LA VOIE CONSACRÉE

  A. T. Jones     

(catalogue)

Chapitres: 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17.

Introduction.

Dans la révélation de Christ le Sauveur, il nous est dit qu’Il doit apparaître dans les trois fonctions différentes de : prophète, prêtre et roi.

A l'époque de Moïse, il fut écrit de Christ prophète: « Je leur susciterai du milieu de leurs frères un prophète comme toi, je mettrai mes paroles dans sa bouche, et il leur dira tout ce que je lui commanderai. Et si quelqu’un n’écoute pas mes paroles qu’il dira en mon nom, c’est moi qui lui en demanderai compte. » (Deutéronome 18 : 18-19). Cette même pensée se retrouve dans toutes les Écritures, jusqu’à sa venue.

En tant que prêtre, il fut écrit de Lui, aux jours de David : « L’Éternel l’a juré, et il ne s’en repentira point : Tu es sacrificateur pour toujours, à la manière de Melchisédek. » (Psaume 110 : 4). Cette même pensée se retrouve aussi dans toutes les Écritures, non seulement jusqu’à Sa venue mais après celle-ci.

Et de Christ roi, il fut écrit, au temps de David : « C’est moi qui ai oint mon Roi sur Sion, ma montagne sainte ! » (Psaume 2 :6). Et cette notion se perpétue aussi dans les Écritures, avant et après Sa venue, et jusqu’à la fin du saint Livre.

Ainsi, les Écritures présentent clairement Christ dans sa triple fonction de : prophète, prêtre et roi.

Cette triple vérité est généralement reconnue par tous ceux qui sont familiarisés avec les Écritures, mais en relation avec elle, il y a une vérité qui n'est pas aussi bien connue : c’est que Christ n’exerce pas ses trois fonctions en même temps ; ces trois fonctions sont successives. Il fut d’abord prophète, puis prêtre et enfin roi.

Il fut « prophète » quand il vint dans le monde, en tant que Maître envoyé par Dieu, « la Parole faite chair et habitant parmi nous, pleine de grâce et de vérité » (Actes 3 : 19-23). Mais à ce moment-là, il n’était pas prêtre et ne le serait jamais devenu s’il était resté sur la terre, vu qu’il est écrit : « S’il était sur la terre, il ne serait pas même sacrificateur » (Hébreux 8 : 4). Mais ayant achevé son oeuvre prophétique sur la terre, et étant monté au ciel, à la droite du trône de Dieu, il est là maintenant, pour toujours notre grand prêtre, lequel « étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur [pour nous] », et nous lisons: « Il bâtira le temple de l’Éternel ; il portera les insignes de la majesté ; il s’assiéra et dominera sur son trône, il sera sacrificateur sur son trône, et une parfaite union régnera entre l’un et l’autre. » (Zacharie 6 : 12, 13).

De la même façon qu’il ne fut pas prêtre quand il était prophète sur terre, ainsi, maintenant, il n’est pas roi et prêtre en même temps. Il est vrai qu’il règne, dans le sens et par le fait qu’il est assis sur le trône de son Père, étant ainsi prêtre royal et roi prêtre selon l’ordre de Melchisédek qui, quoique prêtre du Dieu Très-Haut, fut aussi roi de Salem, c’est-à-dire roi de paix (Hébreux 7 : 1, 2). Mais ici, il n’est pas question de fonction royale et de trône tels que les considèrent la prophétie et la promesse, quand elles font mention de sa fonction particulière de roi.

La fonction spécifique de roi à laquelle la promesse et la prophétie se réfèrent, est qu’il régnera « sur le trône de David, son Père », perpétuant le royaume de Dieu sur terre. Cette fonction royale est la restauration de la perpétuité du diadème, de la couronne et du trône de David, en Christ. Le diadème, la couronne et le trône de David furent interrompus quand, à cause de la profanation et de la méchanceté du roi et du peuple de Juda et d’Israël, ils furent emmenés en captivité à Babylone, moment où il fut écrit : « Et toi, profane, méchant, prince d’Israël, dont le jour arrive au temps où l’iniquité sera à son terme ! ainsi parle le Seigneur, l’Éternel : La tiare sera ôtée, le diadème sera enlevé. Les choses vont changer. Ce qui est abaissé sera élevé, et ce qui est élevé sera abaissé. » (Ezéchiel 21 : 30-31). « J’en ferai une ruine, une ruine, une ruine. Mais cela n’aura lieu qu’à la venue de celui à qui appartient le jugement et à qui je le remettrai. » (Ezéchiel 21 : 32).

Ainsi donc, et à ce moment-là, le trône, le diadème, la couronne et le royaume de David étaient intermittents « jusqu’à la venue de celui à qui appartient le jugement et à qui je le remettrai. » Et celui à qui appartient le jugement n’est autre que le Christ, le « Fils de David ». Et cette « venue » n’est pas sa première venue, dans son humiliation, comme « homme de douleur et habitué à la souffrance », mais sa seconde venue lorsqu’il viendra dans sa gloire comme « Roi des rois et Seigneur des seigneurs », quand son royaume brisera et consumera tous les royaumes terrestres, occupera la terre dans sa totalité et durera pour toujours.

Il est vrai que lorsque le bébé de Bethléhem naquit dans le monde, il naquit comme Roi et le fut toujours, en toute justice. Mais il est également vrai que cette fonction royale –avec le diadème, la couronne et le trône de la prophétie et de la promesse- il ne l’a remplie, ni à ce moment-là, ni maintenant, et ne le fera qu’à son retour. Alors, il prendra lui-même le pouvoir sur cette terre et régnera pleinement et véritablement dans toute la splendeur de sa fonction royale et glorieuse. Car il est dit dans les Écritures qu’après « que les trônes furent placés », « les livres furent ouverts » et « quelqu’un semblable à un Fils de l’homme s’avança vers l’Ancien des jours ». Et là, il reçut la domination, la gloire et le royaume ; « et tous les peuples, les nations et les hommes de toutes les langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle qui ne passera point et Son règne ne sera jamais détruit. » (Daniel 7 : 13, 14). C’est alors qu’il possédera vraiment « le trône de David son Père. Il régnera sur la maison de Jacob éternellement et son règne n’aura point de fin. » (Luc 1 : 32-33).

Il est donc évident, par l’étude des Écritures, des promesses et des prophéties concernant ces trois fonctions de prophète, prêtre et roi, que ce sont des fonctions successives et que Christ n’en assuma pas même deux en même temps. Il fut premièrement prophète ; il est actuellement prêtre, et il sera roi à son retour. Il acheva son oeuvre de prophète avant de devenir prêtre, et il terminera cette oeuvre de prêtre avant de devenir roi.

Il doit recevoir toute notre considération pour ce qu’il fut, ce qu’il est et ce qu’il sera.

Ceci veut dire que lorsqu’il fut sur la terre comme prophète, le peuple devait le considérer comme tel en rapport avec cette période, et c’est ainsi que nous devons maintenant le considérer. A cette époque, le peuple ne pouvait pas le considérer comme prêtre ; nous ne devons pas non plus le faire en rapport avec ce temps-là ; car lorsqu’il était sur la terre, il n’était pas prêtre.

Mais quand cette période prit fin, il devint prêtre. C’est ce qu’il est maintenant. Et il est tout aussi sûrement prêtre actuellement, qu’il fut prophète alors qu’il était sur la terre. Et dans sa fonction et son oeuvre de prêtre, nous devons le considérer comme tel, aussi véritablement, consciencieusement et constamment qu’ils [ses contemporains] devaient et que nous aussi devons le regardé comme prophète tandis qu’il était sur la terre.

Et quand il reviendra dans sa gloire, dans la majesté de son royaume, sur le trône de son père David, alors nous le considérerons comme roi, ce qu’il sera vraiment. Nous ne pouvons pas encore le considérer véritablement dans sa fonction royale, tel qu’il sera. Nous ne pouvons le considérer que comme il est maintenant.

En tant que roi, nous ne pouvons aujourd’hui le contempler que comme celui qu’il deviendra. Dans sa fonction de prophète, nous pouvons le considérer tel qu’il a été. Mais dans son sacerdoce nous devons maintenant le considérer comme étant présentement en fonction. C’est sa seule fonction actuelle ; et c’est précisément dans cette fonction, et non dans une autre, que nous pouvons considérer son oeuvre et sa personne.

Non seulement ces trois fonctions de prophète, prêtre et roi sont successives, mais en plus, elles le sont dans un but précis et dans l’ordre qui a été donné. Sa fonction de prophète était préparatoire et essentielle à sa fonction de prêtre ; et ses fonctions de prophète et de prêtre sont, dans cet ordre, préparatoires à sa fonction de roi. Pour nous, il est essentiel que nous le considérions dans ses fonctions dans l’ordre donné.

Nous devons d’abord le considérer dans sa fonction de prophète, non seulement afin de pouvoir apprendre de celui qui a parlé comme jamais personne ne le fit, mais aussi parce que nous comprendrons mieux par la suite sa fonction de prêtre.

Et nous devons le considérer dans sa fonction de prêtre, non seulement pour que nous puissions recevoir le bénéfice infini de son sacerdoce, mais aussi afin d’être préparés pour ce que nous devons être. Car il est écrit :   « Ils seront sacrificateurs de Dieu et de Christ et ils régneront avec Lui pendant mille ans. » (Apocalypse 20 : 6).

L’ayant considéré dans sa fonction de prophète, préparatoire à celle de prêtre, nous le regardons comme prêtre afin d’être capables d’apprécier sa fonction de roi, afin que nous soyons et régnions avec Lui. Car il est écrit à notre sujet : « Mais les saints du Très-Haut recevront le royaume et ils le posséderont éternellement, d’éternité en éternité » et « ils régneront aux siècles des siècles » (Daniel 7 : 18 ; Apocalypse 22 : 5).

Sa fonction présente étant sacerdotale, et ceci ayant été sa fonction et son oeuvre depuis son ascension au ciel, l’étude de Christ dans son sacerdoce est l’étude primordiale pour tous les chrétiens, et elle devrait certainement l’être aussi pour tous les autres.

 

CHAPITRE 1

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UN TEL SOUVERAIN SACRIFICATEUR

« Le point capital de ce qui vient d’être dit, c’est que nous avons un tel souverain sacrificateur, qui est assis à la droite du trône de la majesté divine dans les cieux, comme ministre du sanctuaire et du véritable tabernacle, qui a été dressé par le Seigneur et non par un homme. » (Hébreux 8 : 1, 2).

Ceci est le « résumé » de l’évidence du grand sacerdoce de Christ présenté dans les sept premiers chapitres de l’épître aux Hébreux. Le « résumé » présenté ici n’est pas au sens propre du mot que nous avons un souverain sacrificateur, mais que nous avons « un tel souverain sacrificateur ». « Tel » signifie « un sacrificateur de ce genre », d’un genre éminent au plus haut degré –le même qui a été mentionné et spécifié précédemment, pas un autre ou un différent.

C’est-à-dire, que dans la partie qui précède –les sept premiers chapitres de l’épître aux Hébreux- certaines choses doivent avoir été spécifiées concernant Christ en tant que souverain sacrificateur, certaines qualifications qui lui permirent de remplir ce rôle, certains attributs dignes de lui en tant que tel et qui sont résumés dans ce texte : « Maintenant, après ce qui vient d’être dit, nous avons un tel souverain sacrificateur. »

Pour avoir une claire compréhension de ce passage, pour capter la vraie portée et l’implication d’avoir « un tel souverain sacrificateur » il est donc nécessaire d’examiner la partie précédente de l’épître. La totalité du septième chapitre est consacrée à l’examen de ce sacerdoce. Le sixième chapitre se termine avec la pensée de ce sacerdoce et le cinquième est consacré à la même chose. Le quatrième chapitre est la continuation du troisième, qui commence par l’exhortation : « Considérez l’apôtre et le souverain sacrificateur de la foi que nous professons, Jésus ». Et ceci est la conclusion de ce qui avait été dit précédemment. Le deuxième chapitre se termine avec l’idée que Christ : « fut un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle », ceci en conclusion de ce qui a déjà été présenté. Le premier et le deuxième chapitres traitent du même sujet.

Cette brève esquisse suffit à démontrer que la grande pensée globale des sept premiers chapitres de l’épître aux Hébreux, est le sacerdoce de Christ et que les vérités présentées, quelle que soit leur forme sont tout simplement des variations de cette grande vérité de son sacerdoce résumées dans ces mots : « Nous avons un tel souverain sacrificateur. »

En conséquence, pour découvrir la véritable importance et la signification de cette expression « un tel souverain sacrificateur », il est nécessaire de commencer depuis le début, par les premiers mots du livre aux Hébreux, et en maintenant l’idée d’un bout à l’autre que le fil conducteur présenté ici, c’est « un tel souverain sacrificateur » ; tout ce qui est dit, est énoncé dans le seul grand but de montrer à tout homme que « nous avons un tel souverain sacrificateur ». Pour si riches et si complètes que soient les vérités en elles-mêmes, concernant Christ, contenues dans ces chapitres successifs, il faut constamment garder en mémoire qu’elles sont toutes exprimées dans le seul but de faire ressortir que « nous avons un tel souverain sacrificateur ». En étudiant ces vérités telles qu’elles sont présentées dans l’épître, n’oublions pas qu’elles sont subordonnées et tributaires de la grande vérité centrale qui en est aussi le résumé : « nous avons un tel souverain sacrificateur ».

