse humaines.. C'était comme une marée émotionnelle et commune à toute l'humanité. Si une mère aimait son enfant d'un amour noble pur, c'était EROS. Il en était de même de l'amour dépendant des enfants vis-à-vis de leurs parents, de l'amour habituel des amis entre eux. Et aussi, l'amour mutuel de l'homme et de la femme était un mystère profond expliqué par ce mot. Dieu est-Il EROS? demandaient les païens. Oui, répondaient leurs philosophes avec Platon, car Eros est plus fort que notre volonté. Il produit le miracle des bébés. Il créé les familles et les amitiés. Et il demeure en chacun de nous, par nature. Donc, il doit être l'étincelle de la divinité!
Pour les anciens, l'amour était beaucoup plus que ce qu'il est pour nous aujourd'hui : le "doux mystère de la vie", l'élixir qui permet de supporter une existence qui, sans cela, serait intolérable. Platon espérait transformer le monde avec une sorte d'amour qu'il considérait comme l'éros "céleste". Aujourd'hui, nous l'appellerions l'amour platonique. Les mots dérivés d'EROS aujourd'hui ont une signification exclusivement sexuelle, mais Platon essaya de faire sortir le monde de ce bourbier avec une idée spirituelle élevée, quelque chose de noble qui inspire. C'était basé sur une élévation morale, sur la sortie de la boue de la pure sensualité physique et l'attraction d'un bien, plus grand pour l'âme.
Mais Jean ne put jamais parvenir à écrire que Dieu est EROS. Il étonna les penseurs de son époque en disant : "Dieu est AGAPE". C'étaient deux notions de l'amour en contraste. Comment l'idée des apôtres pouvait-elle constituer une menace pour le concept de Platon? Et entre ces deux idées d'amour s'étale un vaste golfe aussi distant de l'est que de l'ouest.
ll n'y a pas de bonne nouvelle ni de puissance dans EROS, mais les deux se trouvent par contre dans AGAPE.
Deux Idées de l'Amour en Contraste
A quel point AGAPE diffère-t-il des idées communes de l'amour? Comment l'idée des apôtres pouvait-elle être une menace vis-à-vis du noble concept de Platon? La réponse se trouve dans plusieurs contrastes précis entre les deux idées.
A. L'amour humain ordinaire est dépendant de la beauté ou de la bonté de son objet. Nous choisissons naturellement pour amis ceux qui sont gentils et nous plaisent. Nous devenons amoureux de quelqu'un qui est beau, heureux, intelligent et attrayant et nous nous détournons de quelqu'un qui est laid, méchant, ignorant ou désagréable. Au contraire, AGAPE n'est pas éveillé par la beauté ou la bonté de son objet. Il se tient seul, souverain et indépendant. Voici une histoire des Anciens, illustrant leur idée la plus sublime de l'amour. Admetus était un jeune homme noble et beau avec toutes les qualités de l'excellence. Il attrapa une maladie qui, selon l'oracle des dieux, serait fatale, à moins que quelqu'un ne s'offre pour mourir à sa place. Tous ses amis dirent: "C'est un jeune homme merveilleux, mais nous ne pouvons pas mourir pour lui". Ses parents dirent: "Nous aimons notre fils, mais nous ne pouvons pas mourir pour lui". Finalement, on demanda à la belle jeune fille qui l'aimait, Alceste. Elle répondit : "Oui, je peux mourir pour lui, car c'est un homme bon et le monde a tant besoin de lui!" Alors, les philosophes triomphèrent : "Voici, ce qu'est l'amour, dirent-ils, quelqu'un qui veut mourir pour un homme bon!" Ils furent bouleversés quand les apôtres dirent que ce n'était pas cela du tout. "A peine mourrait-on pour un juste; quelqu'un, peut-être, mourrait pour un homme de bien. Mais Dieu prouve son amour envers nous en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous" (Rom. 5:7-8).
Un message comme celui-là vous captive ou fait de vous un ennemi implacable!
B. L'amour humain naturel repose sur un sentiment de besoin. Il se sent pauvre et démuni en lui-même et exige un objet pour enrichir sa propre vie. Un mari aime sa femme parce qu'il a besoin d'elle et une femme aime son mari pour la même raison. Deux amis s'aiment l'un l'autre car ils ont besoin l'un de l'autre. Chacun se sent démuni et seul sans sa contrepartie. Tandis qu'infiniment riche en lui-même, AGAPE n'éprouve pas de besoin. Les apôtres révélèrent que la raison pour laquelle Dieu nous aime n'est pas parce qu'Il a besoin de nous, mais parce qu'Il est Agapé. "Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, qui pour vous s'est fait pauvre, de riche qu'Il était, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis" (1 Cor. 8:9). A ce jour, nous sommes bouleversés par l'idée d'un amour "qui ne recherche pas son intérêt" (1 Cor. 13:5). Même les églises semblent tentées de représenter l'amour de Dieu comme quelque chose qui recherche son intérêt. Ce serait un amour inspiré par un instinct d'acquisition divin. On présume que Dieu a vu en nous une valeur cachée et ferait une bonne affaire en nous rachetant. Cela nie le véritable amour de Dieu.
Nous arrivons à ressembler à ce que nous adorons. Ainsi des multitudes professent adorer un tel Dieu, car elles cherchent aussi une bonne affaire. Leur religion est inspirée par le besoin d'acquérir -ce qu'ils ont besoin d'acquérir est le ciel et ses récompenses - et une motivation égocentrique est ce qui les fait marcher. Quand alors AGAPE surgit dans ce monde égocentrique, la réaction est la même que celle qui survint dans le monde à l'époque des apôtres. Les coeurs égoïstes sont transformés.
C. L'amour humain naturel repose sur un sens de la valeur. Dans bien des pays, le prix à payer pour épouser une femme est proportionné à la dépense que le père a faite pour son éducation. La dot est astronomique si la jeune fille est allée à l'Université. Nous aussi nous cataloguons les gens. Peu de personnes traitent l'éboueur aussi bien que le maire.
Si, comme l'eau cherche son propre niveau, vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous? "Les publicains aussi n'agissent-ils pas de même? Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d'extraordinaire? Les païens aussi n'agissent-ils pas de même?" (Mat. 5:46-47). "L'homme te louera quand tu feras le bien pour toi-même" (voir Psaume 49).
Au contraire, AGAPE rafraîchit par sa différence. Au lieu de dépendre de la valeur de son objet, c'est lui qui lui donne une valeur. Supposons que je tienne dans ma main une pierre brute. Je l'ai ramassée dans un champ. Si j'essaie de la vendre, personne ne me donnera même un sou pour cela. Ce n'est pas que la pierre est mauvaise en elle-même mais elle est si commune qu'elle n'a aucune valeur.
Maintenant, supposez que je tienne cette pierre brute dans mes mains et que je l'aime comme une mère aime son enfant et supposez que mon amour exerce une telle alchimie qu'il la transforme en un morceau d'or, ma fortune serait faite.
C'est une illustration de ce qu'AGAPE fait pour nous. Par nous même nous ne valons pas plus que le prix des quelques ingrédients chimiques qui nous composent. Mais l'amour de Dieu nous transforme et nous donne une valeur équivalente à celle de son propre Fils. "Je rendrai les hommes plus rares que l'or fin; Je les rendrai plus rares que l'or d'Ophir" (Es. 13:12).
Sans doute avez-vous entendu l'histoire d'un homme qui était une épave et est devenu un être d'une valeur infinie: John Newton (1725-1807). Marin, puis ivrogne et marchand d'esclaves, il fut victime de ceux qu'il essayait de vendre. C'est alors que l'AGAPE toucha son coeur et il devint un messager honoré de la bonne nouvelle, après avoir abandonné son vil trafic. Des milliers de gens se souviennent de lui car le cantique qu'il a composé révèle l'or fin qu'il était devenu.
Grâce surprenante! Combien le son en est doux!
Qui a sauvé un misérable tel que moi!
Un jour j'étais perdu, mais maintenant je suis trouvé!
J'étais aveugle mais maintenant je vois!
C'était une grâce qui apprit mon coeur à craindre
Et la grâce qui me délivra de mes craintes
Combien précieuse cette grâce m'apparut
A l'heure où je la vis pour la première fois!
D. L'amour humain naturel croit qu'il doit rechercher Dieu. Toutes les religions païennes sont basées sur l'idée que Dieu est aussi insaisissable que la guérison du cancer. Les gens imaginent que Dieu joue à cache-cache et s'est Lui-même tenu à distance des êtres humains. Seuls quelques spécialistes sont assez sages et intelligents pour découvrir sa cachette. Des milliers font de longs voyages pour la Mecque, Rome ou Jérusalem ou d'autres pèlerinages pour Le chercher. Les Grecs de l'Antiquité nous ont dépassé en construisant de beaux Temples de marbre où ils cherchaient Dieu.