Dans Hébreux deux, en conclusion des arguments présentés ici, il est dit : « il a dû être rendu semblable en toutes choses à ses frères, afin qu’il fût un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle dans le service de Dieu... » Ici, il est dit que l’abaissement de Christ, sa ressemblance avec l’homme, ayant été fait chair et habitant parmi les hommes, furent nécessaires « afin qu’il fût un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle ». Mais pour apprécier la grandeur de son abaissement et le sens réel de sa situation dans la chair, en tant qu’homme et Fils de l’homme, il est nécessaire de savoir ce qu’était auparavant sa grandeur en tant que Dieu et Fils de Dieu, et ceci est le sujet du premier chapitre.

L’abaissement de Christ, sa position et sa nature, tel qu’il fut dans la chair et dans le monde, se trouvent expliquées dans le deuxième chapitre des Hébreux plus complètement que nulle part ailleurs dans les Écritures. Mais ceci se trouve au deuxième chapitre. Et il nous faut d’abord comprendre le premier chapitre avant de passer au second pour en suivre la pensée et l’argumentation.

Dans le premier chapitre des Hébreux, la position, la grandeur et la nature de Christ, tel qu’il était au ciel avant sa venue sur la terre, se trouvent décrites mieux que partout ailleurs. Cela démontre qu’une claire compréhension de sa nature et de sa position, tel qu’il fut au ciel, est essentielle pour comprendre sa position et sa nature, tel qu’il fut sur terre. Et puisqu’il lui appartint d’être ce qu’il a été sur la terre afin de devenir un sacrificateur miséricordieux et fidèle, il est capital de le connaître tel qu’il était dans le ciel. Cette position, précédant celle qu’il occupa sur la terre, est donc une partie essentielle de l’évidence résumée dans l’expression : « nous avons un tel souverain sacrificateur ».

 

CHAPITRE 2

(index)

CHRIST EN TANT QUE DIEU

Quelle est donc la pensée centrale du premier chapitre des Hébreux concernant Christ ?

Tout d’abord, Dieu –le Père- est présenté comme l’interlocuteur des hommes qui, « après avoir autrefois,...parlé à nos pères par les prophètes, ... nous a parlé par le Fils ».

C’est ainsi que Christ, le Fils de Dieu, nous est présenté. Ensuite, on nous dit du Fils et du Père : « qu’il [le Père] a établi héritier de toutes choses, par lequel il [le Père, par le moyen du Fils] a aussi créé le monde ». Ainsi, en introduction à l’étude de Christ comme souverain sacrificateur, il nous est présenté comme étant avec Dieu le créateur et le Verbe ou la Parole active et vivifiante dans la création : « par lequel il a aussi créé le monde ».

Concernant le Fils de Dieu lui-même, nous lisons : lequel « étant le reflet de sa gloire et l’empreinte de sa personne (Dieu le Père), et soutenant toutes choses par sa Parole puissante, a fait la purification des péchés et s’est assis à la droite de la majesté divine dans les lieux très hauts. »

Ceci nous apprend que dans les cieux, la nature de Christ était la nature de Dieu ; que dans sa personne et dans sa substance, il est l’impression et le caractère mêmes de Dieu. Ceci veut dire, que dans le ciel, avant qu’il ne vienne sur cette terre, Christ était de la même nature et de la même substance que Dieu.

C’est pourquoi, il est dit de lui : il est « devenu d’autant supérieur aux anges qu’il a hérité un nom plus excellent que le leur ». Ce nom « plus excellent » est le nom de Dieu qui est donné par le Père à son Fils, au huitième verset : « Au Fils, il dit : Ton trône, ô Dieu, est éternel. »

Ainsi, il est « plus excellent que les anges  », comme Dieu l’est en comparaison avec eux. Et c’est à cause de cela qu’il possède un nom plus excellent, qui exprime ce qu’il est dans sa nature profonde. Et ce nom, il l’a par héritage ; ce n’est pas un nom qui lui fut donné, mais un nom qu’il a hérité.

Il est dans la nature des choses, et c’est une vérité éternelle, que le seul nom possible qu’une personne puisse hériter est le nom de son père. Ce nom de Christ qui est plus excellent que celui des anges, est le nom de Son Père. Or, le nom de son Père est Dieu. Le nom qu’il a par héritage est donc aussi Dieu. Et ce nom est le sien car il est « plus excellent » que celui des anges. Ce nom étant Dieu est « plus excellent » que celui des anges car Dieu est meilleur que les anges.

Sa position et Sa nature, meilleures que celles des anges, sont d’autant plus excellentes : « Car auquel des anges a-t-il jamais dit : Tu es mon Fils, je t’ai engendré aujourd’hui ? » Et encore : « Je serai pour lui un Père et il sera pour moi un Fils. » Ceci confirme la pensée du « nom excellent » mentionnée plus haut. Car, étant le Fils de Dieu –et Dieu étant son Père- il a obtenu par héritage le nom de son Père qui est « Dieu » et qui est d’autant plus excellent que le nom des anges, dans la mesure où Dieu l’est plus qu’eux.

La même pensée est confirmée dans les paroles qui suivent : « Et lorsqu’il introduit de nouveau dans le monde le premier-né, il dit : Que tous les anges de Dieu l’adorent. » Il est tellement meilleur que les anges qu’il est adoré par eux, et ceci en accord avec la volonté de Dieu, car il est Dieu dans sa nature.

La pensée de ce puissant contraste entre Christ et les anges s’affermit encore davantage : « De plus, il dit des anges : Celui qui fait de ses anges des vents, et de ses serviteurs une flamme de feu. Mais il a dit au Fils : Ton trône, ô Dieu, est éternel. »

Il continue : « le sceptre de ton règne est un sceptre d’équité ; Tu as aimé la justice et tu as haï l’iniquité ; c’est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t’a oint d’une huile de joie au-dessus de tes égaux. »

Le Père dit en parlant du Fils : « Toi, Seigneur, tu as au commencement fondé la terre, et les cieux sont l’ouvrage de tes mains ; ils périront, mais tu subsistes ; ils vieilliront tous comme un vêtement, tu les rouleras comme un manteau et ils seront changés ; mais toi, tu restes le même, et tes années ne finiront point ».

Remarquez les contrastes et découvrez la nature de Christ. Les cieux périront, mais lui subsiste. Les cieux vieilliront, mais ses années ne finiront point. Les cieux seront changés, mais lui reste le même. Ceci démontre qu’il est Dieu : de la nature de Dieu.

Ce contraste entre Christ et les anges est encore plus frappant : « Et auquel des anges a-t-il jamais dit : « Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied ? Ne sont-ils pas tous des esprits au service de Dieu, envoyés pour exercer un ministère en faveur de ceux qui doivent hériter du salut ? ».

Ainsi, dans le premier chapitre des Hébreux, Christ est exalté au-dessus des anges, comme Dieu. Et il est beaucoup plus exalté que les anges, comme Dieu, pour la raison qu’il est « Dieu ».

Dans ce chapitre, il est montré comme ayant hérité du nom de Dieu parce qu’il est de la nature de Dieu. Et sa nature est si complètement celle de Dieu, qu’il est la véritable empreinte et substance de Dieu.

Tel est Christ le Sauveur, Esprit de l’Esprit, substance de la substance de Dieu.

Ceci est essentiel pour comprendre le chapitre deux où sera révélée sa nature en tant qu’homme.

 

CHAPITRE 3

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CHRIST EN TANT QU’HOMME

L’identité de Christ avec Dieu, telle qu’elle nous est présentée au premier chapitre des Hébreux, n’est qu’une introduction qui a pour objet d’établir son identité avec l’homme, telle qu’elle nous est démontrée dans le deuxième chapitre.

Sa ressemblance avec Dieu, exprimée dans le premier chapitre des Hébreux, est l’unique base d’une vraie compréhension de sa ressemblance avec l’homme, du second chapitre.

Et cette ressemblance avec Dieu n’existe pas dans le sens d’une simple image ou représentation, mais c’est une ressemblance dans le sens d’être réellement comme lui, de la même nature, « l’empreinte de sa personne », l’Esprit de l’Esprit, la substance de la substance de Dieu.

Tout ce qui précède doit nous aider à saisir sa ressemblance avec l’homme. C’est-à-dire : à partir de cela nous devons comprendre que sa ressemblance avec l’homme ne l’est pas simplement dans la forme, l’apparence ou la représentation, mais dans sa nature, dans sa substance. S’il n’en était pas ainsi, tout le premier chapitre des Hébreux, avec son information détaillée, n’aurait aucun sens et serait déplacé.

Quelle est donc cette vérité : Jésus semblable aux hommes, selon le chapitre deux des Hébreux ?

En gardant à l’esprit la pensée centrale du premier chapitre et des quatre premiers versets du second,  -ceux qui se réfèrent à Christ en contraste avec les anges : plus exalté qu’eux, comme Dieu lui-même- lisons le verset 5 du deuxième chapitre, là où commence le contraste de Christ avec les anges : abaissé au-dessous des anges, comme l’homme.

Ainsi, nous lisons : « En effet, ce n’est pas à des anges que Dieu a soumis le monde à venir dont nous parlons. Or, quelqu’un a rendu quelque part ce témoignage : Qu’est-ce que l’homme, pour que tu te souviennes de lui, ou le fils de l’homme, pour que tu prennes soin de lui ? Tu l’a abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges, tu l’as couronné de gloire et d’honneur, tu as mis toutes choses sous ses pieds. En effet, en lui soumettant toutes choses, Dieu n’a rien laissé qui ne lui fût soumis. Cependant, nous ne voyons pas encore maintenant que toutes choses lui soient soumises. » Mais voyons Jésus.

Ceci équivaut à dire que : Dieu n’a pas soumis le monde à venir aux anges, mais il l’a soumis à l’homme, non pas toutefois l’homme tel qu’il était à l’origine, car bien qu’au départ, le monde fût soumis à l’homme, nous voyons qu’il n’en est pas ainsi maintenant. L’homme perdit sa domination, et au lieu d’avoir toutes les choses soumises sous ses pieds, lui-même est maintenant soumis à la mort. Et il est soumis à la mort pour l’unique raison qu’il est assujetti au péché ; car « par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu’ainsi, la mort s’est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché... » (Romains 5 :12). Il est soumis à la mort parce qu’il est assujetti au péché, car la mort n’est rien d’autre que le salaire du péché.

Néanmoins, il reste éternellement vrai que ce n’est pas à des anges qu’il soumit le monde à venir, mais à l’homme. Et JÉSUS-CHRIST est l’HOMME.

Car, bien que cette domination ait été donnée à l’homme et que, « nous ne voyons pas encore maintenant que toutes choses lui soient soumises » ; bien que l’homme ait reçu la domination sur tout, et que maintenant nous constatons que cette domination est perdue par cet homme, nous devons encore « voir » ce Jésus, homme, venir reconquérir cette domination originelle. Nous devons voir Jésus, en tant qu’homme, mettre « toutes choses sous ses pieds ».

Cet homme était le premier Adam ; cet autre Homme est le second Adam. Le premier Adam fut créé un peu au-dessous des anges ; le second Adam, Jésus, fut « abaissé... au-dessous des anges ».

Le premier Adam ne resta pas dans la position où il fut fait « au-dessous des anges ». Il perdit cela et descendit encore plus bas, il fut assujetti au péché ; ainsi, il fut soumis à la souffrance et même jusqu’à la souffrance de la mort.

Et, le second Adam, nous le voyons dans la même position, dans la même condition : « Celui qui a été abaissé... au-dessous des anges, Jésus. » Et « celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés sont tous issus d’UN SEUL ».

Celui qui sanctifie, c’est Jésus. Ceux qui sont sanctifiés sont les hommes de toutes nations, langues, royaumes et peuples. Et un homme, sanctifié de n’importe quelle nation, langue, royaume ou peuple, est une démonstration divine que chaque âme de cette nation, langue, royaume ou peuple peut être sanctifiée. Et Jésus étant devenu l’un d’eux, pour qu’il puisse les conduire tous à la gloire démontre qu’il fait entièrement partie de l’humanité ; que lui, en tant qu’homme et les hommes eux-mêmes sont « issus d’un seul ; c’est pourquoi il n’a pas honte de les appeler frères. »

En conséquence, de même que dans le ciel, il fut plus exalté que les anges et fut « comme Dieu », ainsi sur la terre, il fut inférieur aux anges, en tant qu’homme. De la même façon, que quand il fut plus exalté que les anges, comme Dieu, lui et Dieu furent un, sur la terre ; ainsi aussi, quand il fut abaissé au-dessous des anges, comme homme, l’homme et lui furent un. C’est-à-dire que tout aussi certainement qu’en ce qui concerne Dieu, lui et Dieu sont un même Esprit, une même nature et une même substance, ainsi, en ce qui concerne l’homme, Christ et l’homme ne sont qu’un en chair, en nature et en substance.

La ressemblance de Christ avec Dieu, et la ressemblance de Christ avec l’homme, le sont aussi bien dans la forme que dans la substance. Sinon, le premier chapitre de l’épître aux Hébreux n’aurait pas de sens, en tant qu’introduction du second chapitre. Le premier chapitre serait déplacé, sans raison d’être, comme introduction au chapitre suivant.

 

CHAPITRE 4

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COMMENT JÉSUS « PARTICIPA »

Le premier chapitre des Hébreux révèle que la ressemblance de Christ avec Dieu n’existait pas simplement dans la forme mais dans la substance ; et le second chapitre montre, avec la même clarté, que sa ressemblance avec l’homme n'est pas seulement dans la forme ou l’aspect extérieur, mais dans sa nature et substance même. Il ressemble aux hommes tels qu’ils sont, exactement. C’est pourquoi il est écrit : « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu... Et la Parole a été faite chair et elle a habité parmi nous. » (Jean 1 :1-14).

Et en ce qui se réfère à sa ressemblance avec l’homme, tel qu’il est dans sa nature déchue, pécheresse, et non comme il était à l’origine, sans péché, ceci est confirmé par le fait que Jésus fut "abaissé ... au-dessous des anges, ... à cause de la mort qu'il a soufferte". Nous voyons donc que Jésus fut fait, dans sa situation d'homme, tel que l’homme se trouve depuis qu’il est sujet à la mort.

Tout aussi certainement que nous voyons Jésus devenu inférieur aux anges par les souffrances de la mort, il est démontré ainsi qu’il prit la nature de l’homme telle qu’elle fut après avoir connu la mort et non comme elle était avant l’introduction de celle-ci.

Mais la mort ne vint qu’à cause du péché. Si le péché n’était pas venu, la mort non plus n’aurait pas apparu. Et nous voyons que Jésus devint un peu inférieur aux anges par les souffrances de la mort. En conséquence, il a bien pris la nature de l’homme telle qu'elle est depuis que le péché est apparu. Il en fut ainsi pour qu'il pût « goûter la mort pour chaque homme ». C’est en devenant homme qu’il pouvait atteindre l'homme, et venir jusqu’à l’homme là où il se trouve. L’homme est assujetti à la mort. Aussi fallait-il que Jésus fut fait homme, tel qu'il est depuis qu'il est assujetti à la mort.

« Il convenait, en effet, que celui pour qui et par qui sont toutes choses, et qui voulait conduire à la gloire beaucoup de fils, élevât à la perfection par les souffrances le Prince de leur salut. » (Hébreux 2 :10). En se faisant homme, il lui convenait de devenir tel que l’homme. L’homme est assujetti à la souffrance et il fallait qu’il le soit aussi.

Avant que l’homme ne péchât, il n’était nullement assujetti à la souffrance. Si Jésus était venu dans la nature humaine tel qu’il était avant l’entrée du péché, cela ne lui aurait pas permis de comprendre les souffrances de l’homme et, en conséquence, il n’aurait pu l'atteindre pour le sauver. Mais, vu qu'il "convenait, en effet, que celui pour qui et par qui sont toutes choses, et qui voulait conduire à la gloire beaucoup de fils, élevât à la perfection par les souffrances le Prince de leur salut", il est clair que Jésus, en devenant homme, partagea la nature de l’homme, telle qu’elle est depuis qu’il est assujetti à la souffrance, et même la souffrance de la mort, qui est le salaire du péché.

Il est écrit : « Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, il y a également participé lui-même ». (Hébreux 2 :14). Il a dans sa nature humaine, pris la même chair et le même sang que ceux des hommes. En une seule phrase, nous trouvons tous les mots qui pouvaient être employés pour rendre cette idée évidente et positive.

Les enfants des hommes sont participants du sang et de la chair; c'est pour cette raison qu'il participa aussi au sang et à la chair.

Mais ceci n’est pas tout: il partagea aussi la même chair et le même sang auxquels les enfants participent. C'est-à-dire que, lui-même, participa de la même façon, à la même chair et au même sang que les enfants.

Nous voyons que le Saint-Esprit désire tellement que cette vérité devienne si évidente et soit comprise par tous, qu’il ne se contente pas d'employer le minimum de mots dans cette révélation, mais au contraire il accumule les expressions pour se faire comprendre. Il est donc dit que tout aussi certainement que les enfants participent au sang et à la chair, lui aussi a pris part au même sang et à la même chair.

Et il le fit « afin que par la mort... il puisse délivrer ceux qui, par peur de la mort, étaient toute leur vie assujettis à l’esclavage ». Il prit part à la même chair et au même sang que nous avons dans l’esclavage du péché et la peur de la mort, afin de pouvoir nous délivrer de cet esclavage et de cette peur.

Ainsi, « Celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifié sont tous issus d’un seul ; c’est pourquoi il n’a pas honte de les appeler frères. »

Cette grande vérité de la parenté, cette fraternité par le sang, de Christ avec les hommes, est enseignée dans l’Évangile dans la Genèse. Car quand Dieu fit son alliance éternelle avec Abraham, les sacrifices furent coupés en deux, et Abraham et Lui, passèrent au milieu (Genèse 15 :8-18 ; Jérémie 34 :18, 19 ; Hébreux 7 :5-9). Par cet acte, le Seigneur entra dans l’alliance la plus solennelle connue en Orient et de tout le genre humain, l’alliance de sang, et Il devint ainsi « frère de sang » d’Abraham, une relation qui dépasse toute autre.

Cette grande vérité de la parenté par le sang, de Christ avec l’homme, est enseignée davantage dans le Lévitique. On y trouve la loi du rachat des hommes et de leur héritage. Quand l’un des enfants d’Israël avait perdu son héritage, ou que lui-même avait été vendu en esclavage, il y avait un moyen de rachat prévu. S’il était capable de se racheter lui-même ou son héritage, il pouvait le faire. Mais s’il n’était pas capable de se racheter lui-même, alors le droit de rachat incombait à son plus proche parent par le sang. Il incombait non seulement à celui qui était proche parmi ses frères, mais à celui qui était le plus proche parent (Lévitique 25 : 24-28 ; 47-49 ; Ruth 2 :20 ; 3 :9,12, 13 ; 4 : 1-14).

Ainsi, déjà dans la Genèse et le Lévitique, on enseigna durant toute cette époque, ce que nous retrouvons ici dans l’épître aux Hébreux: la vérité que l’homme a perdu son héritage et qu’il est lui-même aussi en esclavage. Et vu qu'il ne peut pas se racheter lui-même, ni son héritage, le droit de rachat incombe au plus proche parent qui en est capable. Et Jésus-Christ est le seul dans tout l’univers à en être capable.

Pour être le Rédempteur, il faut non seulement être capable de l’être, mais encore être un parent par le sang ; et être non seulement le plus proche  parent, mais le plus proche parent par le sang. Ainsi donc, comme les enfants de l’homme –les enfant de celui qui perdit son héritage- sont participants à la chair et au sang, lui aussi prit part à la chair et au sang dans la vrai substance de la nature humaine et devint notre plus proche parent. En conséquence, il est écrit que Lui et nous, nous sommes Un ; c’est pourquoi, Il n’a pas honte de nous appeler frères.

Mais l’Écriture ne s’arrête pas là après avoir énoncé cette vérité capitale. Elle dit encore : « Car assurément, ce n’est pas à des anges qu’il vint en aide, mais à la postérité d’Abraham. En conséquence, il a dû être rendu semblable en toutes choses à ses frères », « ses frères par le sang ». Il devint ainsi la confirmation de l’alliance éternelle.

Et il le fit dans un but: «ayant été tenté lui-même dans ce qu'il a souffert, il peut secourir ceux qui sont tentés », vu qu'il « compatir à nos faiblesses » ayant « été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché » (Hébreux 4 :15). Ayant été fait, dans sa nature humaine, semblable à nous en toutes choses, il pouvait être tenté en toutes choses comme nous le sommes, et il le fut réellement. La seule manière pour lui d’être « tenté comme nous », c’était de devenir en tous points semblable à nous.

Comme dans sa nature humaine, il est un avec nous, et qu'il « a prit nos infirmités » (Matthieu 8 :17), il avait la possibilité de compatir à nos infirmités. Étant en toutes choses comme nous, il pouvait, lorsqu’il était tenté, sentir exactement ce que nous sentons quand nous le sommes, et ressentir toutes choses comme nous à ce sujet ; ainsi, il peut aider et sauver pleinement ceux qui le reçoivent. Comme dans sa chair, il fut aussi faible que nous le sommes et « ne pouvait rien faire de lui-même » (Jean 5 :30), ainsi quand il porta nos souffrances et se chargea de nos douleurs (Ésaïe 53 : 4) et fut tenté comme nous le sommes, sentant les choses comme nous les sentons, par sa foi divine, il conquit tout par le pouvoir de Dieu que cette foi lui apporta, et qu’il nous a apporté dans notre chair.

Il s’ensuit qu’il a reçu le nom d’Emmanuel « Dieu avec nous », non pas « Dieu avec lui » seulement mais « Dieu avec nous ». Dieu était avec lui, depuis toujours, et il l'aurait été encore, s'il n'était pas donné pour nous. Mais l'homme, à cause du péché, fut privé de la présence de Dieu, et Dieu voulut venir vers nous. Aussi, Jésus devint « nous » afin qu’étant avec Lui, Dieu puisse être aussi avec nous. Tel est Son nom, car c’est ce qu’il est. Béni soit son nom !

Telle est la foi de Jésus et son pouvoir. Il est ainsi notre Sauveur : un avec Dieu, et un avec l’homme. En conséquence, il est capable de sauver pleinement les âmes qui s’approcheront de Dieu par Lui.

 

CHAPITRE 5

(index)

« SOUS LA LOI »

« Jésus-Christ, lequel, existant en forme de Dieu... s’est dépouillé Lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes » (Philippiens 2 :5-7). Il fut fait semblable aux hommes, comme ils sont, et là où ils sont.

« La Parole fut faite chair ». Il prit part à la même chair et au même sang que ceux auxquels participent les enfants des hommes, dans la condition où ils se trouvent depuis que l’homme est tombé dans le péché. Et ainsi, il est écrit que : « lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils... né sous la loi ».

Être sous la loi, c’est être coupable, condamné, sujet à la malédiction. Car il est écrit : « Nous savons que tout ce que dit la loi, elle le dit à ceux qui sont sous la loi, afin que tout le monde soit reconnu coupable devant Dieu...  car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. » (Romains 3 :19, 23 ; 6 :14).

La culpabilité du péché apporte la malédiction. Dans Zacharie 5 : 1-4, le prophète aperçoit « un rouleau qui vole ; il a vingt coudées de longueur, et dix coudées de largeur. » Le Seigneur lui dit : « C'est la malédiction qui se répand sur tout le pays. » Et quelle est donc la cause de la malédiction qui se répand sur toute la terre ? Celle-ci : « Tout voleur sera chassé d’ici (comme il est dit dans la première table de la loi) et tout parjure (comme il est dit dans la seconde partie du rouleau) sera chassé d’ici. »

Ce rouleau est la loi de Dieu. Un des commandements de chacune des deux tables est cité pour montrer que les deux tables de la loi sont concernées. Toux ceux qui volent - tous ceux qui transgressent la loi concernant la deuxième table de la loi- seront chassés en accord avec cette partie de la loi; et ceux qui parjurent -qui transgressent la première partie de la loi- seront chassés, en accord avec cette partie de la loi.

Le système céleste d’enregistrement n’a nul besoin de transcrire l’énoncé de chaque péché particulier de chaque homme ; il suffit de noter dans le rouleau appartenant à chaque homme, le commandement particulier qui a été transgressé. Et si un tel rouleau accompagne chaque homme là où il va –ou même s’il reste dans sa maison- prouve que la malédiction est répandue : « Je la répands, dit l’Éternel des armées, afin qu'elle entre dans la maison du voleur et de celui qui jure faussement en mon nom, afin qu'elle y établisse sa demeure. » (Zacharie 5 :4).

A moins qu’un remède ne soit trouvé, ce rouleau de la loi restera jusqu’à ce que la malédiction consume cet homme et sa maison « avec le bois et les pierres », c’est-à-dire jusqu’à ce que la malédiction dévore la terre dans ce grand jour « où les éléments embrasés se dissoudront » dans une chaleur ardente. Car « l'aiguillon de la mort, c'est le péché; et la puissance du péché, c'est la loi » (1 Corinthiens 15 :56 ; Esaïe 24 : 5, 6 ; 2 Pierre 3 :10-12).