A nouveau, AGAPE prouve que c'est le contraire. L'homme ne cherche pas Dieu, mais c'est Dieu qui le cherche. "Le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu" (Luc 19:10). Le Berger a laissé ses quatre vingt dix neuf brebis qui étaient en sûreté et a risqué sa vie pour celle qui était perdue. La femme fouille sa maison jusqu'à ce qu'elle retrouve la seule pièce de monnaie perdue. L'Esprit de Dieu cherche le coeur du fils prodigue et le ramène à la maison.
Il n'y a pas d'histoire dans toute la Bible où une brebis perdue doive retrouver son Berger! Paul fut obsédé par cette grande idée: "Mais voici comment parle la justice qui vient de la foi. Ne dis pas en ton coeur : "Qui montera au ciel? C'est en faire descendre Christ ou Qui descendra dans l'abîme? C'est faire remonter Christ d'entre les morts. Que dit-elle donc? La parole est près de toi, dans ta bouche et dans ton coeur. Or, c'est la parole de la foi que nous prêchons" (Rom. 10:6-8).
Cette parole de la foi est très étroitement en rapport avec AGAPE. La foi est la réponse d'un coeur contrit à la révélation formidable d'AGAPE et l'idée de Paul est que cette formidable "parole est près de vous". C'est la preuve que Dieu vous a déjà découvert là où vous vous cachiez. Le Bon Berger est toujours en route à notre recherche.
Mais la Bible ne dit-elle pas que c'est à nous de "chercher le Seigneur tandis qu'on peut le trouver"? Oui, mais le texte insiste sur la proximité de Dieu et non sur son éloignement. Le mot hébreu pour chercher (dharash) signifie "se renseigner", chercher dans le sens d'un choix. "Cherchez l'Éternel tandis qu'Il est près". Esaïe 55:6 dit que Dieu est déjà très près de nous (Act. 17:27). Le problème est que nous n'avons pas compris combien il est proche!
E. Notre amour humain cherche toujours à monter plus haut. Chaque premier échelon crée le besoin d'atteindre le second. Un enfant qui a six ans dit qu'il en aura bientôt sept. Ceux qui cherchent du travail ne désirent pas descendre l'échelle, mais la monter. Les politiciens espèrent atteindre le haut de la gamme et il est probable que chaque sénateur a parfois espéré parvenir à la Maison Blanche, aux Etats-Unis.
Qui a jamais entendu dire qu'un Président se résigne volontairement à devenir maire d'un village? Platon ne pouvait imaginer une telle chose. Personne ne le peut!
Ce qui stupéfia le plus les Anciens fut le spectacle de quelqu'un de supérieur à tous descendant de plus en plus bas, jusqu'à accepter la torture et la mort d'un criminel.
Ce fut là probablement le message favori de Paul. Nous pouvons retracer dans Philippiens 2:5-8, sept étapes descendantes que Christ parcourut pour nous montrer ce qu'était l'AGAPE.
1. "Étant en forme de Dieu, Il ne considéra pas l'égalité avec Dieu comme une proie à arracher" (vers. 6). Quand nous rencontrons des hommes occupant une haute position, politiciens, hommes d'affaire ou même hommes d'église, cela est dans notre nature humaine d'avoir peur d'échouer dans notre démarche. "La vie de celui qui porte une couronne n'est pas aisée" dit un proverbe. Mais le Fils de Dieu a abdiqué sa couronne, volontairement, motivé par l'AGAPE.
2. Il se dépouilla lui-même ou Il se fit lui-même sans réputation" (vers. 7). Nous, humains, nous luttons à mort pour maintenir notre honneur ou notre réputation. Mais les actes de hardiesse et de courage ne ressemblent pas toujours au dépouillement de soi de Christ, car on peut "livrer son corps pour être brûlé" et ne pas avoir l'AGAPE (Cor. 13:3). Quand Paul dit que Christ se dépouilla lui-même, il parlait d'un abandon volontaire pour l'éternité de tout ce qu'on aime, ce qui est tout à fait impossible sans l'AGAPE.
3. Il prit la forme d'un serviteur, littéralement d'un esclave (vers. 7). Pouvez-vous imaginer une vie plus lugubre que celle où l'on est toujours forcé à travailler sans salaire ni remerciements? On dit que les anges sont des "esprits au service de Dieu" envoyés pour nous servir (Héb. 1:14). Si jésus était venu comme l'un d'eux, cela aurait été un grand abaissement car Il était leur chef. Mais ll descendit encore plus bas (vers. 8).
4. Il fut fait semblable aux hommes, inférieur aux anges (voir Ps. 8:5). Non pas avec la splendeur éclatante et majestueuse qu'Adam connut à la création, mais avec la nature dégénérée de l'humanité déchue, dans l'abîme de l'abaissement habituel dans le monde gréco-romain.. Aucun homme n'est jamais descendu aussi bas que l'a fait le Fils de Dieu, totalement, pour atteindre l'humanité. Une fois qu'on laisse l'AGAPE se faire un chemin dans nos coeurs, toute trace résiduelle de prétention, du "je suis plus saint que toi" disparaît et il devient possible d'atteindre le coeur des autres. Nous devenons les coeurs et les mains qu'Il utilise pour bénir les autres.
5. "Ayant paru comme un simple homme, ll s'est humilié Lui-même" (vers. 8). En d'autres termes, Il n'est pas né dans un milieu riche, ni dans le palais de César ni dans celui d'Hérode. Sa mère Lui a donné le jour dans une étable, l'a enveloppé de pauvres linges et déposé dans une mangeoire d'animaux. Même en Afrique, je n'ai rencontré personne qui a dit être né dans une étable avec les boeufs et les chèvres! Christ devint un paysan travaillant dur. Mais ce ri était pas encore assez!
6. "Il devint obéissant jusqu'à la mort" (vers. 8). Ce n'était pas un suicide. Aucune suicidé n'est obéissant jusqu'à la mort. S'il l'était, il resterait pour affronter la réalité. Le suicidé désobéit. Aucun suicidé n'est "obéissant jusqu'à la mort." Le genre de mort de Christ n'était pas une échappatoire devant ses responsabilités. Ce n'était pas comme celle de Socrate, buvant la cigüe. Ce fut la condamnation vivante et consciente d'un être devant les exigences de la justice. Le septième pas qu'il fit pour descendre les degrés de son propre abaissement est clair.
7. "Même jusqu'à la mort de la croix" (vers. 8). Aux jours du Christ, c'était la mort la plus humiliante et la plus désespérante possible. Non seulement cela, mais c'était la plus cruelle jamais inventée par l'homme; et c'est aussi la plus honteuse. Celui qui était ainsi condamné était suspendu nu sur une croix et fréquemment la foule des spectateurs surveillait l'agonie du mourant avec allégresse. La mort sur un tel instrument d'exécution était l'horreur portée à l'extrême.
Etre crucifié signifiait que le ciel vous maudissait. Moïse, auteur estimé, avait écrit que "celui qui mourait cloué sur le bois était maudit de Dieu" (Deut. 21:23). Et chacun le croyait! Si un criminel recevait la sentence d'être décapité avec une épée ou même brûlé vif, il pouvait encore espérer que Dieu ne l'oublierait pas et le regarderait favorablement. Il pouvait se sentir soutenu dans sa mort.
Mais si le juge disait : "Vous mourrez, cloué au bois", tout espoir s'en était allé. Chacun pensait que Dieu avait tourné le dos à ce misérable pour toujours. C'est pourquoi Paul a dit que Christ était "devenu malédiction pour nous car il est écrit : Maudit est quiconque est pendu au bois". Le genre de mort dont Christ mourut sera celle des perdus quand ils périront à la fin, sans aucun espoir, ce que l'Apocalypse appelle la seconde mort. Bien sûr, elle fut un million de fois plus douloureuse à endurer pour Christ qu'elle ne le sera pour eux, car sa sensibilité à la souffrance était infiniment plus grande que la nôtre.
Imaginez un homme crucifié sur une croix...
Il est abandonné à la moquerie. La foule s'attroupe comme pour un jeu de stade. Comme une vieille et misérable voiture que les enfants poussent de côté et d'autre, Il est livré aux moqueries et aux injures dans une horreur indescriptible. Vous ne pouvez pas exprimer de la pitié ou de la sympathie pour Lui, car vous montrez alors que vous désapprouvez le jugement de Dieu. Vous êtes du côté de Dieu si vous lancez sur lui des pierres ou des fruits pourris. Ainsi pensaient les gens.
C'est par cette mort que Jésus devint obéissant.. Dans son désespoir, ll s'écria: "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné? (Mat. 27:46). Pensons-y avec révérence. Vous et moi serions ceux qui auraient dû subir tout cela, s'Il n'avait pas pris notre place.
Par la suite, cette idée de l'Agapé a disparu chez beaucoup des soi-disant disciples du Christ parce qu'une notion païenne s'est subtilement infiltrée dans leur pensée. Je pense à la doctrine de l'immortalité naturelle de l'âme. Si la mort réelle n'existe pas, alors Christ n'est pas mort réellement. S'il est allé au Paradis le jour de sa crucifixion (comme beaucoup le croient par erreur à cause d'une virgule mal placée dans Luc 23:43), alors Jésus ne s'est pas dépouillé Lui-même. Il n'est pas vraiment mort sur la croix. Il n'a pas subi l'équivalent de la seconde mort
La doctrine de l'immortalité naturelle de l'âme fait de la doctrine du Christ une simulation, une comédie prétendant endurer la colère de Dieu pour les pécheurs, alors qu'en fait, il fut toujours soutenu par la confiance de la récompense. Mais quand l'obscurité tomba sur le Calvaire, son Père se détourna totalement de Lui, lui cachant sa face. Le cri de jésus: "Pourquoi m'as-tu abandonné?" ne fut pas une plainte d'acteur. Esaïe avait raison : "Il a abandonné son âme à la mort" (Es. 53:12), l'équivalent de la seconde mort (Apoc. 2:11).
L'infiltration de la croyance païenne à l'immortalité naturelle de l'âme nuit à la vraie
signification d'Agapé. La métamorphose commença aussitôt après le temps des apôtres, car
jésus avertit la première des sept églises symboliques d'Apocalypse : "Tu as perdu ton premier
amour (agapé)" (Apoc. 2:4). Quand l'ennemi de Dieu vit la puissance contenue dans cette idée
de l'amour, il entraîna la première église dans l'apostasie sur ce point essentiel. On peut
constater, pas à pas, l'abandon progressif de cette idée AGAPE par les Pères de l'église.
Augustin fit une synthèse d'AGAPE et de l'amour centré sur le moi qui devint la base du
catholicisme médiéval. Luther tenta de replacer AGAPE à sa juste place mais ses disciples
revinrent à la doctrine de l'immortalité naturelle de l'âme et à nouveau AGAPE disparut
presque totalement. Le monde est mûr maintenant pour le retour de la doctrine biblique sur la
nature de l'homme et la vraie signification d'Agapé.
Ainsi donc, on peut probablement voir l'abîme qui sépare l'amour humain d'AGAPE. Sans cet
enrichissement avec AGAPE, c'est réellement l'égoïsme déguisé. Même l'amour des parents
peut être une simple recherche d'intérêt personnel.
La présente épidémie d'infidélité conjugale prouve suffisamment l'aspect de l'amour, centré sur soi-même. souvent l'amitié même est fondée sur des motivations égocentriques. Au contraire, AGAPE ne cherche pas son intérêt et "ne périt jamais" (1 Cor.13:5, 8).
Après tout cela, il reste encore un contraste entre l'amour humain et l'amour de Dieu. L'amour humain naturel désire la récompense de l'immortalité; AGAPE ose y renoncer! C'est ce qui renversa tous les systèmes de valeur de l'antiquité.
Dieu n'a pas écrit un article d'encyclopédie pour nous exposer systématiquement AGAPE. Au lieu de cela, Il envoya par amour son Fils qui vint sur une croix pour que nous puissions voir cet amour. Le véritable sens de ce sacrifice est qu'il est infini, complet et éternel. Christ est descendu dans la tombe pour nous, non parce qu'Il le méritait mais parce que nous le méritions. Durant ces quelques heures où Il pendait, là, dans les ténèbres, Christ but jusqu'à la lie la coupe de douleur humaine. Plus de lumière. Toute pensée de récompense avait fui de son esprit. Il ne pouvait rien voir de l'autre côté de la tombe effroyable béante devant lui. Dieu est AGAPE et Christ est Dieu et Le voilà subissant la mort que nous méritions. (Le fait que le Père le rappela à la vie le troisième jour ne diminue en rien la réalité de son engagement sur la croix en notre faveur).
Mais il ne suffit pas que nous disions : "Très bien, je suis heureux qu'Il ait souffert cela; mais voulez-vous dire que je dois apprendre à aimer selon AGAPE? C'est impossible." La bonne nouvelle déclare que ce que nous pensons être impossible est en réalité possible, car Dieu le dit. Nous, pécheurs mortels, centrés sur le moi, nous pouvons apprendre à aimer avec AGAPE car jean a écrit: "L'amour est de Dieu Et celui qui aime est de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n'aime pas (avec AGAPE) ne connaît pas Dieu car Dieu est amour" (Jn 4:7-8).
Moïse en est un excellent exemple. Le Seigneur le mit un jour à l'épreuve. Israël avait rompu l'alliance en adorant un veau d'or et II proposa à Moïse de détruire Israël et de recommencer avec un nouveau peuple qui descendrait de lui. Moïse crut que le péché d'Israël était trop grand cette fois pour être pardonné. La tentation de prendre la place d'Abraham, Isaac et Jacob comme nouveau père ethnique était très réelle. II sembla vain à Moïse de demander le pardon pour Israël. Accepta-t-il l'honneur proposé et laissa-t-il Israël disparaître?
Moïse eut le coeur déchiré. Il essaya de changer la décision de Dieu. Jamais, il n'avait imploré ainsi dans sa vie. "Ah, ce peuple a commis un grand péché! Ils se sont fait un dieu d'or! Pardonne maintenant leur péché. Sinon, efface-moi de ton livre que tu as écrit" (Ex. 32:31-32). Moïse aperçut l'horreur, de la perdition éternelle devant lui s'il partageait le sort d'Israël. Mais il décida d'être perdu avec Israël. Moïse résista à l'épreuve. Je peux imaginer Dieu entourant de ses bras d'amour son serviteur en larmes. Il avait trouvé un homme selon son propre coeur.
Paul a trouvé le même AGAPE dans son coeur. Il voulut aussi être maudit de Christ pour l'amour de son peuple perdu. "Je dis la vérité en Christ, je ne mens point, ma conscience m'en rend témoignage par le Saint-Esprit, j'éprouve une grande tristesse et j'ai dans le coeur un chagrin continuel. Car je voudrais moi-même être anathème et séparé de Christ pour mes frères" (Rom. 9:1-3).
Celui qui voit la croix telle qu'elle est vraiment et croit, trouve le miracle d'AGAPE reproduit dans son propre coeur. Il découvre pour lui-même combien vraies sont ces paroles
"L'Évangile de Christ... est la puissance de Dieu pour le salut de tous ceux qui
croient" (Rom. 1:16). Son attention se détache de lui-même, où il n'y a pas de salut, pour aller à la
vraie source de la puissance. Peut-on imaginer quelque chose qui soit une meilleure nouvelle
que l'AGAPE?
Chapitre 4
La racine de la peur a été arrachée
Ce qui rend néfaste la mauvaise nouvelle, c'est qu'elle apporte la peur. La peur est la plus puissante émotion négative connue par l'homme et l'animal. Depuis nos premiers moments conscients, cette crainte sans nom de l'inconnu nous oppresse. Les animaux sont constamment en garde contre leurs ennemis naturels. A travers toute notre vie, même au moment de notre mort, nous vivons constamment au seuil de la peur. Heureux et en sécurité à un moment, nous pouvons sombrer dans la terreur le moment suivant.
La peur, avec son corollaire l'anxiété est à la base de l'existence dans tous les temps. La peur, trop profonde pour que nous puissions la comprendre, peut nous faire vomir, atteignant la vitalité de l'âme et même les organes physiques affaiblis et devenant susceptibles de maladie. Des années peuvent passer avant que nous ne la sentions, mais finalement les organes ne fonctionnent plus et la médecine doit essayer de réparer les dommages causés par la peur.
Ce fait universel est reconnu dans une des plus joyeuses déclarations de la bonne nouvelle. Christ délivre de la mauvaise nouvelle de la peur. "Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, Il y a également participé lui-même afin que par la mort, Il anéantit celui qui a la puissance de la mort, c'est-àdire le diable et qu'il délivrât tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans la servitude" (Héb. 2:14-15).
Tant que nous avons la peur de la mort, nous sommes tenus en esclavage. En général, plus on
est heureux de vivre et de se sentir bien, plus on a peur de la mort. Mourir, ce n'est pas
simplement aller dormir. Le sommeil est un repos bienvenu, mais la mort peut être terrifiante.
Elle est la dissolution dévastatrice consciente de tout ce qui fait la personnalité. Cela signifie
que tout ce qui menace notre personnalité a déjà des accents semblables à cette ultime menace
"la crainte de la mort" que les humains connaissent durant toute leur vie. Le sentiment
constant de leur insécurité qui tourmente beaucoup de gens, sous une forme ou une autre, est
bien ce que décrit l'épître aux Hébreux.