Mais, rendons grâces à Dieu : « Dieu a envoyé son Fils, né d'une femme, né sous la loi, afin qu'il rachetât ceux qui étaient sous la loi.» (Galates 4 : 4, 5). Par sa venue, il apporta la rédemption à chaque âme qui se trouve sous la loi. Afin d’apporter aux hommes une parfaite rédemption sous la loi, il dut venir lui-même vers les hommes, exactement là où ils sont et comme ils sont, c’est-à-dire sous la loi.

Et il le fit. Il naquit sous la loi, il fut « fait » coupable et condamné par la loi. Il fut fait  «coupable» tout autant que chaque homme sous la loi. Il fut « fait » sous la condamnation tout aussi pleinement que tout homme qui a violé la loi. Il fut « fait » sous la condamnation tout aussi bien que tout homme dans le monde est sous la condamnation à cause de la loi. Il fut « fait » comme étant sous la condamnation aussi complètement que tout homme dans le monde peut l’être ou l’a été. Car il est écrit que : « Celui qui est pendu (au bois) est un objet de malédiction auprès de Dieu » (Deutéronome 21 :23).

La traduction littérale de l'hébreu est encore plus forte : « Celui qui est pendu au bois est la malédiction de Dieu ». Et ceci rend exactement la pensée à l’égard de Christ, car il a été « fait malédiction ». Ainsi, quand il naquit sous la loi, il prit aussi toute la condition de quelqu’un sous la loi. Il a été fait coupable; il a été fait condamné; et finalement il a été « fait malédiction ».

Gardez toujours à l’esprit, que tout ceci, il « a été fait ». Il ne l’était pas de lui-même, par défaut naturel, mais il « a été fait » ainsi pour nous qui sommes sous la loi; pour nous qui sommes sous la condamnation à cause des transgressions de la loi; pour nous qui sommes sous la malédiction pour avoir juré, menti, tué, volé, commis l’adultère et toutes les autres infractions du rouleau de la loi de Dieu qui nous suit jusque dans notre maison.

Il « a été fait » sous la loi pour racheter ceux qui sont sous la loi. Il « a été fait » malédiction pour racheter ceux qui sont sous la malédiction, À CAUSE du fait d'être sous la loi.

Qu’on se souvienne toujours que ce qu’il a accompli a été fait dans des conditions particulières : il « a été fait » ce qu’il n’était pas par lui-même afin d’être semblable à ceux qu’il devait sauver.

En conséquence, tout homme dans le monde qui connaît le sentiment de culpabilité, connaît aussi ce que Jésus éprouva pour lui et, par conséquent, il sait à quel point Jésus est venu près de lui. Tous ceux qui savent ce qu'est la condamnation, savent exactement ce que Christ a senti pour eux, et ils comprennent aussi à quel point Jésus est capable de sympathiser avec eux, et de les racheter. Quiconque connaît ce qu'est la malédiction du péché, « la plaie de son coeur » (1 Rois 8: 38) peut comprendre exactement ce que Jésus expérimenta pour lui, et à quel point il s'est identifié avec lui, dans une même expérience, avec lui.

En portant la culpabilité, en étant sous la condamnation, et sous le poids de la malédiction, Jésus, durant toute une vie dans ce monde de culpabilité, de condamnation et de malédiction, vécu la vie parfaite de la justice de Dieu, sans jamais pécher. Et tout homme, connaissant la culpabilité, la condamnation et la malédiction, sachant que Jésus sentit réellement dans son expérience tout ceci, exactement comme l'homme le sent, si en plus, cet homme croit en Jésus, il pourra, lui aussi, connaître dans son expérience la bénédiction de la vie parfaite de la justice de Dieu dans sa vie, le rachetant de la culpabilité, de la condamnation et de la malédiction, se manifestant tout au long de sa vie, le gardant absolument de pécher.

Christ a été fait sous la loi pour racheter ceux qui étaient sous la loi. Et cette oeuvre bénie est accomplie pour toute âme qui accepte une telle rédemption.

« Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous ». Ce n’est pas en vain qu’il a été fait malédiction ; il accomplit tout ce qu’il avait l’intention de faire au profit de chaque homme qui le recevrait. Car tout fut fait afin que « la bénédiction d’Abraham eût pour les païens son accomplissement en Jésus-Christ, et que nous reçussions par la foi l’Esprit qui avait été promis » (Galates 3 : 14).

Une fois de plus, quel que soit le but recherché et son accomplissement, il faut toujours garder à l'esprit le FAIT que, dans son abaissement, dans son dépouillement de Lui-même, étant semblable à l’homme et fait chair, Christ fut fait sous la loi, sous la culpabilité, -sous la condamnation et la malédiction- aussi réellement et entièrement que toute âme qui doit être rachetée.

Et ayant connu tout ceci, il peut devenir l’auteur d’un salut éternel, capable de sauver pleinement de la plus profonde déchéance, tous ceux qui viennent à Dieu par Lui.

 

CHAPITRE 6

(index)

« NÉ D’UNE FEMME »

De quelle manière Christ eut-il part à la chair ?Comment participa-t-il à la nature humaine ? Exactement de la même façon que nous et que tous les enfants des hommes. Car il est écrit : « puisque les enfants participent au sang et à la chair, il y a également participé lui-même. »

« Également » signifie : dans la même manière, d’une façon semblable. Ainsi Jésus participa au même sang et à la même chair qu'ont les hommes, de la même façon que ceux auxquels les enfants des hommes participent. C’est par la naissance que les enfants y prennent part. Il fit de même ; c’est pourquoi les Écritures disent qu'un « enfant nous est né ».

En harmonie avec ce qui précède, nous lisons que : « Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme » (Galates 4 :4). Étant venu dans ce monde, né d’une femme, il naquit forcément du seul genre de femme que le monde connaisse.

Pourquoi dut-il être « né d’une femme » et non d’un homme ? Pour la simple raison qu’être « né d’un homme » ne l’aurait pas approché suffisamment du genre humain, tel qu’il est, sous le péché ; il est « né d’une femme », afin de descendre au plus bas, jusqu'au dernier recoin de la nature humaine dans son péché.

Pour faire ceci, il fallait qu’il naisse d’une femme, et non d’un homme, parce que la femme et non l’homme fut à l’origine de la transgression. Parce que «ce n'est pas Adam qui a été séduit, c'est la femme qui, séduite, s'est rendue coupable de transgression » (1 Timothée 2 : 14).

S'il était descendu de l’homme seulement, il n'aurait pas atteint la totalité du péché, vu que la femme avait péché, et que le péché était ainsi entré dans le monde avant que l’homme péchât.

Christ naquit donc de la femme dans le but de pouvoir rencontrer le grand monde du péché à sa véritable source de son entrée dans le monde. S'il était né d'une autre façon que d'une femme, il n’aurait parcouru que la moitié du chemin, ce qui aurait signifié en fait la totale impossibilité de racheter les hommes.

Ce devait être la postérité de la femme qui devait écraser la tête du serpent; et ce n'est que comme postérité de la femme, donc né d'une femme, qu'il pouvait affronter le serpent sur son propre terrain, précisément là où le péché entra dans ce monde.

Ce fut la femme, dans ce monde, qui fut la première impliquée dans la transgression. C'est par elle que le péché entra à l'origine. Aussi, pour racheter les enfants des hommes du péché, celui qui serait le Rédempteur, devait venir au-delà de l'homme, pour rencontrer le péché qui fut dans le monde avant que l'homme péchât.

C'est pour cela que Christ, qui vint nous racheter, naquit d'une femme. Étant né d'une femme, il put suivre la trace du péché jusqu'aux origines de son entrée dans le monde, par la femme. Ainsi, pour venir à la rencontre du péché dans le monde, et l'éradiquer jusqu'à exterminer son dernier vestige, il est logique qu'il partageât la nature humaine, telle qu'elle est depuis l'entrée du péché.

S'il n'en avait pas été ainsi, il n'y aurait eu aucune raison pour qu'il fût « né d’une femme ». S'il n’était pas venu en contact étroit avec le péché, tel qu’il est dans le monde et la nature humaine, s'il avait dû être séparé de lui au plus petit degré, alors il n’aurait pas eu besoin de naître d’une femme.

Mais comme il est né d'une femme, et non d’un homme, comme il fut fait de celle par qui le péché entra dans le monde à son origine; et non de l’homme, qui entra dans le péché après qu’il fût dans le monde, ceci démontre au-dessus de toute question, qu’entre Christ et le péché, entre Christ et la nature humaine telle qu'elle était après l'entrée du péché, il n’y a pas l’ombre d’un degré de séparation. Il a été fait chair; il a été fait péché. Il a été fait chair, de la chair telle qu’elle est dans le monde, et il a été fait péché précisément tel que le péché est.

Tout ceci fut nécessaire afin de racheter l'humanité perdue. Pour lui, être séparé d’une ombre de degré de ceux qu’il venait racheter aurait signifié l'échec total.

En conséquence, de même qu’il fut fait « sous la loi » parce qu'il est venu racheter ceux qui sont sous la loi; il fut fait malédiction, parce que ceux qu'il est venu racheter sont sous la malédiction; il fut aussi « fait péché » parce qu'il est venu racheter ceux qui sont pécheurs ; et il dut être fait précisément de la même chair et du même sang que ceux qu’il est venu racheter; et il dut naître « d’une femme » parce que le péché fut à l'origine introduit dans le monde par la femme.

En conséquence, il est exacte, sans aucune exception, qu'il « dû être rendu semblable en toutes choses à ses frères » (Hébreux 2 :17).

S’il n’avait pas fallu qu’il soit de la même chair que ceux qu’il vint racheter, alors il n’y aurait aucune raison pour qu’il ait été « fait chair ». Plus encore : puisque l'unique chair qui existe dans ce vaste monde, cette pauvre chair, perdue, pécheresse que possède tout homme, s'il n’avait pas pris cette chair-là, alors, il ne vint jamais vraiment dans ce monde qui avait besoin d’être racheté. S'il vint dans une nature humaine différente de celle qui existe réellement dans ce monde, alors, malgré sa venue pour atteindre et secourir l'homme, il aurait été aussi loin de l’homme que s'il n'était jamais venu. Si tel avait été le cas, il aurait été aussi éloigné que s'il avait été dans un autre monde et s'il n'était jamais venu dans le nôtre.

Il n'y a pas de doute que lors de sa naissance, Christ prit part à la nature de Marie, « la femme » de laquelle il fut fait. Mais l’esprit charnel a du mal à admettre que Dieu, dans sa perfection et sa sainteté, pût supporter de venir parmi les hommes étant semblable à eux dans leur culpabilité. C’est pourquoi, des efforts on été faits pour échapper aux conséquences de cette glorieuse vérité qui implique le dépouillement du moi, en inventant une théorie selon laquelle la nature de la vierge Marie était différente de celle du reste du genre humain : que sa chair n’était pas exactement la même que celle des autres. Cette invention prétend que, par un étrange procédé, Marie fut différente du reste des humains, dans le but particulier que Christ puisse naître d’elle de la façon qui convenait.

Cette fabulation a abouti à ce qui est connu comme le dogme catholique romain de l’immaculée conception. Beaucoup de Protestants, si ce n’est l’immense majorité d’entre eux, avec d'autres non catholiques, croient que l’immaculée conception se réfère à la conception de Jésus par la vierge Marie. Mais ceci est une grosse erreur. Cela ne se rapporte absolument pas à la conception de Christ par Marie, mais à celle de Marie elle-même par sa mère.

La doctrine officielle et « infaillible » de l’immaculée conception, telle qu'elle est solennellement définie dans un article de foi, par le pape Pie IX, parlant ex cathedra, le 8 Décembre 1854, se présente comme suit :

« Par l’autorité de notre Seigneur Jésus-Christ et des apôtres bénis Pierre et Paul, et par notre propre autorité, nous déclarons, prononçons et précisons que la doctrine de la vierge Marie très bénie, qui dès le premier instant de SA conception, par une grâce et un privilège spéciaux du Très-Haut, en raison des mérites de Jésus-Christ, le Sauveur de l'humanité, fut exemptée et préservée de toute souillure du péché originel, est une doctrine qui a été révélée par Dieu et, par conséquent, elle doit être crue fermement et avec constance par tous les fidèles.

Donc, si pour quelque raison que ce soit, quelqu’un prétend dans son coeur penser différemment de ce que nous avons défini, qu'il sache et comprenne qu’il est condamné par son propre jugement, que sa foi a fait naufrage et qu’il est déchu de l’unité de l’église. » (Catholic Bilief, p. 214).

Cette conception est définie par les auteurs catholiques de la manière suivante : 

L’ancien écrit "De Nativitate Christi" trouvé dans les oeuvres de Saint Cyprien dit : « Parce qu'elle (Marie) était très différente du reste de l'humanité, la nature humaine lui fut communiquée, mais sans le péché. »

Théodore, patriarche de Jérusalem, dit au second Concile de Nicé, que « Marie est réellement la mère de Dieu, et vierge avant et après la naissance de l’enfant ; elle fut créée dans une condition plus sublime et plus glorieuse que toute autre nature, que ce soit intellectuelle ou corporelle. (Id., p. 216, 217).