Ne laissez personne vous faire croire que vous n'avez pas à faire face à ce problème. Si vous
faites partie de la race humaine, vous le connaîtrez. Même les rois et les Présidents le
connaissent. Quand un Président des Etats-Unis s'est trouvé devant la perspective de perdre la
présidence, il l'a connu aussi. II en sera ainsi de toute personne intelligente, dans des
circonstances semblables, sauf, naturellement, si elle s'est pleinement emparée de la bonne
nouvelle. Quiconque, que ce soit un enfant de dix ans ou un nonagénaire, qui voit sa force
personnelle diminuer, fait l'expérience annihilante de l'approche de l'ultime amoindrissement: la
mort.
Comment l'amour AGAPE nous rend libres de l'esclavage de la peur.
Puisque le sacrifice du Christ est la parfaite démonstration de l'amour agapé, il guérit parfaitement l'esclavage de la peur. La crainte n'est pas dans l'amour, mais l'amour parfait bannit la crainte ; car la crainte suppose un châtiment et celui qui craint n'est pas parfait dans l'amour (1 Jean 4:18). Cela est vrai, car agapé affronte la peur ultime et la domine et ainsi toutes les peurs moindres sont aussi vaincues. Trois réalités sous-estiment cette vérité.
1. Quand Il devint homme, Christ devint notre représentant personnel et notre substitut, plus encore qu'un avocat représente un client dans une cour de justice. La Bible dit qu'à cause du péché d'Adam, nous mourons tous (voir 1 Cor. 15:22; Rom. 5:12). Ainsi, nous , héritons d'Adam, non seulement la mort, mais aussi l'esclavage de la peur de la mort. Toute la race humaine était "en Adam". Cela est rendu évident par le fait que sans Adam, nous n'existerions pas. Mais la bonne nouvelle intervient immédiatement. " De même aussi, tous revivront en Christ" (1 Cor. 15:22). La victoire de Christ sur la mort et la peur de la mort devient notre victoire en vertu de cette unité collective avec Lui, qu'Il a effectuée pour tous (souvenez-vous : Dieu ne fait pas acception de personne. Tous participent à ces avantages, sauf s'ils choisissent de ne pas le faire). L'expérience de cette union avec Christ est si réelle que Paul a été capable de dire : "Je suis crucifié avec Christ. Néanmoins je vis, mais non pas moi, mais Christ qui vit en moi; et la vie que je vis maintenant dans la chair, je la vis par la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et s'est donné Lui-même pour moi" (Gal. 2:20). La foi est l'élément qui nous "cimente" à l'expérience de Christ; quelque chose de plus intime que la sympathie nous unit à Lui et Sa mort au péché et à la peur, devient notre mort au péché et à la peur. Cette identification est aussi révélée dans l'expression de Paul : "Si un seul est mort pour tous, alors tous sont morts" (2 Cor. 9:14). Dans ce sens tous moururent avec Lui et, par la foi, nous expérimentons sa mort et sa victoire sur l'ennemi. La foi nous permet de ressentir ce que Jésus ressentit quand Il connut l'expérience de la croix. La foi entre réellement dans son amour et c'est ainsi que la peur est expulsée de notre coeur.
La Bible n'enseigne pas que le fait que Christ se soit substitué à nous, nous dispense de comprendre et d'apprécier ce qu'Il a souffert pour nous. II demanda à ses disciples assoupis de "veiller une heure avec Lui". Et Il fut déçu qu'ils aient si peu d'intérêt pour son épreuve car ils étaient comme des enfants à l'heure la plus grave de l'histoire de cette terre au comble de l'agonie de leur Maître (voir Mat. 26:40). Plus nous pouvons étroitement nous identifier à Lui en cette "heure" où ll vainquit la peur, plus complète sera notre libération dela peur. Toute personne vraiment crucifiée avec Christ méprise la peur.
Puisque Satan est l'auteur de la peur et emploie la terreur comme une de ses armes les plus efficaces pour tenter de renforcer notre docilité à sa volonté, il est évident qu'il veut nous cacher la vérité de la découverte de la croix de Christ. C'est là que Satan fut "jeté en bas" (Apoc. 12:10). Un de ses principaux mensonges est qu'il nous est impossible de comprendre ce qui arriva quand Christ mourut pour nous. Il veut que nous nous contentions de comprendre insuffisamment ce que sa mort signifie. ll est vrai qu'en tant qu'êtres limités que nous sommes, nous ne pouvons jamais apprécier pleinement le sacrifice de Christ. Mais être satisfait de ne pas croître dans notre compréhension et appréciation est une erreur. Notre intelligente identification avec Christ dans sa mort rend possible notre participation à sa conquête de la peur et de la mort.
Non seulement Christ est assoiffé d'une étroite amitié avec nous, mais Il est déçu quand nous faisons peu d'efforts pour apprécier ce qu'il Lui en a coûté de nous racheter. Combien, vous devriez le comprendre, si vous avez risqué votre vie pour sauver quelqu'un que vous aimez, alors qu'il vous remercie avec désinvolture, et apprécie votre geste comme si cela ne valait "pas un sou". Une des raisons pour lesquelles beaucoup sont encore esclaves de la peur, c'est qu'ils ne comprennent pas assez et n'apprécient pas suffisamment le sacrifice de Christ sur la croix.
2. Notre foi personnelle en Christ doit rendre possible notre partage avec Lui de sa victoire sur la peur. Nous savons tous combien nous tendons à nous identifier avec un acteur au cours d'un spectacle dramatique. Beaucoup de gens vont si loin dans cette identification qu'ils pleurent sans honte par sympathie avec l'acteur en difficulté. Il n'y a pas de salut dans le fait de partager les souffrances de jésus, mais "quand nous voyons Jésus" dans son sacrifice et son agonie pour nous, alors c'est le salut. L'identification avec Lui apporte la santé à l'âme. Le programme de la bataille de Christ pour vaincre la peur et la mort est décrit dans le passage suivant
"Mais Celui qui a été abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges, jésus, nous le voyons couronné de gloire et d'honneur à cause de la mort qu'Il a soufferte, afin que par la grâce de Dieu, Il souffrît la mort pour tous."
Il convenait en effet que celui pour qui et par qui sont toutes choses, et qui voulait conduire à la gloire beaucoup de fils, élevât à la perfection, par les souffrances, le Prince de leur salut. Car Celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés sont tous issus d'un seul. C'est pourquoi il n'a pas honte de les appeler frères... Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, ll y a aussi participé Lui-même, afin que, par la mort, Il anéantît celui qui a la puissance de la mort, c'est-à-dire le diable, et qu'Il délivrât tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans la servitude" (Héb. 2:9-11,14,15).
Si nous devions "ubir" nous-mêmes notre propre mort, son poison nous tuerait pour toujours, car il n'y a pas d'espérance de résurrection après "la seconde mort" (voir Apoc. 2:11 et 20:14). Ainsi, une telle mort contient l'horreur d'une absolue condamnation qui est la destruction de la personnalité humaine. Puisque les êtres humains sont des créatures limitées, ils ne peuvent nullement endurer une destruction totale pour une durée infinie. Avoir une telle pensée serait une contradiction dans les termes eux-mêmes!
C'est la conscience d'être condamné au jugement et privé de lumière et de vie pour jamais qui constitue la douleur réelle de la seconde mort. Jésus "subit" cette mort "pour tout homme", sur la croix, dans les ténèbres. Il devint "malédiction pour nous" (Gal. 3:13). Le sentiment d'être abandonné de son Père, c'était pour Lui une coupe de douleur non adoucie par la plus petite parcelle d'espérance.
Bien que jésus ait craint la mort (Héb. 5:7), il n'est pas juste de dire qu'Il ne céda jamais à cette crainte. Il fit face à la crainte de la séparation éternelle de Dieu et "pour tout homme", ll éprouva l'horreur indicible de sa nature fondamentale, et cependant Il la vainquit totalement.
La Véritable Dimension de l'Amour de Christ Pour Nous.
Avec la plus profonde révérence, nous pouvons dire que Christ, figurativement, alla en enfer et en revint.. L'apôtre Pierre, à la Pentecôte, semble avoir reconnu que c'était là la vraie nature de son sacrifice. "Dieu l'a ressuscité en le délivrant des liens de la mort, car il n'était pas possible qu'Il fût retenu par elle" (Actes 2:24). La version King James du Psaume 16:10 dit : "L'enfer signifie la tombe". Quand Christ "versa son âme à la mort" (Es. 53:12), Il ressentit que son Père l'avait abandonné pour toujours.
Il n'est pas nécessaire pour nous de tenter de reproduire le sacrifice du Christ, car ce serait impossible. Il était le Fils infini de Dieu et notre sacrifice - si nous pouvions le faire n'aurait pas de sens. Nous ne pouvons jamais être des co-sauveurs de nousmêmes. Mais nous pouvons apprécier son sacrifice pour nous. Cela détruit dans nos âmes nos petites motivations mesquines, centrées sur le moi. Stupéfait et admirant l'amour qui a conduit Jésus à la croix, nous " méprisons" nos efforts pour éviter la mort éternelle, par crainte de la punition et pour gagner le ciel en raison des récompenses qu'il offre. Soudain, une motivation entièrement nouvelle étreint notre âme : la passion d'honorer et de glorifier Celui qui nous a sauvés à un prix infini.
Aussi sûrement que le jour succède à la nuit, cette nouvelle motivation chasse la cause de la crainte. Quand la foi nous identifie à Christ, nous ne nous sentons jamais seuls et délaissés car nous avons participé par la foi au combat mortel de Christ avec l'ennemi, à cette heure effroyable du Calvaire.
Christ a construit le pont qui franchit l'abîme de la mort éternelle et maintenant nous le franchissons "en Lui".
Comment AGAPE seul peut faire face à l'épreuve finale?
La prophétie biblique nous dit que la peur et la terreur constituerait l'épreuve finale de "la marque de la bête". Si agréable sera la méthode de tentation mise au point par Satan qu'il emportera dans ses rangs tous ceux qui, à ce moment-là, seront sensibles à la terreur imposée par l'esclavage de la peur. "Et elle fit que tous, petits et grands riches et pauvres, libres et esclaves, reçussent une marque sur leur main droite ou sur leur front, et que personne ne pût acheter ni vendre sans avoir la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom" (Apoc. 13:16-17).
La société moderne, coupée de son attachement ancestral à la terre et à l'agriculture, entassée dans des grandes mégalopoles vulnérables avec des gens conditionnés par d'habiles programmes de mass média qui mettent en évidence des films d'horreur - tout cela combiné fait que la mort et la menace créent la plus grande peur que l'homme ait jamais connue. Et nous pouvons être certains que l'auteur de la marque de la bête, imaginera une peur spirituelle inspirant la terreur créée par ses contrefaçons diaboliques de faux Christs et de faux Saint-Esprit. Sera incluse dans ce test final la menace imaginaire de la condamnation éternelle de Dieu envers tous ceux qui osent se lever pour défendre la vérité.
La menace de la disette et de l'ostracisme économique et social terrifiera des multitudes qui n'ont jamais appris l'AGAPE en s'agenouillant avec jésus en Gethsémané. Mais il y aura un "reste" qui fera face à cette menace créant la terreur avec un calme sanctifié. Ils sont décrits comme les prémices de ceux qui "ont leur nom écrit dans le livre de vie de l'Agneau depuis la fondation du monde" (vers. 8). La communion avec l'Agneau crucifié est le secret de leur intrépidité. Ils sont aussi identifiés comme ceux qui "gardent les commandements de Dieu" (Apoc. 14:12). La véritable observation du Décalogue est une expérience d'AGAPE, car il est l'accomplissement de la loi" (Rom. 13:10).
3. Jean ajoute une idée sur la façon dont l'amour triomphe de la peur. "Tel Il est, tels nous sommes aussi dans ce monde; c'est en cela que l'amour est parfait en nous, afin que nous ayons de l'assurance au jour du jugement" (Jn 4:17). Sans cet amour, on ne peut que reculer terrifié devant cet ultime jugement. Avec cet amour, il entre sans peur en la présence de Dieu et de ses saints anges, absolument sans honte et sans frayeur. Nous sommes comme les Marines qui ont lutté côte à côté dans les batailles les plus violentes et les plus dangereuses, méprisant leurs périls.
Notre participation, par la foi, avec Christ dans son oeuvre finale a déraciné la peur de nos
âmes, parce que la motivation égocentrique a disparu. Ainsi, il ne reste rien dans l'âme que la
présence du jugement puisse condamner. "Pour ce qui me concerne, loin de moi la pensée de
me glorifier d'autre chose que de la croix de notre Seigneur Jésus-Christ, par qui le monde est
crucifié pour moi, comme je le suis pour le monde" (Gal. 6:14). La bonne nouvelle de la croix
sera une joie sans fin.
Chapitre 5
Dieu continue d'essayer de nous sauver
Si Dieu tente de nous sauver puis abandonne, lorsqu'Il voit combien nous sommes difficiles, c'est une mauvaise nouvelle. S'il a rendu le chemin vers le ciel difficile et le chemin vers la perdition facile, c'est aussi une mauvaise nouvelle.
Que pensez-vous de Dieu? Posez-vous la question: "Est-il aisé d'être perdu et dur d'être sauvé?" Si vous pensez cela, il est possible que votre idée de Dieu soit malheureusement comme celle de l'homme qui avait un seul talent et l'enterra. A la fin, quand Dieu l'interrogea, il répondit : "Seigneur, je savais que tu es un homme dur, qui moissonnes où tu n'as pas semé, et qui amasses où tu n'as pas vanné; j'ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre" (Mat. 25:24-25).
Aujourd'hui, beaucoup de gens craignent Dieu et Le voient comme un "homme" très "dur" qui rend difficile pour nous d'être sauvés et facile d'être perdus. Si cela est vrai, alors Dieu demeure indifférent quand la vaste majorité des habitants de la terre est destinée à être éternellement perdue, sans être avertie. Il ouvre le chemin de la perdition, comme une large avenue, pour nous faire tomber facilement dans la ruine éternelle. D'autre part, ll cache le chemin du ciel si habilement, avec toutes sortes d'obstacles diaboliques, pour égarer le plus de gens possible. Et Dieu se contente de voir les foules descendre sur la voie glissante de la perdition, tandis que seulement une poignée de gens ont ce qu'il faut pour avancer dans ce labyrinthe et arriver enfin au ciel. Et cela serait supposé être la "bonne nouvelle"?
L'état naturel de l'homme, sauf un miracle marquant, est "l'inimitié contre Dieu" (Rom. 8:7). Quiconque pense qu'il n'a jamais eu ce problème est mal renseigné, car "nous tous aussi, nous étions de leur nombre, et nous vivions autrefois selon les convoitises de notre chair, accomplissant les volontés de la chair et de nos pensées, et nous étions par nature des enfants de colère, comme les autres" (Eph. 2:3). Une bonne façon de commencer, et de chasser cette colère intime hors de notre coeur, est de découvrir la vérité qu'il est vraiment dur d'être perdu et facile d'être sauvé. Dieu a un caractère beaucoup plus aimable que nous ne sommes enclins à le supposer, et Sa bonne nouvelle est bien meilleure que nous ne le pensons.
Jésus répond clairement à nos questions. Cependant, des foules, qui disent croire à la Bible, refusent l'une de Ses plus simples paroles : "Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de coeur; et vous trouverez le repos pour vos âmes. Car mon joug est doux, et mon fardeau léger" (Mat. 11:28-30). La nature humaine semble déterminée à croire que son joug est lourd. Beaucoup pensent qu'être un vrai chrétien est une entreprise affreusement difficile, un exploit héroïque que seulement quelques personnes peuvent espérer réaliser. Naturellement, une telle idée décourage des foules qui voudraient suivre Jésus.
Voyons la conversion de Paul sur le chemin de Damas. Celui-ci connu sous le nom de Saul, était vraiment acharné avec rage contre les disciples de Jésus, déterminé à lutter contre cette foi jusqu'à ses dernières forces. Il avait de l'argent, une autorité officielle, une opinion publique et une influence ecclésiastique en sa faveur. Pensait-il que ce chemin était "facile"? Peut-être en apparence. Nous pouvons présumer qu'il était sur un toboggan conduisant à la perdition. En effet, le même Jésus, qui nous dit que Son "joug est facile", dit à Saul que le chemin qu'il suivait actuellement était "dur".
Voici comment Paul décrit son expérience : "Je me rendis à Damas, avec l'autorisation et la permission des principaux sacrificateurs. Vers le milieu du jour, à roi (le roi Aggripa), je vis en chemin resplendir autour de moi et de mes compagnons, une lumière venant du ciel dont l'éclat surpassait celui du soleil. Nous tombâmes tous par terre, et j'entendis une voix qui me disait en langue hébraïque: "Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu? Il te serait dur de regimber contre les aiguillons. Je répondis : Qui es-tu, Seigneur? Et le Seigneur dit: Je suis Jésus que tu persécutes" (Act. 26:12-15).
L'amour persévérant de Dieu
Le fait est que Dieu aimait vraiment Saul. Le pauvre homme était acharné, mais des obstacles furent placés sur la route supposée allant à la perdition, non pas celle du ciel! Saul rencontra toutes sortes de difficultés intimes qui rendaient sa route "difficile". Le Saint-Esprit l'aimait tellement que, sans cesse, Il lui inspirait la conviction du péché. Jour et nuit, Paul sentait "l'aiguillon" : " Ce que tu fais est mauvais, Saul. Arrête! Fais demi-tour! Ton avenir est en danger!"