Ceci place manifestement la nature de Marie au-delà de toute réelle ressemblance ou relation avec le genre humain ou la nature humaine. Ayant retenu cette notion, examinons ce que dit le Cardinal Gibbons :

« Nous affirmons que la seconde personne de la Sainte Trinité, la Parole de Dieu, lequel est, dans sa nature divine, engendré du Père de toute éternité, de la même substance que Lui, quand les temps furent révolus, fut à nouveau engendré en naissant de la vierge, prenant ainsi pour lui-même, de la matrice maternelle, une nature humaine de la même substance que la sienne.

« Aussi loin que le sublime mystère de l’Incarnation peut être reflété par l’ordre naturel, la vierge bénie, sous l’ombre du Saint-Esprit, communiqua à la seconde personne de l’adorable Trinité, comme le font toutes les mères, une vraie nature humaine de la même substance que la sienne ; de ce fait, elle est vraiment et réellement sa mère. » (Faith of our Fathers, p. 198, 199).

Associons maintenant ces deux éléments : premièrement, la nature de Marie est définie comme étant non seulement très différente du reste du genre humain, mais « plus sublime et plus glorieuse que tout autre nature ; la plaçant ainsi infiniment au-delà de toute réelle ressemblance ou relation avec le genre humain, tel que nous le sommes.

Ensuit, nous voyons que Jésus est décrit comme prenant de sa mère une nature de la même substance qu'elle.

De cette théorie, il s’ensuit que dans sa nature humaine, le Seigneur Jésus est « très différent » du reste du genre humain. Sa nature n’est pas du tout la nature humaine.

Telle est la doctrine catholique romaine sur la nature humaine de Christ. Finalement, une telle doctrine démontre simplement que cette nature n’est pas du tout humaine, mais divine : « plus sublime et plus glorieuse que toute autre nature ». Dans sa nature humaine, Christ fut tellement séparé du genre humain et tellement différent du reste de l'humanité que dans une nature telle, il ne pouvait avoir aucune sorte de sympathie pour la nature humaine.

Cependant, ceci n’est pas la foi de Jésus. La foi de Jésus, c’est qu’il « a participé au sang et à la chair comme le font les enfants.» 

La foi de Jésus, c’est que « Dieu envoya son propre Fils dans la ressemblance de la chair pécheresse. »

La foi de Jésus, c’est qu’il « a dû être rendu semblable en toutes choses à ses frères. »

La foi de Jésus, c’est qu’il « prit lui-même nos infirmités et fut touché par le sentiment de nos faiblesses ; étant tenté en tous point comme nous le sommes ». S’il n’avait pas été « comme nous », il n'aurait pas pu être tenté comme nous. Mais il fut en tous point « tenté comme nous ». Donc, il fut en tout point semblable à nous.

Dans les citations catholiques que nous avons mentionnées dans ce chapitre, nous avons présenté la position romaine sur la nature du Christ et de Marie. Dans le second chapitre des Hébreux et dans des passages similaires des Écritures, nous voyons (et nous nous sommes efforcés dans cette étude de la démontrer telle qu’elle est présentée dans la Bible) la foi de Jésus quant à sa nature humaine.

La foi de Rome sur la nature de Christ et de Marie, et aussi de la nôtre, jaillit cette idée que, pour la pensée naturelle, Dieu est trop pur et trop sain pour demeurer avec nous et en nous, dans notre nature humaine. Pécheurs comme nous le sommes, il ne peut venir à nous, près de nous, comme nous le sommes.

La véritable foi de Jésus est que, aussi loin que nous soyons de Dieu, dans notre culpabilité et notre nature humaine qu’il prit, il est venu à nous exactement là où nous sommes ; c’est aussi que, infiniment pur et saint comme il l’est, Dieu, en Christ, à travers son Saint-Esprit, a habité de plein gré avec nous et en nous pour nous sauver, nous purifier et nous rendre saints.

La foi catholique est que nous devons devenir purs et saints pour que Dieu puisse demeurer en nous.

La foi de Jésus c’est que Dieu doit demeurer avec nous, et en nous, afin que nous devenions des êtres purs et saints.

 

CHAPITRE 7

(index)

LA LOI DE L’HÉRÉDITÉ

« La Parole a été faite chair ».
« Quand les temps furent accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme. » (Galates 4 :4).
« Et le Seigneur a fait retomber sur lui l’iniquité de nous tous. » (Esaïe 53 :6).
Nous avons vu qu'étant né d’une femme, Christ a atteint le péché à la source même de son entrée dans ce monde et qu'il devait naître d’une femme pour le faire. Nous avons aussi vu que l’iniquité des péchés de nous tous retomba sur Lui.

Tous les péchés de ce monde, depuis son origine jusqu’à sa fin, retombèrent sur Lui : le péché tel qu’il est en lui-même, le péché tel qu’il est commis par nous, le péché dans sa tendance, et le péché dans l'acte, le péché héréditaire en nous, non commis par nous; et le péché que nous commettons.

De cette façon seulement l’iniquité de nous tous pouvait retomber sur Lui. Par sa soumission à la loi de l’hérédité, Jésus pouvait atteindre le péché dans sa vraie dimension, tel qu’il est véritablement. Sinon, seuls les péchés que nous commettons effectivement auraient pu retomber sur Lui, avec la culpabilité et la condamnation qui leur correspondent. Mais outre ceci, il existe chez chaque personne, la tendance au péché, héritée de plusieurs générations antérieures et qui n’a pas abouti à l’acte de péché, mais qui est toujours disposée, quand l’occasion le permet, à se consumer en commettant l'acte de péché. Le grand péché de David en est une bonne illustration (Psaume 51 : 5 ; 2 Samuel 11 :2).

La délivrance du péché ne nous sauve pas seulement des péchés effectivement commis, mais nous garde d’en commettre d’autres. Et pour qu’il puisse en être ainsi, cette tendance héréditaire à pécher doit être affrontée et soumise; nous devons être remplis par le pouvoir qui nous garde de pécher, un pouvoir pour vaincre cette tendance ou désavantage héréditaire à pécher qu'il y a en nous.

Tous les péchés que nous commettons actuellement ont été chargés sur Lui ; ils lui furent imputés afin que Sa justice puisse retomber sur nous, puisse nous être imputée. Notre tendance au péché est aussi retombée sur Lui, dans son être « fait chair » et « né d’une femme », de la même chair et du même sang que nous, pour que sa justice puisse être réellement manifestée en nous, dans la vie quotidienne.

Ainsi, il affronta le péché dans la chair qu’il prit et il triompha de lui, ainsi qu’il est écrit : « Dieu envoya son propre Fils dans la ressemblance de la chair de péché » et « condamna le péché DANS LA CHAIR». Et encore : « Il est notre paix, Lui qui a aboli dans sa chair l’inimitié ».

Ainsi, exactement de même que nos péchés réellement commis lui furent imputés, afin que Sa justice puisse nous être imputée ; ainsi, en affrontant et en conquérant, dans la chair, la tendance au péché, et en manifestant la justice dans cette même chair, il nous rend capables -en lui, et lui en nous- d'affronter et de conquérir dans la chair, cette même tendance au péché, et de manifester la justice dans cette même chair.

Et il en est de même pour les péchés que nous avons commis effectivement, les péchés passés, sa justice nous est imputée, de la même manière que nos péchés lui furent imputés. Afin de nous garder de pécher, Sa Justice nous est impartie dans notre chair, de même que notre chair, avec sa tendance au péché, lui fut impartie. Ainsi, il est le Sauveur complet. Il nous sauve de tous les péchés que nous avons effectivement commis et il nous sauve également de tous ceux que nous pourrions commettre si nous nous séparons de lui.

S’il n’avait pas pris la même chair et le même sang que partagent les enfants des hommes, avec leurs tendances au péché, alors quelle raison ou philosophie justifierait l'accent mis sur sa généalogie dans les Écritures? Il descendait de David, d’Abraham, d’Adam; et étant fait d’une femme, il atteint même ce qui précéda la chute d'Adam: les origines du péché dans le monde.

Dans cette généalogie, figurent Jojakim qui, à cause de sa méchanceté, eut « la sépulture d’un âne » et fut « traîné et jeté hors des portes de Jérusalem » (Jérémie 22 :19); Manassé « fut cause que Juda et les habitants de Jérusalem s’égarèrent et firent le mal plus que les nations que l’Éternel avait détruites » (2 Chroniques 33: 9), Achaz "qui avait jeté le désordre dans Juda et commis des péchés contre l’Éternel" (2 Chroniques 28: 19), Roboam qui naquit de Salomon après que celui-ci se fut détourné du Seigneur ; Salomon lui-même, né de David et de Bethschéba ; il y aussi Ruth la Moabite et Rahab la prostituée, ainsi qu’Abraham, Jessé, Asa, Josaphat, Ezéchias et Josias, c’est-à-dire les pires mêlés à égalité avec les meilleurs. Les mauvaises actions, même celles des meilleurs, nous sont relatées à égalité avec les bonnes. Et dans toute cette généalogie, nous en trouverons difficilement un, dont la vie a été donnée en référence, qui ne possède pas dans son registre un acte mauvais.

Remarquez que c'est à la fin d’une telle généalogie que la Parole fut faite chair et habita parmi nous. Ce fut à la fin d’une telle généalogie que Jésus « naquit d’une femme ». Ce fut dans une telle lignée de descendants que Dieu envoya son propre Fils dans la ressemblance de la chair de péché. Et une telle descendance, une telle généalogie représentait quelque chose pour lui, comme c’est aussi le cas pour nous, en regard de la loi qui dit que les iniquités des pères retomberont sur les enfants pour trois ou quatre générations. Cela avait une signification pour Jésus, aussi bien au moment des tentations du désert que durant toute sa vie dans la chair.

Ainsi donc, par hérédité et par imputation, il fut chargé des péchés du monde. Et ainsi chargé de ce lourd désavantage, il parcourut triomphalement le terrain sur lequel, sans aucune sorte de désavantage, le premier couple échoua.

Par sa mort, il paya la pénalité de tous les péchés réellement commis, pouvant ainsi, avec équité, attribuer sa justice à tous ceux qui choisissent de la recevoir. Et pour avoir condamné le péché dans la chair, abolissant dans sa chair l'inimitié, il nous libéra du pouvoir de la loi de l’hérédité. Il peut ainsi, en toute justice, impartir sa nature et son pouvoir divins afin de nous élever au-dessus de cette loi, en maintenant au-dessus d’elle toute âme qui le reçoit.

Ainsi, il est écrit : « Lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme, né sous la loi, afin qu’il rachetât ceux qui étaient sous la loi, afin que nous reçussions l’adoption » (Galates 4 :4). « Car, chose impossible à la loi, parce que la chair la rendait sans force, Dieu a condamné le péché dans la chair, en envoyant, à cause du péché, son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché, et cela afin que la justice de la loi fût accomplie en nous, qui marchons, non selon la chair, mais selon l’Esprit. » (Romains 8 :3, 4). « Car il est notre paix, lui qui des deux n’en a fait qu’un, et qui a renversé le mur de séparation, l’inimitié... afin ce créer en lui-même, avec les deux un seul homme nouveau, en établissant la paix. » (Ephésiens 2 :14, 15).

Ainsi, « il a dû être rendu semblable en toutes choses à ses frères, ... car, ayant été tenté lui-même dans ce qu'il a souffert, il peut secourir ceux qui sont tentés. » (Hébreux 2 :17, 18).

Que la tentation vienne de l’intérieur ou de l’extérieur, il est le parfait bouclier contre elle ; en conséquence, il peut sauver parfaitement ceux qui viennent à Dieu par lui.

Dieu envoya son propre Fils dans la ressemblance de la chair pécheresse, Christ prenant notre nature telle qu’elle est dans sa culpabilité et sa dégénérescence, et Dieu habitant constamment avec lui et en lui dans cette nature; dans tout ceci, Dieu a démontré qu’il n’y a pas d’âme dans le monde si chargé de péchés ou si perdue avec laquelle il ne serait pas heureux d’habiter pour la sauver et la conduire dans la voie de la justice.

Ainsi, il est prouvé que son nom est « Emmanuel », Dieu avec nous.

 

CHAPITRE 8

(index)

SEMBLABLE EN TOUTES CHOSES

Il est primordial de reconnaître que dans les deux premiers chapitres des Hébreux, la réflexion concernant la personne de Christ est surtout axée sur sa nature et sa substance. Dans Philippiens 2 : 5 à 8, nous voyons Christ en relation avec Dieu et avec l’homme, tout particulièrement dans sa « forme » et sa « nature ». Il est écrit : « Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ, lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes; et ayant paru comme un simple homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. »

Quand Jésus s’est dépouillé lui-même, il devint homme : et Dieu fut révélé dans l’Homme. Quand Jésus se dépouilla de lui-même, d’un côté l’homme apparut, de l’autre côté, Dieu apparut. Ainsi, Dieu et l’homme se rencontre dans la paix et deviennent Un : « Car il est notre paix, lui qui des deux n’en a fait qu’un... ayant aboli dans sa chair l’inimitié... afin de créer en lui-même avec les deux (Dieu et l’homme) un seul homme nouveau, en établissant la paix. »  (Éphésiens 2 :14, 15).