Le Saint-Esprit ne permit pas à Saul de glisser vers la perdition sans en être empêché. Pour continuer sa lutte folle contre Christ, Saul aurait eu à réprimer toutes ces convictions et incitations du Saint-Esprit. Le Seigneur aimait tellement Saul, qu'Il fit que ce soit "dur" pour lui de se détruire.
Quand Saul devint l'apôtre Paul, il n'oublia jamais la leçon. II avait découvert la "bonne nouvelle". Et le Seigneur ne nous aime pas moins que cet homme rebelle autrefois. Christ est la "véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme" (Jn 1:9). Le Saint-Esprit ne limite pas cette bonne oeuvre à seulement une poignée de favorisés, mais "il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement" (Jn 1:8). "Cela est bon et agréable devant Dieu notre Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité" (1 Tim. 2:3- 4).
Comme un exemple de la "bonne nouvelle" irrépréhensible de Paul, considérons un de ses passages qui est habituellement mal interprété pour dire le contraire de ce que Paul voulait exprimer : "Car la chair a des désirs contraires à ceux de l'Esprit, et l'Esprit en a de contraires à ceux de la chair ; ils sont opposés entre eux, afin que vous ne fassiez point ce que vous voudriez" (Gal. 5:17).
Il y a deux façons de comprendre cela :
(1) Le mal que la chair nous pousse à faire est si fort que même le Saint-Esprit est incapable de nous aider et nous "ne pouvons simplement pas faire les (bonnes) choses que... nous voudrions faire", ou
(2) le bien que le Saint-Esprit incite
le croyant à faire devient une motivation si puissante que la chair perd son contrôle tyrannique
sur lui, et le Saint-Esprit empêche le croyant en Christ de "faire" les choses mauvaises qu'il
"serait" autrement "programmé" de faire.
La première explication est une mauvaise nouvelle. Tant que l'on a à vivre dans la "chair", on
est condamné à la défaite continuelle. C'est ce que beaucoup se sentent forcés de croire. Leur
expérience semble renforcer constamment cette idée, car ils voient la "chair" toute puissante.
L'amour illicite, la sensualité, le tabagisme, l'alcoolisme, la drogue et le matérialisme
repoussent l'Esprit ; et la tentation les fait s'effondrer à maintes reprises. L'amour du Seigneur
se manifeste certainement en leur faveur. Il sait combien de fois, ils ont mouillé leurs oreillers
de larmes en revoyant leurs manquements de la journée.
D'autre part, la deuxième explication apparaît comme la meilleure bonne nouvelle que nous puissions imaginer. Le Saint-Esprit agit actuellement "contre la chair". Tandis que nous pouvons avoir l'impression que des obstacles gênent notre chemin vers le ciel, le rendant aussi difficile que possible, la réalité est qu'Il dresse des obstacles sur la route nous conduisant à la perdition. Il est plus fort que la "chair". A chaque instant, chaque jour, il manifeste Son influence "contre la chair", contre ces incitations de notre nature pécheresse, et, avec notre consentement, les fait toutes échouer complètement. Il passe autant de temps avec chaque personne, dans ce combat constant contre le mal, que si cette personne était la seule sur la terre.
Laquelle de ces deux explications est correcte?
Selon le contexte, la Bible dit sans hésitation "la bonne nouvelle numéro un", car elle seule s'harmonise avec l'affirmation de Jésus : Mon Joug est "facile". C'est parce que Jésus sait que la puissance du Saint-Esprit soulève le lourd poids et Il nous assure que Son fardeau est léger.
Mais, ne soyons pas dupés en pensant qu'après la conversion, notre nature de péché ne nous incitera plus jamais à faire le mal. On n'a pas "la chair sainte" aussi longtemps que nous sommes dans ce monde de péché. Une personne, véritablement convertie, est toujours tentée et peut-être même plus qu'avant. Jésus Lui-même "a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché" (Héb. 4:15), et y a-t-il quelqu'un de meilleur que Lui? Celui qui suit Christ a la même chair de péché qu'Il a toujours eu, mais il n'est plus un esclave pour "accomplir les désirs de la chair" (Gal. 5:16). Il est maintenant "conduit par l'Esprit" (vers. 18) dans une nouvelle "liberté" (vers. 1).
Nous avons, à nos côtés, Celui qui est plus qu'un Sauveur en titre seulement : "Car - chose impossible à la loi, parce que la chair la rendait sans force, - Dieu a condamné le péché dans la chair, en envoyant, à cause du péché, son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché, et cela afin que la justice de la loi soit accomplie en nous, qui marchons, non selon la chair, mais selon l'Esprit" (Rom. 8:3-4).
Nous pouvons nous dire : "Comment n'ai-je pas su cela avant? J'ai perdu des années sans comprendre!" Un ennemi a établi un plan pour obscurcir le pur et vrai Evangile, et l'a déformé en mauvaise nouvelle.
Si l'on commence un peu à voir Dieu présent à nos côtés, comme on ne l'a jamais imaginé, soyons heureux de cette révélation.
Presque tout le monde, de nos jours, a le sentiment que la Télévision est plus puissante que les réunions de prière le leurre du monde a plus d'attrait que le service de Dieu. Comme un faible message lointain, pourtant émis par une station de radio proche et puissante, le Saint-Esprit semble à peine capable de se faire entendre, comparé à l'attrait du monde. Mais Paul dit Non: "Or, la loi est intervenue pour que l'offense abonde, mais là où le péché a abondé, la grâce a surabondé, afin que, comme le péché a régné avec la mort, ainsi la grâce règne par la justice pour la vie éternelle, par Jésus-Christ notre Seigneur" (Rom. 5: 20-21).
Avant que nous ne comprenions l'Évangile, Paul dit: "Le péché a régné" en roi, repoussant la puissance de la grâce comme Saul regimbant contre "l'aiguillon". Mais quand nous comprenons l'Évangile, la grâce règne en reine et repousse la puissance du péché. Cela doit être vrai car, s'il n'y a pas plus de puissance dans la grâce que dans la tentation, jean aurait tort quand il dit : "Car tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde; et la victoire qui triomphe du monde, c'est notre foi" (1 Jn 5:4). Et alors, l'Évangile ne pourrait pas être la bonne nouvelle.
Rappelons-nous que le combat n'est jamais le même, mais la grâce abonde "beaucoup plus", (surabonde). Il est littéralement vrai que "si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles" (2 Cor. 5:17). Nous avons un nouveau Père, de sorte que la puissance agissant en nous pour le bien est plus forte que nos tendances à faire le mal, d'autant plus que notre Père Céleste est plus grand que nos parents terrestres.
Une découverte formidable
La merveilleuse vérité de la Bible est que Dieu prend l'initiative de nous sauver. II ne se tient pas en arrière, comme beaucoup le pensent. Ses armes divines ne se retirent pas, d'une manière désintéressée, pendant que nous nous vautrons dans notre misère. ll n'est pas en train de se dire : "Eh bien, j'ai fait ma part, il y a longtemps, c'est votre tour maintenant. Vous devez en prendre l'initiative. Si vous voulez être sauvés, venez et travaillez ardemment pour cela. Si cela vous semble dur; c'est que vous n'avez tout simplement pas ce qu'il faut pour obtenir le ciel."
Non. Mille fois non! Mais beaucoup ont cette opinion au sujet de Dieu. Et certains timides et craintifs pensent: Dieu a beaucoup de braves personnes prêtes à prendre ma place. Il n'a pas besoin de moi et je ne suis même pas réellement sûr qu'Il veuille de moi.
Au contraire, Paul veut que nous voyions la divine initiative à l'oeuvre en notre faveur : "... méprises-tu les richesses de sa bonté, de sa patience et de sa longanimité, ne reconnaissant pas que la bonté de Dieu te pousse à la repentance?" (Rom. 2:4).
La version moderne dit : "Il tente de vous conduire à la repentance". La bonté de Dieu vous prend actuellement par la main, pour cela, aussi sûrement que le pompier essaye de sortir une victime d'un immeuble en feu. Si vous ne Lui résistez pas obstinément, vous serez conduit vers le ciel tout au long du chemin.
Parfois, nous prions douloureusement pour un ami égaré, persuadé que nous devons supplier le Seigneur de se réveiller et de faire quelque chose. Nous semblons croire qu'Il est de mauvaise volonté jusqu'à ce que nous touchions Sa pitié, d'une manière ou d'une autre. Mais la bonté de Dieu agit déjà, conduisant l'être aimé à la repentance. La difficulté est que, souvent, nous contrecarrons ce qu'Il tente de faire car nous n'avons pas compris la bonté, la miséricorde et la patience du Seigneur dans leurs véritables dimensions. Nous entassons des pierres d'achoppement sur le chemin vers le ciel de la personne que nous aimons. Nous ne réalisons pas combien notre égoïsme et nos contradictions empêchent les autres d'accéder à Dieu ou obscurcissent leurs concepts de Son caractère qui doit se révéler en nous.