Celui qui était en forme de Dieu prit la forme de l’homme.

Celui qui était égal avec Dieu devint égal à l’homme.

Celui qui était Créateur et Seigneur devint créature et serviteur.

Celui qui était semblable à Dieu  fut fait semblable à l’homme.

Celui qui était Dieu et Esprit, se fit homme, et chair. (Jean 1 :1, 14).

Cela est vrai non seulement pour la forme, mais aussi pour la substance. Car Christ était comme Dieu dans le sens qu'il était de sa nature, et de sa substance. Il fut fait comme les hommes, dans le sens qu’il fut de la nature et de la substance humaines.

Christ était Dieu. Il devint homme. Et quand il devint homme, il fut homme tout aussi réellement qu’il était vraiment Dieu.

Il devint homme afin de pouvoir racheter l’homme.

Il vint à l’homme là où celui-ci se trouve, pour l'amener à lui, là où il était et où il est.

Et dans le but de racheter l'homme de ce qu'il est, il fut fait ce que l'homme est:

L’homme est chair (Genèse 6 :3 ; Jean 3 :6). « Et la Parole a été faite chair » (Jean 1 :14 ; Hébreux 2 :14).

L’homme est sous la loi (Romains 3 :19). Christ fut fait « sous la loi » (Galates 4 :4).

L’homme est sous la malédiction (Galates 3 :10 ; Zacharie 5 :1-4). Christ fut fait malédiction (Galates 3 :13).

L’homme est vendu au péché (Romains 7 :14) et chargé d’iniquité (Ésaïe 1: 4). « Et l'Éternel a fait retomber sur lui l'iniquité de nous tous » (Ésaïe 53 :6).

L’homme est un corps de péché (Romains 6 :6). Et Dieu l’a fait devenir péché pour nous (2 Corinthiens 5 :21).

Ainsi, littéralement, « il a dû être rendu semblable en toutes choses à ses frères ».

Cependant, on ne doit jamais oublier, et il faut garder constamment dans le coeur et l’esprit que rien de ce qui est relatif à l'humanité, la chair, le péché, la malédiction, ne venait de Christ lui-même, ni n'eut son origine dans aucune nature ou faute propres. Il « fut fait » tout ceci. « Il s'est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ».

Et en tout ceci, il fut fait ce qu’il n’était pas avant, afin que l’homme puisse être fait, maintenant et pour toujours ce qu’il n’était pas.

Christ était le Fils de Dieu. Il devint le Fils de l’homme, afin que les enfants des hommes puissent devenir fils de Dieu (Galates 4 :4 ; 1 Jean 3 :1).

Christ était Esprit (1 Corinthiens 15: 45). Il devint chair afin que l’homme, qui est chair, puisse devenir esprit (Jean 3 :6 ; Romains 8 :8-10).

Christ, dont la nature était entièrement divine, fut fait participant de la nature humaine, afin que nous, qui sommes entièrement de la nature humaine, nous puissions « devenir participants de la nature divine » (2 Pierre 1 :4).

Christ, qui ne connu pas le péché, fut fait péché afin que nous, qui ne connaissions pas la justice, nous puissions être faits justice, et même justice de Dieu.

De même que la justice de Dieu, de laquelle l’homme est fait en Christ, est la véritable justice, ainsi, le péché de l'homme, duquel Christ fut fait dans la chair, était le véritable péché.

Aussi certainement que nos péchés, quand ils sont sur nous, sont de véritables péchés, tout aussi certainement quand ils furent chargés sur Lui, ils furent pour lui de vrais péchés.

Aussi certainement que cette culpabilité est liée à ces péchés, et à nous à cause de ces péchés, quand ils sont sur nous, ainsi aussi cette culpabilité liée à nos péchés mêmes, et à cause d'eux, a reposé sur Christ quand ils furent déposés sur Lui.

De la même manière que ces péchés nous produisaient un sentiment réel de condamnation et de découragement, quand ces péchés -nos péchés- furent placés sur Lui, ils lui produisirent un sentiment réel de condamnation et de découragement en raison de sa pleine compréhension de la culpabilité de ces péchés là.

Ainsi, la culpabilité, la condamnation, le découragement causé par la connaissance du péché furent siens, ils furent un fait dans son expérience consciente, aussi réel qu’ils le sont dans la vie de n'importe quel pécheur qui ait jamais existé sur la terre. Et cette effroyable vérité apporte à toute âme pécheresse la glorieuse vérité que la justice de Dieu, le repos, la paix et la joie de cette justice, sont un fait dans l’expérience consciente du croyant en Jésus dans ce monde, d'une façon aussi réelle qu'ils le furent dans la vie de toute être saint qui ait jamais habité dans le ciel.

Celui qui connaissait la grandeur de la justice de Dieu, acquit aussi la connaissance de la profondeur des péchés de l'humanité. Il connaît le caractère terrible de la profondeur des péchés des hommes, aussi bien que la gloire et les hauteurs de la justice de Dieu. Et c'est pourquoi, « par sa connaissance, mon serviteur juste justifiera beaucoup d'hommes » (Ésaïe 53 :11). Par cette connaissance qu'il possède, il est capable de libérer tout pécheur des plus grandes profondeurs du péché, et de l’élever à la plus grande hauteur de la justice, la justice même de Dieu.

Fait « en toutes choses semblable à nous », il fut en tout point comme nous sommes. Et ceci si complètement qu’il pouvait dire, comme nous aussi devons le reconnaître : « Je ne puis rien faire de moi-même » (Jean 5 :30).

Il est tout à fait vrai que dans les faiblesses et l’infirmité de la chair (la nôtre) qu'il prit, il était comme l’homme qui est sans Dieu et sans Christ, puisque c'est seulement sans lui que les hommes ne peuvent rien faire. Avec lui, et par lui, tout est possible car il est écrit : « Je puis tout par celui qui me fortifie ». Mais à propos de ceux qui sont sans lui, il est dit : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire. » (Jean 15 :5).

Aussi, lorsque Jésus dit : « Je ne peux rien faire de moi-même » nous avons l’assurance pour toujours, -à cause du fait qu'il prit toutes nos infirmités; à cause de notre état pécheur héréditaire et effectif, qui fut placé sur lui et impartie-, que lorsqu’il prit nos infirmités dans la chair, lorsque celles-ci furent placées sur lui, il en fut de lui dans cette chair, comme il en est de l'homme, quand il est chargé de ses péchés héréditaires et acquis, et sans Dieu. Et dans cette faiblesse, avec la charge des péchés, impuissant comme nous le sommes, il s’écria dans sa foi divine: « Je me confierai en toi. » (Hébreux 2: 13).

Jésus vint « chercher et sauver ce qui était perdu ». Et pour sauver les perdus, il vint vers les perdus que nous sommes, là où nous étions. Il se plaça lui-même parmi les perdus. « Il a été mis au nombre des malfaiteurs. » Il fut « fait péché ». Et partant de cette situation de faiblesse et d'infirmité du perdu, il se confia en Dieu, sachant qu’il le garderait et le délivrerait. Chargé de tous les péchés du monde et tenté en toutes choses comme nous le sommes, il espéra et se confia en Dieu pour le sauver de tous ces péchés et le garder de pécher Lui-même (Psaume 69 :1-21 ; 71 : 1-20 ; 22 : 1-22 ; 31 : 1-5).

Et ceci est la foi de Jésus : c’est le point où la foi de Jésus atteint l’homme perdu et pécheur, pour le secourir. Parce qu'il a été démontré pleinement qu’il n’y a aucun homme dans le monde entier, pour lequel n’existe aucun espoir en Dieu: aucun, si perdu qu’il soit, que Dieu ne peut sauver s’il met en Lui cette foi de Jésus. Et cette foi de Jésus par laquelle, se trouvant à la place du perdu, il mit son espoir et sa confiance en Dieu pour le sauver du péché et le garder de pécher, cette victoire qui est la sienne, est celle qui apporte la foi divine à tout homme dans le monde: par elle tout homme peut espérer en Dieu et se confier en lui, et il peut trouver la puissance de Dieu pour le libérer du péché et le garder de pécher. Cette foi qu’il exerça et par laquelle il obtint la victoire sur le monde, la chair et le diable, cette foi, est son don gratuit accordé à chaque homme perdu dans le monde. Et ainsi, « la victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi » (1 Jean 5: 4). Jésus est l’auteur et le consommateur de cette foi là.

C'est cette foi de Jésus qui est donnée aux hommes. C'est la foi de Jésus que l'homme doit recevoir pour être sauvé. La foi de Jésus qui maintenant, dans ce temps de la proclamation du message du troisième ange, doit être reçue et gardée par ceux qui seront délivrés de l’adoration de la bête et de son image, et rendus capables de garder les commandements de Dieu. C’est la foi de Jésus, telle qu’elle est mentionnée dans les derniers mots du message du troisième ange. « C'est ici persévérance des saints, qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus » (Apocalypse 14 :12).

Voici donc le résumé de ce que nous avons dit : « Nous avons un tel Souverain Sacrificateur. » Tout ce que nous avons trouvé dans les deux premiers chapitres de l’épître aux Hébreux est le fondement essentiel et préalable à son sacerdoce. Car « Il a dû être rendu semblable en toutes choses à ses frères, afin qu’il fût un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle dans le service de Dieu, pour faire l’expiation des péchés du peuple ; car, ayant été tenté lui-même dans ce qu’il a souffert, il peut secourir ceux qui sont tentés. » (Hébreux 2 : 17, 18).

 

CHAPITRE 9

(index)

AUTRES QUALIFICATIONS DE NOTRE

SOUVERAIN SACRIFICATEUR

 

Tel est le thème des deux premiers chapitres de l’épître aux Hébreux. Maintenant s’ouvre le troisième chapitre. Mieux dit, le grand thème continue dans le chapitre suivant avec l’admirable exhortation : « C’est pourquoi, frères saints, qui avez part à la vocation céleste, considérez l’apôtre et le souverain sacrificateur de la foi que nous professons, Jésus, qui a été fidèle à celui qui l’a établi. » (Hébreux 3 :1). Ayant présenté Christ dans la chair, tel qu’il fut fait, semblable en toutes choses aux enfants des hommes, et notre plus proche parent, nous devons le considérer maintenant dans sa fidélité dans cette situation.

Le premier Adam ne fut pas fidèle. Ce dernier Adam « a été fidèle dans toute la maison de Dieu... Car il a été jugé digne d’une gloire d’autant supérieure à celle de Moïse que celui qui a construit une maison a plus d’honneur que la maison même. Chaque maison est construite par quelqu’un, mais celui qui a construit toutes choses, c’est Dieu. Pour Moïse, il a été fidèle dans toute la maison de Dieu, comme serviteur, pour rendre témoignage de ce qui devait être annoncé ; mais Christ l’est [fidèle] comme Fils sur sa maison ; et sa maison, c’est nous, pourvu que nous retenions jusqu’à la fin la ferme confiance et l’espérance dont nous nous glorifions. » (Hébreux 3 :1-6).

Ensuite, on cite Israël, qui sortit d’Égypte, et qui ne demeura pas fidèle ; il manqua d’entrer dans le repos de Dieu parce qu’il ne crut pas en Lui. Voici donc l’exhortation qui nous est donnée : « Craignons donc, tandis que la promesse d’entrer dans son repos subsiste encore, qu’aucun de vous ne paraisse être venu trop tard. Car cette bonne nouvelle nous a été annoncée aussi bien qu’à eux ; mais la parole qui leur fut annoncée ne leur servit de rien, parce qu’elle ne trouva pas de la foi chez ceux qui l’entendirent. Pour nous qui avons cru, nous entrons dans le repos » en croyant en Celui qui se donna lui-même pour nos péchés (Hébreux 4 :1-3).

Nous entrons dans le repos quand tous nos péchés nous sont pardonnés en croyant en celui qui fut fidèle en chaque devoir et face à toutes les tentations de la vie. Nous aussi, nous entrons dans son repos et nous y demeurons, en étant participants de sa fidélité, dans laquelle et par laquelle nous aussi nous serons fidèles à Celui qui nous a désignés. En le considérant dans sa fidélité, lui, « le souverain sacrificateur de la foi que nous professons », nous parviendrons toujours à la conclusion que « nous n’avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse compatir à nos faiblesses ; au contraire, il a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché. » (Hébreux 4 :15).

Vu que « nous n’avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse compatir à nos faiblesses », on en déduit que nous avons un Sacrificateur qui peut compatir. Et la façon dont il est touché, c’est parce qu’il « a été tenté comme nous en toutes choses ». Il n’existe aucun domaine où une âme puisse être tentée et où Il n’ait pas senti Lui-même le pouvoir de la tentation tout aussi certainement que n’importe quel être humain. Mais bien qu’il fut tenté en toutes choses comme nous, et sentit le pouvoir de la tentation d’une façon aussi réelle que chacun de nous, il resta fidèle et ne commit aucun péché. Ainsi par la foi en Lui -dans sa fidélité, dans sa foi parfaite- chaque âme peut affronter la tentation sans pécher.