En réalité, tout le monde ne se repent pas. Pourquoi? Certains "méprisent" cette bonté de Dieu. Ils repoussent cette aide d'une manière obstinée. Aussi, en 1892, un écrivain inspiré a compris cette formidable révélation et l'a très bien exprimée dans un petit livre qui a été imprimé en 101 langues
"Le pécheur peut résister à cet amour, refuser d'être attiré à Christ; mais s'il ne résiste pas, il sera attiré à jésus. La connaissance du plan du salut le conduira au pied de la croix dans la repentance pour ses péchés." (Ellen G. White, Le meilleur Chemin, p. 25).
C'est une idée révolutionnaire pour beaucoup de gens qui ont supposé qu'ils devaient prendre
l'initiative et faire quelque chose s'ils voulaient être sauvés. Pour eux, cette idée semble mettre
la charrue avant les boeufs - si l'on arrête de résister, on sera sauvé! Mais aussi révolutionnaire
qu'elle soit, c'est la "bonne nouvelle" de l'Évangile, car elle présuppose l'amour actif et
persistant de Dieu. Cela nous transporte dans de magnifiques pensées comme celle-ci de Paul:
"Or, aussi longtemps que l'héritier est enfant, je dis qu'il ne diffère en rien d'un esclave,
quoiqu'il soit le maître de tout; mais il est sous des tuteurs et des administrateurs jusqu'au
temps marqué par le père. Nous aussi, de la même manière, lorsque nous étions enfants, nous
étions sous l'esclavage des principes élémentaires du monde ; mais, lorsque les temps ont été
accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d'une femme, né sous la loi afin qu'il rachète ceux qui
étaient sous la loi, afin que nous recevions l'adoption" (Gal.
4:1-5).
Cette idée incroyable fait apparaître la réalité du vrai caractère d'amour de Dieu. Il considère
tous les hommes comme des héritiers potentiels de Son "royaume", niais "avant que cette foi vienne" à nous
individuellement, dans notre expérience de la compréhension, nous sommes comme l'enfant du
propriétaire millionnaire commandé par de simples esclaves. Nous devenons majeurs quand
nous saisissons la vérité par la foi. Jusque là, nous restons "prisonniers" et la loi est un
"pédagogue" qui nous amène vers le Sauveur. Et ce que l'on n'apprend pas aisément par la foi,
par Sa grâce, on l'apprend plus durement par la discipline. Toutes ces attentions d'amour infini
sont prodiguées en notre faveur, individuellement, afin de nous conduire à Christ pour pouvoir
"être justifiés par la foi"!
Dieu a un "grand cercle"
ll est si facile pour nous, humains naïfs, de concevoir le Seigneur en train de tracer un cercle et d'en exclure les mauvaises personnes. Mais ceci n'est pas vrai. Il trace un grand cercle pour les y inclure - du moins, jusqu'à ce qu'elles Le rejettent par une interminable résistance. Le Seigneur considère les perdus, non comme des loups à tuer le plus tôt possible, mais comme des brebis égarées et des héritiers potentiels de Son domaine. Sa grâce persiste en se frayant un "chemin" pour les atteindre. Quel dommage que tant de personnes, dans l'église, ne comprennent pas ce concept et, par conséquent, traitent les gens "non sauvés" comme s'ils étaient des loups! L'église a à peine commencé a aimer comme Dieu aime!
Etre "justifié par la foi" est quelque chose de si merveilleux que notre esprit commence tout juste à le réaliser. Cela devrait nous donner envie de monter sur les toits et d'annoncer la bonne nouvelle à tout le monde. La mort de Christ sur la croix est pour tout pécheur, un sacrifice pour son salut. Dieu n'est aigri contre personne. Et ce "don" est "hors de toute proportion" avec le péché, qui est "largement surpassé par la grâce de Dieu" (Rom. 5:15). Ainsi, il n'y a pas de raison pour que "tous les hommes" ne soient pas sauvés sauf s'ils refusent la grâce de Christ et rejettent le "don" du salut avec mépris.
Dans sa même lettre, Paul va plus loin et dit que "Dieu a donné à tout homme la mesure de la foi" (Rom. 12:3). Ainsi,
(a) Dieu a apporté la justification pour "tous les hommes" par le sacrifice de Son fils, et
(b) Il a donné "à tout homme la mesure de foi" pour s'approprier cette justification. Est-ce que chacun a dit "oui" et a exercé cette foi donnée pour lui?
Qu'est-ce que Dieu aurait pu faire de plus?
La conclusion est que si quelqu'un est finalement perdu, ce sera à cause de son rejet persistant de ce que Dieu a déjà fait pour le sauver. Et si quelqu'un est sauvé, ce sera parce qu'il a cessé de résister à l'initiative de Dieu pour le sauver!
C.S. Lewis exprime cette idée dans son livre "Le Grand Divorce". Il présente cela comme une parabole, imaginant la Cité Céleste comme une simple voie de bus conduisant loin de l'enfer, et tous en enfer souhaitant dire qu'ils y sont les bienvenus. Mais, quand ils viennent en visite, ils ne peuvent rester en place. Même les brins d'herbe leur coupent les pieds comme des couteaux! Il veulent reprendre le bus pour l'enfer aussi vite que possible. Les perdus se ferment les portes du ciel. Ce n'est pas par un décret arbitraire de Dieu, mais par leur propre volonté de ne pas y être heureux, qu'ils aboutissent hors de la Cité céleste.
Finalement, donc, si quelqu'un est sauvé ou perdu, cela dépend de son choix, de la réponse
qu'il choisit de donner à ce que Dieu a déjà fait. A la lumière de l'amour de Dieu, révélé à la
croix, même le choix d'être sauvé devient "facile". Oui, si l'on ignore la croix de Christ, on doit
admettre qu'il devient affreusement dur de Le suivre. La source des motivations tarit et la
tentation du mal devient un attrait irrésistible. Le Sauveur devient "un rejeton qui sort d'une
terre desséchée", et Son Evangile ne contient "ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards, et son aspect n'a rien pour nous
plaire" (Es. 53:2).
Mais si nous voyons la grâce sans mélange de Christ, le choix de porter la croix avec Lui
devient facile. L'amour de Christ pousse celui qui attache du prix à ce qu'Il a fait et qui choisit
d'y répondre.
Quel rôle avons-nous à jouer?
On peut se demander, Jésus n'a-t-Il pas dit : "Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite?" (Luc 13:24). "N'avons-nous pas à résister jusqu'au sang en luttant contre le péché?" (Héb. 12:4). Oui, nous sommes en conflits incessants avec la tentation. Nous sommes des soldats dans une bataille. Mais, nous n'avons jamais à lutter seuls. Nous sommes unis à Christ sous un joug - ll le tire et notre tâche est de coopérer avec Lui, et de cesser de résister. "Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ" (Phil. 2:5). Notre rôle est extrêmement important, car Dieu ne forcera jamais une personne à être sauvée contre son gré.
Notre part, dans le processus du salut, est soigneusement mise en avant de la manière suivante : "Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ" (Phil. 2:5). "Et que la paix de Christ, à laquelle vous avez été appelés pour former un seul corps, règne dans vos coeurs. Et soyez reconnaissants. Que la parole de Christ demeure en vous dans toute sa richesse; instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse, par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels, chantant à Dieu dans vos coeurs en vertu de la grâce" (Col. 3: 15-16). C'est comme si Dieu nous prenait par la main et nous tirait, en disant
"Allons au ciel!" Ne Lui résistons pas, ne fuyons pas.
C'est une joie pour un élève d'avoir un bon professeur qui rend les devoirs faciles. Notre Sauveur est aussi notre professeur : "Car la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, a été manifestée. Elle nous enseigne à renoncer à l'impiété et aux convoitises mondaines, et à vivre dans le siècle présent selon la sagesse, la justice et la piété, en attendant la bienheureuse espérance, et la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur jésus-Christ. Il s'est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité, et de se faire un peuple qui lui appartienne, purifié par Lui et zélé pour les bonnes oeuvres" (Tite 2:11-14).
Ce mot "non" peut sembler être le mot le plus dur que nous n'ayons jamais prononcé, mais, même ici, Dieu ne nous abandonne pas pour nous laisser aller tout seul en trébuchant. "La grâce de Dieu" nous enseignera comment dire "non" comme il faut! Pouvez-vous imaginer une meilleure nouvelle que celle-ci? Le secret que nous devons apprendre est de se rappeler comment Christ "s'est donné sur la croix pour nous afin de nous racheter!"