C’est là notre salut : qu’il fut fait chair comme l’homme et il lui appartenait d’être semblable à nous, tenté en tous points comme nous le sommes, « afin qu’il fût un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle dans le service de Dieu. » Et ceci, non seulement « pour faire l’expiation des péchés du peuple », mais aussi pour « secourir »,  venir en aide, assister, délivrer des souffrances « ceux qui sont tentés ». Il est notre Souverain Sacrificateur miséricordieux et fidèle pour nous secourir -accourir à notre aide-, pour nous préserver de toute chute lorsque nous sommes tentés, nous délivrant ainsi de commettre le péché. Il accourt pour nous secourir, de telle façon que nous ne tombons pas dans la tentation, mais nous la surmontons victorieusement en ne péchant pas.

«Ainsi, puisque nous avons un grand Souverain Sacrificateur qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, demeurons fermes dans la foi que nous professons. » (Hébreux 4 : 14). Et c’est aussi pour cette raison que nous nous approchons « avec assurance du trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins (Hébreux 4 : 16).

En nous invitant à considérer notre Souverain Sacrificateur dans sa fidélité, nous lisons que : « tout souverain sacrificateur pris du milieu des hommes est établi pour les hommes dans le service de Dieu, afin de présenter des offrandes et des sacrifices pour les péchés. Il peut être indulgent pour les ignorants et les égarés puisque la faiblesse est aussi son partage. » (Hébreux 5 :1, 2).

Et c’est pour cela, afin de pouvoir être un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle dans les choses de Dieu, et afin d’amener plusieurs fils à la gloire, il convenait, en tant que Capitaine de leur salut, « la faiblesse étant aussi son partage », étant éprouvé par la tentation, qu’il fût un « homme de douleur et habitué à la souffrance ». Ainsi, il devait connaître « en toutes choses » l’expérience humaine, pour pouvoir « être indulgent pour les ignorants et les égarés, puisque la faiblesse est aussi son partage ». C’est pourquoi, « il fût un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle dans le service de Dieu », et il fut élevé « à la perfection par les souffrances ».

« Nul ne s’attribue cette dignité, s’il n’est appelé de Dieu, comme le fut Aaron. Et Christ ne s’est pas non plus attribué la gloire de devenir souverain sacrificateur, mais il la tient de celui qui lui a dit : Tu es mon fils, je t’ai engendré aujourd’hui ! Comme il dit encore ailleurs : Tu es sacrificateur pour toujours, selon l’ordre de Melchisédek. C’est lui qui, dans les jours de sa chair, ayant présenté avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé à cause de sa piété, a appris, bien qu’il fût Fils, l’obéissance par les choses qu’il a souffertes, et qui, après avoir été élevé à la perfection, est devenu pour tous ceux qui lui obéissent l’auteur d’un salut éternel, Dieu l’ayant déclaré souverain sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek. » (Hébreux 5 :4-10).

« Et, comme cela n’a pas eu lieu sans serment, –car, tandis que les Lévites sont devenus sacrificateurs sans serment, Jésus l’est devenu avec serment par celui qui lui a dit : Le Seigneur a juré, et il ne se repentira pas : Tu es sacrificateur pour toujours, selon l’ordre de Melchisédek,- Jésus est par cela même le garant d’une alliance plus excellente. » (Hébreux 7 :20-22). Ainsi, Jésus fut fait sacrificateur, au-dessus de tous les autres, par un serment de Dieu. Aussi, «nous avons un tel souverain sacrificateur ».

« De plus, il y a eu des sacrificateurs [de l’ordre d’Aaron] en grand nombre, parce que la mort les empêchait d’être permanents. Mais lui, parce qu’il demeure éternellement, possède un sacerdoce qui n’est pas transmissible » (Hébreux 7 :23-24). Par le serment de Dieu, il est fait prêtre pour toujours. Il est fait prêtre « selon la puissance d’une vie impérissable » (Hébreux 7 :16). Ainsi donc, « il demeure éternellement » et il « possède un sacerdoce qui n’est pas transmissible. C’est aussi pour cela qu’il peut sauver parfaitement ceux qui s’approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur. » (Hébreux 7 :25). Et « nous avons un tel souverain sacrificateur ».

Et, « il nous convenait, en effet, d’avoir un souverain sacrificateur comme lui, saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs, et plus élevé que les cieux, qui n’a pas besoin, comme les souverains sacrificateurs, d’offrir chaque jour des sacrifices, d’abord pour ses propres péchés, ensuite pour ceux du peuple –car ceci il l’a fait une fois pour toutes en s’offrant lui-même. En effet, la loi établit souverains sacrificateurs des hommes sujets à la faiblesse ; mais la parole du serment qui a été fait après la loi établit le Fils, qui est parfait, pour l’éternité. » (Hébreux 7 :26-28).

 

CHAPITRE 10

(index)

Tel est le thème des deux premiers chapitres de l’épître aux Hébreux. Maintenant s’ouvre le troisième chapitre. Mieux dit, le grand thème continue dans le chapitre suivant avec l’admirable exhortation : « C’est pourquoi, frères saints, qui avez part à la vocation céleste, considérez l’apôtre et le souverain sacrificateur de la foi que nous professons, Jésus, qui a été fidèle à celui qui l’a établi. » (Hébreux 3 :1). Ayant présenté Christ dans la chair, tel qu’il fut fait, semblable en toutes choses aux enfants des hommes, et notre plus proche parent, nous devons le considérer maintenant dans sa fidélité dans cette situation.

Le premier Adam ne fut pas fidèle. Ce dernier Adam « a été fidèle dans toute la maison de Dieu... Car il a été jugé digne d’une gloire d’autant supérieure à celle de Moïse que celui qui a construit une maison a plus d’honneur que la maison même. Chaque maison est construite par quelqu’un, mais celui qui a construit toutes choses, c’est Dieu. Pour Moïse, il a été fidèle dans toute la maison de Dieu, comme serviteur, pour rendre témoignage de ce qui devait être annoncé ; mais Christ l’est [fidèle] comme Fils sur sa maison ; et sa maison, c’est nous, pourvu que nous retenions jusqu’à la fin la ferme confiance et l’espérance dont nous nous glorifions. » (Hébreux 3 :1-6).

Ensuite, on cite Israël, qui sortit d’Égypte, et qui ne demeura pas fidèle ; il manqua d’entrer dans le repos de Dieu parce qu’il ne crut pas en Lui. Voici donc l’exhortation qui nous est donnée : « Craignons donc, tandis que la promesse d’entrer dans son repos subsiste encore, qu’aucun de vous ne paraisse être venu trop tard. Car cette bonne nouvelle nous a été annoncée aussi bien qu’à eux ; mais la parole qui leur fut annoncée ne leur servit de rien, parce qu’elle ne trouva pas de la foi chez ceux qui l’entendirent. Pour nous qui avons cru, nous entrons dans le repos » en croyant en Celui qui se donna lui-même pour nos péchés (Hébreux 4 :1-3).

Nous entrons dans le repos quand tous nos péchés nous sont pardonnés en croyant en celui qui fut fidèle en chaque devoir et face à toutes les tentations de la vie. Nous aussi, nous entrons dans son repos et nous y demeurons, en étant participants de sa fidélité, dans laquelle et par laquelle nous aussi nous serons fidèles à Celui qui nous a désignés. En le considérant dans sa fidélité, lui, « le souverain sacrificateur de la foi que nous professons », nous parviendrons toujours à la conclusion que « nous n’avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse compatir à nos faiblesses ; au contraire, il a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché. » (Hébreux 4 :15).

Vu que « nous n’avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse compatir à nos faiblesses », on en déduit que nous avons un Sacrificateur qui peut compatir. Et la façon dont il est touché, c’est parce qu’il « a été tenté comme nous en toutes choses ». Il n’existe aucun domaine où une âme puisse être tentée et où Il n’ait pas senti Lui-même le pouvoir de la tentation tout aussi certainement que n’importe quel être humain. Mais bien qu’il fut tenté en toutes choses comme nous, et sentit le pouvoir de la tentation d’une façon aussi réelle que chacun de nous, il resta fidèle et ne commit aucun péché. Ainsi par la foi en Lui -dans sa fidélité, dans sa foi parfaite- chaque âme peut affronter la tentation sans pécher.

C’est là notre salut : qu’il fut fait chair comme l’homme et il lui appartenait d’être semblable à nous, tenté en tous points comme nous le sommes, « afin qu’il fût un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle dans le service de Dieu. » Et ceci, non seulement « pour faire l’expiation des péchés du peuple », mais aussi pour « secourir »,  venir en aide, assister, délivrer des souffrances « ceux qui sont tentés ». Il est notre Souverain Sacrificateur miséricordieux et fidèle pour nous secourir -accourir à notre aide-, pour nous préserver de toute chute lorsque nous sommes tentés, nous délivrant ainsi de commettre le péché. Il accourt pour nous secourir, de telle façon que nous ne tombons pas dans la tentation, mais nous la surmontons victorieusement en ne péchant pas.

«Ainsi, puisque nous avons un grand Souverain Sacrificateur qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, demeurons fermes dans la foi que nous professons. » (Hébreux 4 : 14). Et c’est aussi pour cette raison que nous nous approchons « avec assurance du trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins (Hébreux 4 : 16).

En nous invitant à considérer notre Souverain Sacrificateur dans sa fidélité, nous lisons que : « tout souverain sacrificateur pris du milieu des hommes est établi pour les hommes dans le service de Dieu, afin de présenter des offrandes et des sacrifices pour les péchés. Il peut être indulgent pour les ignorants et les égarés puisque la faiblesse est aussi son partage. » (Hébreux 5 :1, 2).

Et c’est pour cela, afin de pouvoir être un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle dans les choses de Dieu, et afin d’amener plusieurs fils à la gloire, il convenait, en tant que Capitaine de leur salut, « la faiblesse étant aussi son partage », étant éprouvé par la tentation, qu’il fût un « homme de douleur et habitué à la souffrance ». Ainsi, il devait connaître « en toutes choses » l’expérience humaine, pour pouvoir « être indulgent pour les ignorants et les égarés, puisque la faiblesse est aussi son partage ». C’est pourquoi, « il fût un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle dans le service de Dieu », et il fut élevé « à la perfection par les souffrances ».

« Nul ne s’attribue cette dignité, s’il n’est appelé de Dieu, comme le fut Aaron. Et Christ ne s’est pas non plus attribué la gloire de devenir souverain sacrificateur, mais il la tient de celui qui lui a dit : Tu es mon fils, je t’ai engendré aujourd’hui ! Comme il dit encore ailleurs : Tu es sacrificateur pour toujours, selon l’ordre de Melchisédek. C’est lui qui, dans les jours de sa chair, ayant présenté avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé à cause de sa piété, a appris, bien qu’il fût Fils, l’obéissance par les choses qu’il a souffertes, et qui, après avoir été élevé à la perfection, est devenu pour tous ceux qui lui obéissent l’auteur d’un salut éternel, Dieu l’ayant déclaré souverain sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek. » (Hébreux 5 :4-10).

« Et, comme cela n’a pas eu lieu sans serment, –car, tandis que les Lévites sont devenus sacrificateurs sans serment, Jésus l’est devenu avec serment par celui qui lui a dit : Le Seigneur a juré, et il ne se repentira pas : Tu es sacrificateur pour toujours, selon l’ordre de Melchisédek,- Jésus est par cela même le garant d’une alliance plus excellente. » (Hébreux 7 :20-22). Ainsi, Jésus fut fait sacrificateur, au-dessus de tous les autres, par un serment de Dieu. Aussi, «nous avons un tel souverain sacrificateur ».

« De plus, il y a eu des sacrificateurs [de l’ordre d’Aaron] en grand nombre, parce que la mort les empêchait d’être permanents. Mais lui, parce qu’il demeure éternellement, possède un sacerdoce qui n’est pas transmissible » (Hébreux 7 :23-24). Par le serment de Dieu, il est fait prêtre pour toujours. Il est fait prêtre « selon la puissance d’une vie impérissable » (Hébreux 7 :16). Ainsi donc, « il demeure éternellement » et il « possède un sacerdoce qui n’est pas transmissible. C’est aussi pour cela qu’il peut sauver parfaitement ceux qui s’approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur. » (Hébreux 7 :25). Et « nous avons un tel souverain sacrificateur ».

Et, « il nous convenait, en effet, d’avoir un souverain sacrificateur comme lui, saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs, et plus élevé que les cieux, qui n’a pas besoin, comme les souverains sacrificateurs, d’offrir chaque jour des sacrifices, d’abord pour ses propres péchés, ensuite pour ceux du peuple –car ceci il l’a fait une fois pour toutes en s’offrant lui-même. En effet, la loi établit souverains sacrificateurs des hommes sujets à la faiblesse ; mais la parole du serment qui a été fait après la loi établit le Fils, qui est parfait, pour l’éternité. » (Hébreux 7 :26-28).