Notons aussi qu"'Il s'est donné Lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité, et de se faire un peuple qui lui appartienne, purifié par Lui et zélé pour les bonnes oeuvres" (Tite 2:14). "Car c'est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire selon son bon plaisir" (Phil. 2:13). Laissons-Le faire!
Notre propre effort est, bien sûr, inutile sans la grâce de Christ. Mais, si nous ne perdons pas de vue qu'Il est avec nous, notre rôle est toujours facile.
Est-ce que Sa part fut facile pour Lui à Gethsémané ou sur Sa croix? Non, Sa lutte intérieure, dans le jardin et sur la croix, fut si dure et si violente qu'Il transpira des gouttes de sang. Et même Son coeur se rompit dans Son agonie finale. Cela veut-il dire qu'Il nous a menti en déclarant: "Mon fardeau est léger?"
Non. Le fardeau dont Il parle dans Matthieu 11:30, est simplement celui que nous portons; le Sien fut infiniment lourd. La foi, qui agit par l'amour, (voir Gal. 5:6) rend notre fardeau léger pour nous à porter, car nous attachons du prix au poids qu'il fut pour Lui.
Donc, la seule chose difficile, afin de le suivre, est le choix de renoncer à notre moi pour être "crucifié avec Christ" (Gal. 2:20). Cependant, nous ne sommes jamais appelés à êtres crucifiés seuls - mais seulement avec Lui. Il est infiniment plus facile, pour nous, d'être crucifiés avec Christ, qu'il ne le fut, pour Lui, d'être crucifié seul pour nous.
Même si cela semble toujours douloureux, n'oublions jamais qu'il demeure beaucoup plus dur
de continuer à lutter contre un amour comme celui-là et à repousser le Saint-Esprit qui nous
conduit, d'une façon persistante, pour finalement être malheureusement perdu.
Chapitre 6
Vous êtes prédestinés à être sauvés
Il y a des gens qui, actuellement, croient sérieusement que Dieu prédestine certains à être sauvés et d'autres à être perdus, sans tenir compte de ce qu'ils souhaitent réellement. Cela est décourageant pour eux; ils trouvent difficile de croire que Dieu les choisirait pour faire partie des quelques élus. Celui qui pense faire partie des malchanceux va faire l'une de ces deux choses : vivre dans le désespoir ou s'abandonner à une vie de débauche.
Si une telle doctrine de prédestination était vraie, on peut difficilement imaginer une plus mauvaise nouvelle que celle de subir un rejet irrévocable de la part de Dieu. Pour comble de malheur, ceux qui ont cru en une telle prédestination croient habituellement que les perdus malchanceux vont rôtir et grésiller consciemment dans de terribles flammes, pour toute l'éternité, se tordant et hurlant dans l'horreur. Tout cela pendant que le Dieu vengeur, qui les a envoyés là, les regarde en inclinant la tête en signe d'approbation.
La Bible dépeint un portrait de Dieu infiniment plus beau que celui-là. La Bible nous instruit sur la prédestination et, quand nous l'examinons, nous découvrons que c'est complètement différent de ce que certaines personnes supposent. Dieu a prédestiné tout le monde à être sauvé. Et le seul chemin par lequel quelqu'un peut être perdu, c'est de s'opposer à ce que Dieu a déjà établi en sa faveur. En d'autres termes : détruire le salut que le Seigneur a déjà accompli pour lui.
Voyons ce que la Bible dit à ce sujet: "Cela est bon et agréable devant Dieu notre Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité" (1 Tim. 2:3-4). Mais, Dieu fait plus que de simplement vouloir que tous soient sauvés. Il fait quelque chose pour provoquer cela. Jésus dit que, grâce à la croix, ll atteindrait et toucherait "tous les hommes". "Et moi, quand j'aurai été élevé de la terre, j'attirerai tous les hommes à moi. - En parlant ainsi, ll indiquait de quelle mort ll devait mourir" (Jn 12:32-33). II est "la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme" (Jn 1:9). Dieu tire ou pousse les hommes gentiment, car ll ne veut forcer personne contre sa volonté ; mais Il est ferme et obstiné. Je suis sûr qu'il n'y a aucun être humain moral et responsable, n'importe où dans le monde, pouvant lire ou entendre ces mots, et qui n'a pu être éclairé par cette Lumière et sentir sa puissance d'attraction.
"Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ! En lui Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irréprochables devant lui; Il nous a prédestinés dans son amour à être ses enfants d'adoption par Jésus-Christ, selon le bon plaisir de sa volonté". "En lui nous sommes aussi devenus héritiers, ayant été prédestinés suivant le plan de Celui qui opère toutes choses d'après le conseil de sa volonté" (Eph. 1: 3-5, 11). Paul n'indique pas que quelqu'un est exclu ou prédestiné à être perdu. Il veut dire que tous les êtres humains sont choisis par Dieu s'ils accueillent la bonne nouvelle.
Dieu voit les choses avant qu'elles n'arrivent, et ll connaît les gens avant leur naissance. Quand Jérémie arriva à comprendre combien Dieu l'aimait, le Seigneur lui dit: "Avant que je ne t'aie formé dans le ventre de ta mère, je te connaissais, et avant que tu ne sois sorti de son sein, je t'avais consacré, je t'avais établi prophète des nations" (Jér. 1:5).
De la même façon, Dieu a "fixé" que chacun soit sauvé et Son Saint-Esprit agit pour amener "tous les hommes... à la connaissance de la vérité" (1 Tim. 2:4). Cela ne signifie pas que tout le monde sera finalement sauvé. C'est triste à dire ; beaucoup seront perdus, mais ce ne sera pas la faute de Dieu, ni parce qu'Il les rejette.
La bonne nouvelle s'exprime puissamment en ces mots: "Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein. Car ceux qu'Il a connus d'avance, Il les a aussi prédestinés à être semblables à l'image de son Fils, afin que son Fils soit le premier-né de beaucoup de frères. Et ceux qu'Il a prédestinés, Il les a aussi appelés ; et ceux qu'Il a appelés, Il les a aussi justifiés; et ceux qu'il a justifiés, Il les a aussi glorifiés." Que dirons-nous donc à l'égard de ces choses? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous? Lui qui n'a point épargné son propre Fils, mais qui l'a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui?"
Qui accusera les élus de Dieu? C'est Dieu qui justifie! Qui les condamnera? Christ est mort; bien plus, Il est ressuscité, ll est à la droite de Dieu, et ll intercède pour nous! Qui nous séparera de l'amour de Christ? Sera-ce la tribulation, ou l'angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, ou le péril, ou l'épée? Selon qu'il est écrit: C'est à cause de toi qu'on nous met à mort tout le jour, qu'on nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie.
Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par Celui qui nous a aimés. Car j'ai l'assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur" (Rom. 8:28-39).
Y a-t-il ici un secret, écrit en petits caractères, qui exclut les malchanceux à l'égard de cette bonne nouvelle? Non. Paul suppose simplement que le lecteur, comme lui, réponde à cet amour merveilleux de Dieu. Si nous ne résistons pas, nous faisons partie de la famille. L'heureuse nouvelle est que ceux qui répondent et acceptent sont "prédestinés" à être changés en personnes absolument magnifiques, "conformes à la similitude de son Fils!" La prédestination est progressive.
Les Ecritures ne disent-elles pas quelque chose au sujet de Dieu jouant un mauvais tour à Pharaon, et endurcissant son pauvre coeur de roi, afin qu'il ne puisse pas se repentir? Dans Exode 4:21, nous lisons que le Seigneur dit à Moïse:
"En partant pour retourner en Egypte, vois tous les prodiges que je mets en ta main : tu les feras devant Pharaon. Et moi, j'endurcirai son coeur, et il ne laissera point aller le peuple." Il y a neuf autres textes similaires où le Seigneur devait endurcir le coeur du roi ou le rendre rebelle. A première vue, cela semble donner une mauvaise opinion contre le Seigneur.. Mais, il y a aussi dix textes qui disent que Pharaon endurcit son propre coeur. Par exemple :
"Et les magiciens dirent à Pharaon : C'est le doigt de Dieu! Le coeur de Pharaon s'endurcit, et il n'écouta point Moïse et Aaron, selon ce que l'Éternel avait dit" (Exode 8:15). Même les païens, plusieurs années plus tard, admettent que "les Egyptiens et Pharaon ont endurci leur coeur" (1 Sam. 6:6). Quand Dieu dit: "J'endurcirai son coeur", Il voulait dire qu'Il en retirerait la douce influence de Son Saint-Esprit et qu'Il laisserait le roi satisfaire ses sentiments de rébellion qu'il avait choisis, autant qu'il le désirerait. Dieu dirigea Son "projecteur" sur Pharaon pour nous montrer à tous l'affreuse réalité de ce que l'on peut devenir si l'on résiste au Saint-Esprit. C'est comme une terre desséchée sous un soleil éclatant. La seule maniè