 

CHAPITRE 10

(index)

« LE POINT CAPITAL »

« Le point capital de ce qui vient d’être dit, c’est que nous avons un tel souverain sacrificateur. » Quelles sont les choses dont ceci est le résumé ?

  1. Que celui qui fut plus grand que les anges, comme Dieu, fut abaissé au-dessous des anges, au niveau de l’homme.
  2. Que celui qui était en toutes choses semblable à Dieu fut fait en toutes choses semblable à l’homme.
  3. Que celui qui était de la nature de Dieu fut fait de la nature de l’homme.
  4. Qu’en tant qu’homme, il fut tenté en tous points comme le sont les hommes et il ne pécha jamais, mais il fut en toutes choses fidèle à Celui qui l’avait désigné.
  5. Qu’en tant qu’homme, tenté comme nous le sommes en tous points, il a compati à nos faiblesses et fut élevé à la perfection par les souffrances, afin qu’il puisse être un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle, ce à quoi Dieu l’a appelé.
  6. Que par le pouvoir d’une vie impérissable, il fut fait souverain sacrificateur.
  7. Et enfin qu’il le fut par serment de Dieu.

Telles sont les caractéristiques de la Parole de Dieu desquelles le résumé est que « nous avons un tel souverain sacrificateur ».

Mais ceci n'est qu'une partie du « résumé », vu que l’énoncé complet du résumé, « c’est que nous avons un tel souverain sacrificateur, qui s’est assis à la droite du trône de la majesté dans les cieux, comme ministre du sanctuaire et du véritable tabernacle, qui a été dressé par le Seigneur et non par un homme ».

Sur la terre, il y eut un sanctuaire construit par l’homme. Ce sanctuaire fut fait et construit sous la direction du Seigneur. Cependant il était bien différent du sanctuaire et du vrai tabernacle construit par le Seigneur et non par l’homme -aussi différent que l’oeuvre de l’homme est différente de celle de Dieu.

Ce sanctuaire terrestre avec ses ministres est brièvement décrit, et sa signification est donnée dans les grandes lignes dans Hébreux 9, comme suit :

« Un tabernacle fut, en effet, construit. Dans la partie antérieure, appelée sanctuaire [lieu saint], étaient le chandelier, la table, et les pains de proposition. Derrière le second voile se trouvait la partie du tabernacle appelée le saint des saints, renfermant l’autel d’or pour les parfums, et l’arche de l’alliance, entièrement recouverte d’or. Il y avait dans l’arche un vase d’or contenant la manne, la verge d’Aaron, qui avait fleuri, et les tables de l’alliance. Au-dessus de l’arche étaient les chérubins de la gloire, couvrant de leur ombre le propitiatoire. Ce n’est pas le moment de parler en détails là-dessus.

« Or, ces choses étant ainsi disposées, les sacrificateurs qui font le service entrent en tout temps dans la première partie du tabernacle ; et dans la seconde le souverain sacrificateur seul entre une fois par an, non sans y porter du sang qu’il offre pour lui-même et pour les péchés du peuple. Le Saint-Esprit montrait par là que le chemin du sanctuaire n’était pas encore ouvert, tant que le premier tabernacle subsistait. C’est une figure pour le temps actuel, où l’on présente des offrandes et des sacrifices qui ne peuvent rendre parfait sous le rapport de la conscience celui qui rend ce culte, et qui, avec les aliments, les boissons et les diverses ablutions, étaient des ordonnances charnelles imposées seulement jusqu’à une époque de réformation.

« Mais Christ est venu comme souverain sacrificateur des biens à venir ; il a traversé le tabernacle plus grand et plus parfait, qui n’est pas construit de main d’homme, c’est-à-dire qui n’est pas de cette création ; et il est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang, ayant obtenu une rédemption éternelle. »

Ce sanctuaire était seulement une « figure  pour le temps actuel ». Les sacrificateurs et le souverain sacrificateur y officiaient en offrant des sacrifices et des offrandes. Mais tout ce service, tout ce ministère, l’offrande et le sacrifice, et le sanctuaire lui-même, étaient « une figure pour le temps actuel ... qui ne pouvait rendre parfait sous le rapport de la conscience celui qui rend ce culte ».

Le tabernacle lui-même et le tabernacle, construit par l’homme, n’étaient qu’une figure du véritable tabernacle que le Seigneur a dressé, et pas un homme.

Et le souverain sacrificateur du sanctuaire terrestre était une figure de Christ, véritable souverain sacrificateur du sanctuaire et du vrai tabernacle.

Le ministère du souverain sacrificateur du sanctuaire terrestre n’était rien d’autre qu’une figure du ministère de Christ notre grand Souverain Sacrificateur « qui s’est assis à la droite du trône de la majesté divine dans les cieux, comme ministre du sanctuaire et du véritable tabernacle, qui a été dressé par le Seigneur et non par un homme. »

Les offrandes du sacerdoce, dans le ministère du sanctuaire terrestre, étaient aussi une figure de l’offrande de Christ, le vrai Souverain Sacrificateur, dans son ministère dans le sanctuaire et le véritable tabernacle.

Ainsi donc, Christ était la vraie substance et la signification de tout ce sacerdoce et service terrestre ; si on considère une partie du sacerdoce ou du service hors de sa signification, elle n’a plus aucun sens. Aussi certainement que Christ est le véritable prêtre du christianisme, dont le sacerdoce lévitique était une figure, aussi certainement, le sanctuaire duquel Christ est le ministre est le vrai sanctuaire pour tout chrétien, dont le sanctuaire terrestre était une figure, sous la dispensation lévitique.

Les Écritures disent donc : « S’il était sur la terre, il ne serait pas même sacrificateur, puisque là sont ceux qui présentent les offrandes selon la loi (lesquels célèbrent un culte, image et ombre des choses célestes, selon que Moïse en fut divinement averti lorsqu’il allait construire le tabernacle : Aie soin, lui fut-il dit, de faire tout d’après le modèle qui t’a été montré sur la montagne). » (Hébreux 8 :4, 5).

« Il était donc nécessaire, puisque les images des choses qui sont dans les cieux devaient être purifiées de cette manière, que les choses célestes elles-mêmes le fussent par des sacrifices plus excellents que ceux-là. Car Christ n’est pas entré dans un sanctuaire fait de main d’homme, en imitation du véritable, mais il est entré dans le ciel même, afin de comparaître maintenant pour nous devant la face de Dieu. » (Hébreux 9 :23, 24). Et ce fut dans « le ciel même » sous la dispensation chrétienne, que le trône de Dieu, l’autel d’or et un ange avec un encensoir d’or offrant, « les prières de tous les saints devant Dieu » et « la fumée des parfums monta, avec les prières des saints » (Apocalypse 8 : 2-4). Dans ce même temps, le « temple de Dieu  dans le ciel fut ouvert, et l’arche de son alliance apparut dans son temple » (Apocalypse 11 : 19 ; 15 : 5 à 8 ; 16 :1). De plus, on voyait là « devant le trône ...  sept lampes ardentes » brûlant devant le trône (Apocalypse 4 :5). Là aussi, on voyait « quelqu’un qui ressemblait à un Fils d’homme », vêtu des vêtements du grand prêtre (Apocalypse 1 :13).

Il y a donc dans la dispensation chrétienne un sanctuaire dont le sanctuaire israélite était une figure, aussi certainement qu’il y a un grand sacerdoce dont le premier sacerdoce était le type. Et Christ, notre Souverain Sacrificateur, exerce un ministère dans ce sanctuaire chrétien, de la même façon qu’il y avait un ministère dans le sacerdoce terrestre, exercé dans le sanctuaire terrestre. Et « le point capital de ce qui vient d’être dit, c’est que nous avons un tel souverain sacrificateur, qui s’est assis à la droite de la majesté divine dans les cieux, comme ministre du sanctuaire et du véritable tabernacle, qui a été dressé par le Seigneur et non par un homme. »

 

CHAPITRE 11

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« ET J’HABITERAI AU MILIEU D’EUX »

 Quand le Seigneur donna à Israël les directives originelles pour la construction du sanctuaire qui allait être une figure pour le temps présent, il dit : « Ils me feront un sanctuaire, et j’habiterai au milieu d’eux. » (Exode 25 :8).

 L’objectif du sanctuaire était qu’il puisse habiter au milieu d’eux. Son but est plus clairement spécifié dans les textes suivants : « Je me rencontrerai là avec les enfants d’Israël, et ce lieu sera sanctifié par ma gloire. Je sanctifierai la tente d’assignation et l’autel ; je sanctifierai Aaron et ses fils, pour qu’ils soient à mon service dans le sacerdoce. J’habiterai au milieu des enfants d’Israël, et je sera leur Dieu. Ils connaîtront que je suis l’Éternel, leur Dieu, qui les ai fait sortir du pays d’Égypte, pour habiter au milieu d’eux. Je suis l’Éternel, leur Dieu ». (Exode 29 :43 à 46 ; Lévitique 26 :11, 12).

Mais le but du sanctuaire n’était pas simplement que Dieu puisse par lui habiter dans le sanctuaire parmi le campement d’Israël. Ceci fut la grande erreur qu’Israël commit dans l’emploi du tabernacle, perdant ainsi de vue sa véritable signification. Lorsque le sanctuaire fut construit et placé au milieu du camp d’Israël, beaucoup pensèrent que cela suffisait ; ils conclurent que par ce seul moyen, Dieu habiterait au milieu d’eux.

Il est vrai que par la Shékina, Dieu demeurait dans le sanctuaire. Mais même le sanctuaire et son splendide mobilier placé au milieu du campement d’Israël, ne représentait pas tout ; il y avait, outre ce superbe édifice, les sacrifices et les offrandes du peuple. Il y avait les prêtres officiant quotidiennement et le grand prêtre exerçant son service sacré. Sans eux, le sanctuaire aurait été quelque chose de vide, bien que le Seigneur y habitait.

Quelles étaient la signification et l’objectif de ces choses ? Quand un des enfants d’Israël avait péché « contre l’un des commandements de l’Éternel, en faisant des choses qui ne doivent pas se faire » et « se rendant ainsi coupable », de sa propre initiative il apportait « à l’entrée de la tente d’assignation » un agneau pour le sacrifice. Avant que l’agneau ne soit offert, celui qui l’avait apporté posait ses mains sur sa tête et confessait ses péchés, et celui-ci était « agréé de l’Éternel, pour lui servir d’expiation ». Alors, celui qui avait apporté l’agneau et avait confessé ses péchés le tuait. Son sang était déposé dans un bassin. Une partie du sang était répandu « au pied de l’autel des holocaustes, qui est à l’entrée de la tente d’assignation »; une autre partie du sang était mise « sur les cornes de l’autel des parfums odoriférants, qui est devant l’éternel dans la tente d’assignation » ; puis avec une autre partie du sang, on en faisait « sept fois l’aspersion devant l’Éternel, en face du voile du sanctuaire ». Le reste était répandu « au pied de l’autel des holocaustes, qui est à l’entrée de la tente d’assignation ». L’agneau lui-même était consumé par le feu sur l’autel des holocaustes. Et de tout le service, il est écrit en conclusion : «C’est ainsi que le sacrificateur fera pour cet homme l’expiation du péché qu’il a commis, et il lui sera pardonné. » Le service était similaire en cas de péché et de confession de toute la congrégation. On administrait un service analogue de façon continue, matin et soir, en faveur de toute la congrégation. Mais que les services soient de caractère individuel, ou bien de caractère général, la conclusion était toujours que le « sacrificateur fera pour lui l’expiation devant l’Éternel et il lui sera pardonné. » (Voir Lévitique, chapitres 1 à 5).

Le cycle du service s’achevait chaque année. Et le jour de l’achèvement de ce service, le dixième jour du 7e mois, était tout spécialement le jour des expiations, ou de la purification du sanctuaire. Ce jour-là, le service prenait fin dans le lieu très saint ou saint des saints. Il est écrit à propos du souverain sacrificateur et de son service ce jour-là : « Il fera l’expiation pour le sanctuaire de sainteté, il fera l’expiation pour la tente d’assignation et pour l’autel, et il fera l’expiation pour les sacrificateurs et pour tout le peuple de l’assemblé. » (Lévitique 16 :2-34 ; Hébreux 9 : 2-8).

Ainsi, les services du sanctuaire, dans les offrandes de sacrifice et le ministère des prêtres, et surtout des souverains sacrificateurs, avaient pour but de faire l’expiation pour le pardon et l’effacement des péchés du peuple. A cause du péché et de la culpabilité, parce qu’ils avaient fait « des choses qui ne doivent pas se faire », il était nécessaire de faire l’expiation ou réconciliation, et obtenir le pardon. Le mot expiation ou réconciliation contient l’idée « d’un seul esprit ». Le péché et la culpabilité les avaient séparés de Dieu. Par ces services, ils